Un troisième suspect remis en liberté dans « l'affaire Pogba »

Paul Pogba avec le président Emmanuel Macron lors de la finale de la Coupe du monde au Qatar (à gauche Zlatan Ibrahimovic et Gianni Infantino à droite). (N. Luttiau/L'Équipe)

INFO L'ÉQUIPE. Mamadou M., proche de Paul Pogba et de son frère Mathias, a quitté la prison. « Il va continuer à se battre pour prouver son innocence », déclare son avocat, Me Ruben.

Il avait recouvré sa liberté pendant cinq jours, courant décembre, avant d'être de nouveau placé en détention à la demande du procureur de la République de Paris. À l'issue d'une demande de mise en liberté déposée le 3 janvier, Mamadou M., un des suspects de l'affaire Pogba, a finalement quitté la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis ce jeudi, selon des informations de « L'Équipe », confirmées par son avocat : « Cette seconde remise en liberté est un soulagement pour mon client qui continuera à se battre pour prouver son innocence », déclare Me Steeve Ruben.

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Mamadou M. a été placé sous contrôle judiciaire, comme Mathias Pogba, défendu par Me Yassine Bouzrou et Boubacar C., défendu par Me Saïd Harir, deux autres protagonistes de ce dossier. L'argumentaire de Steeve Ruben reposait sur plusieurs points. Aucun risque de concertation avec les co-mis en examen, a-t-il plaidé. D'abord parce que son client s'est longuement expliqué en garde à vue et lors de son interrogatoire et que les auditions ont déjà eu lieu ; ensuite parce qu'il a coopéré avec la police et accepté de fournir aux enquêteurs les codes de son téléphone. La robe noire estime qu'il n'y a pas davantage de risque de pression sur les témoins ou sur Paul Pogba lui-même, Mamadou M. n'ayant eu aucune « intention néfaste » contre celui qu'il considérait comme son « grand frère », assure l'avocat.

Paul Pogba l'accuse de lui avoir volé 200 000 eurosSur le fond de l'affaire, Me Ruben soutient que son client n'était pas présent durant la séquestration de Paul Pogba (il affirme être sorti de l'appartement avant que ne se déroulent les faits), n'a jamais été informé des demandes de plusieurs millions d'euros assimilées à des faits de chantage et d'extorsion par la police, et a entretenu des relations amicales avec le milieu de la Juventus Turin après le 19 mars 2022, nuit de sa séquestration.

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Dans sa plainte et lors de ses auditions, Paul Pogba avait pour sa part affirmé que Mamadou M. avait utilisé à plusieurs reprises sa carte bancaire pour des achats personnels à hauteur de 200 000 euros, et avait confié s'être éloigné de lui lorsqu'il s'en était aperçu. En décembre, après sa première remise en liberté, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait ordonné la réincarcération de Mamadou M., afin, notamment, d'éviter le risque de concertation entre les mis en examen avant d'éventuelles confrontations, de ne pas « raviver le trouble causé » à Paul Pogba et empêcher toute fuite à l'étranger.

Début janvier, le suspect a donc fourni, via Me Ruben, de solides garanties de représentation, ce qui lui a en partie permis de convaincre les juges et de sortir de prison. En décembre, comme l'avait révélé Le Parisien, Me Yassine Bouzrou avait usé d'arguments similaires pour obtenir la libération de Mathias Pogba, soupçonné d'avoir voulu faire chanter son frère en publiant des vidéos sur les réseaux sociaux le menaçant de révéler des informations compromettantes. Parmi elles, le recours à un marabout par l'International français. L'avocat de Mathias Pogba avait lui aussi considéré qu'il n'existait « aucun risque de dépérissement des preuves » ou de « concertation frauduleuse » avec les autres acteurs de cette affaire hors norme.