Trois raisons de suivre le duel entre Keenan (Leinster) et Ramos (Toulouse)

Les deux arrières polyvalents s'affrontent ce samedi en demi-finale de Coupe d'Europe.

Parce que ce sont deux joueurs atypiques
C'est l'histoire de deux chatons nés de portées différentes et sur lesquels leurs propres géniteurs n'auraient pas forcément misé leur part de croquettes à la naissance. C'est qu'à l'oeil nu, on ne distingue pas toujours, ou pas tout de suite la passion, l'abnégation, la rage, ce tempérament qui extrait certains champions à la modestie de leur héritage génétique de départ. La trajectoire des deux arrières internationaux, qu'une petite année d'écart sépare, est celle de deux joueurs qu'on ne promettait pas à tous les honneurs.

Thomas Ramos (26 ans ; 17 sél.) a dû aller s'affûter crampons et expérience en prêt, en Pro D2 lors de la saison 2016-2017, avec Colomiers, avant de revenir à Toulouse et de s'imposer comme un incontournable. Hugo Keenan (25 ans ; 20 sél.), lui, a bien failli ne jamais passer le hachoir du rugby pro. « Trop petit » chez les jeunes, décrivait son père, alors que le rejeton se débattait au Blackrock college de Dublin. L'éclosion fut un peu tardive, il y eut un passage explosif par le 7 (2017-2019), mais ce parcours a accouché de l'un des numéros 15 références du plateau mondial.

Pour la classe internationale de Keenan
Il semble que l'Irlande ait enfin trouvé l'héritier à la légende Rob Kearney (95 sélections, 2 Grands Chelems, 4 Coupes d'Europe). Bien sûr, pour rejoindre l'illustre aîné au palmarès, il faudra patienter un peu, mais la dynamique du rookie (1,85 m ; 92 kg.), arrière-ailier de formation, est solide. « Il a les qualités naturelles de ses racines », observe Jean-Frédéric Dubois, ex-coach des trois-quarts du quinze de France aujourd'hui à Bayonne.

« Il est adroit sur les ballons hauts, il a de la longueur au pied et s'il passe à l'aile, dans un rugby structuré comme celui du Leinster, il sera efficace et toujours bien placé au bon moment. » Son passé de septiste lui permet aussi d'exploser les stéréotypes. « Keenan ? C'est un joueur qui se déplace et court beaucoup. Offensivement, il offre de grosses garanties à son équipe, prévenait son rival du jour Thomas Ramos. C'est aussi quelqu'un qui ne se défile pas devant les tâches défensives. Il n'est pas l'arrière de l'équipe d'Irlande pour rien. C'est un très grand joueur. »

Pour la forme insolente de Ramos
Évidemment qu'il aurait aimé plus jouer. Sans doute d'ailleurs l'aurait-il mérité, mais Thomas Ramos (1,78 m ; 85 kg.) surfe aujourd'hui sur la fraîcheur acquise pendant l'hiver et un Tournoi des Six Nations où il fut peu utilisé (5 feuilles de match pour 17 minutes jouées). Le voilà donc au sommet d'une forme d'art, celle de la suppléance, où malgré le numéro 15 dans le dos, il alterne régulièrement à l'ouverture au relais de Romain Ntamack.

« C'est dans l'ADN de la boutique, souligne Dubois, ancien ouvreur de la maison rouge et noir (2004-2007). Thomas est plus dans la lecture et si vous le mettez 10, il sera bon aussi. Il est dans une forme exceptionnelle et depuis deux ans il est vraiment décisif et en confiance. » À l'image de ses prises de risque, comme cette passe entre les jambes devant son en-but, pour se sortir d'un ballon sous grosse pression (à Clermont la saison dernière) ou de sa réussite face aux barres.

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