Trophy Tour, première étape : le Ballon d'Or en visite dans un hôpital

Pour la première étape de sa tournée française, le Ballon d'Or a fait escale au Centre Hospitalier Spécialisé en psychiatrie d'Auxerre, le 12 septembre. Un moment de partage entre des adolescents, le buteur de l'AJA Gaëtan Charbonnier et Pascal Ferré, rédacteur en chef de France Football.

À l'heure du bilan, Sidonie devient déjà nostalgique. « Cette journée m'a illuminée, synthétise l'adolescente de 17 ans. Le foot me rend joyeuse. Et le Ballon d'Or sous nos yeux, si proche, c'est une image à garder. » Deux heures plus tôt, ce lundi 12 septembre, le trophée était sorti de sa boîte pour 12 pensionnaires du Centre Hospitalier Spécialisé (CHS) de l'Yonne, avant un temps de questions, de surprises et de sport.

Pour la première fois de son histoire, le prix récompensant le meilleur joueur du monde a donc visité un hôpital psychiatrique. Une opération réalisée grâce au soutien du Fondaction L'Équipe, vecteur d'inclusion par le sport, et de l'association Premiers de cordée, qui propose des animations sportives aux enfants hospitalisés. Il s'agit de la première étape du Trophy Tour, et de sa mission phare : « rendre l'inaccessible accessible au plus grand nombre », résume Pascal Ferré, rédacteur en chef de France Football.

Cyril, 14 ans

« S'approcher du BO, c'est laisser sa trace dans l'histoire »

Après avoir tenté d'obtenir, dans un sourire, le nom des lauréats 2022, le chef du service, Emmanuel Sautureau, a présenté les adolescents. « Ce sont des jeunes de 12 à 18 ans, empêchés dans leur scolarité, ce qu'on appelle régulièrement des phobies scolaires. Il y a aussi des conduites à risques : des états dépressifs sévères, des suites de tentatives de suicide, des états pathologiques aigus. Ils ont des difficultés de relation avec leurs pairs. Donc ils ont besoin d'un temps de reprise de confiance en eux, de calme et de travail en petit groupe pour pouvoir retourner à l'école. »

Dans le respect de ce besoin d'intimité, FF a ainsi exposé le Ballon d'Or sur une table du réfectoire central, puis a diffusé le film sur les coulisses de l'édition 2021. « Je ne suis pas un grand fan de foot, mais tout ça me rend curieux », avoue Arthur, 14 ans. À ses côtés, Cyril, grand fan de l'AJ Auxerre, ne cache pas son enthousiasme. Dès l'extinction du projecteur, il pose une première question. « Qui a gagné cette année ? » Réponse de Pascal Ferré : « Bien essayé ! Les votes sont clos depuis quelques jours. Même le vainqueur ne sait pas qu'il l'est. »

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Alors l'adolescent de 14 ans s'intéresse à la confection du bijou doré. « C'est un vrai ? Comment est-il fait ? Combien ça coûte ? » Le chiffre de « 15 000 euros » est annoncé pour cet authentique BO. « S'approcher de ce trophée, être photographié près de lui, c'est laisser sa trace dans l'histoire, réalise Cyril. Et j'apprécie cette idée. » Son ami Léo, 17 ans dont quelques-uns au stade de l'Abbé-Deschamps, poursuit : « Je suis choqué, ce sont les plus grands joueurs qui le reçoivent, qui peuvent l'admirer. Je n'ai qu'une envie : le toucher. Mais on n'a pas le droit, je sais... C'est la classe. »

Gaëtan Charbonnier impressionné, cadeaux et match improvisé

Vêtu de feuilles d'or et prenant racine dans un bloc de pyrite, le Ballon d'Or a des airs de fruit défendu. Alors on le touche avec les yeux, on se délecte de la séance photo à venir. Pour qu'elle soit parfaite, il manque une star locale. Heureusement, Gaëtan Charbonnier apparaît, accompagné du président exécutif de l'AJA, Baptiste Malherbe. Le buteur (33 ans) arbore le même sourire que les adolescents. Comme le disait Kylian Mbappé dans nos colonnes en juillet : « Face au BO, on redevient des gosses ». « Je n'ai jamais été aussi proche du Ballon d'Or, blague l'ancien joueur de Brest, Reims ou encore Montpellier. J'ai la chance d'avoir remporté quelques trophées, mais je n'ai jamais eu celui-ci ! Il est magnifique. »

À peine le temps de poser des questions sur les modalités d'attribution, Gaëtan Charbonnier est rattrapé par la passion des adolescents. La session photo débute, tous jubilent. Y compris le personnel soignant. « On ne voit le Ballon d'Or et Gaëtan qu'à la télé normalement, donc ça fait drôle », s'émeut Camille, une éducatrice qui a commencé le foot cette année à Chevannes, 10 kilomètres au sud d'Auxerre. Marion, son amie et collègue, a même « enfilé le maillot de l'AJA pour l'occasion ». « On est bien chauvins au pays du foot ! », conclut Angélique Bougis, cadre de santé de l'établissement.

C'est après cette fameuse session souvenirs que nous avons rencontré Sidonie, débordant de cadeaux en tous genres. France Football et L'Équipe dans une main, des porte-clés et des posters de l'AJ Auxerre dans l'autre. Elle veut pousser l'expérience encore plus loin. « Quand je vois le BO, ça me donne envie de rejouer au foot, j'adore être gardienne. » Cinq minutes plus tard, tout le monde se mélangera pour un match improvisé dans la cour de l'hôpital, en guise d'au revoir, dans la bonne humeur. Parce que rien n'unit davantage qu'un ballon. D'autant plus s'il est d'or.