En Turquie, le candidat Sinan Ogan annonce son soutien à Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) rencontrant l’ancien candidat présidentiel de l’Alliance ATA Sinan Ogan au bureau de Dolmabahce à Istanbul le 19 mai.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) rencontrant l’ancien candidat présidentiel de l’Alliance ATA Sinan Ogan au bureau de Dolmabahce à Istanbul le 19 mai.

TURQUIE - Tout le monde attendait sa décision. Et finalement l’ultranationaliste Sinan Ogan a annoncé ce lundi 22 mai son soutien au président sortant Recep Tayyip Erdogan au second tour dimanche de la présidentielle turque.

« Nous soutiendrons M. Recep Tayyip Erdogan au second tour. J’invite nos électeurs qui ont voté pour nous au premier tour à soutenir M. Erdogan au second tour », a déclaré à Ankara Sinan Ogan, troisième homme de la présidentielle.

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« Nos négociations ont été conduites autour des principes suivants : le terrorisme sera combattu ; un calendrier sera établi pour renvoyer les réfugiés ; et les institutions étatiques turques seront renforcées », a-t-il énuméré.

Kiliçdaroglu mis en difficulté

Fort de 5,2 % des voix recueillies au premier tour le 14 mai, Sinan Ogan, quinquagénaire et dissident du parti d’extrême droite MHP, était courtisé par les deux finalistes de l’élection. Recep Tayyip Erdogan a obtenu 49,5 % des voix et son adversaire, le social-démocrate Kemal Kiliçdaroglu, 44,9 %, soit 2,5 millions de voix d’écart entre les deux.

Son résultat illustre la poussée du vote conservateur à la faveur de ce scrutin qui a finalement donné l’avantage au président sortant. La victoire de l’opposant Kiliçdaroglu, qui semblait possible avant le 14 mai, paraît plus compromise que jamais.

Chef du Parti républicain du peuple (CHP) fondé par le père de la République turque Mustafa Kemal Atatürk, Kemal Kiliçdaroglu est à la tête d’une coalition de six partis. Il bénéficie en outre du soutien du principal parti pro-kurde HDP, ce qui rendait compliqué l’association avec Sinan Ogan, même si ce dernier se défend d’être « anti-kurde ».

Reste à savoir vers quel candidat se porteront en majorité les 2,8 millions de suffrages rassemblés par Sinan Ogan, dont une partie de l’électorat entendait tourner le dos à Erdogan, au pouvoir depuis vingt ans.

Marre des « vieux visages »

Sur Twitter, Kemal Kiliçdaroglu a aussitôt réagi en dénonçant « ceux qui vendent cette belle patrie ».

« Nous venons pour sauver ce pays du terrorisme et des réfugiés », a-t-il lancé en en appelant aux « huit millions de citoyens qui ne se sont pas rendus aux urnes (le 14 mai) et à tous nos jeunes ». Le candidat avait promis de renvoyer les plus de 3,7 millions de réfugiés syriens dès qu’il serait élu.

Après le premier tour, Sinon Ogan s’était dit « ouvert au dialogue », dans une déclaration à l’AFP. En revanche, le chef de l’Etat, qui l’a rencontré vendredi à Istanbul, avait fait savoir qu’il n’avait pas besoin de son appui pour décrocher un troisième mandat.

Sinan Ogan attribue son relatif succès à « des nationalistes turcs, des kémalistes, des jeunes », avait-il déclaré à l’AFP. Ils « nous trouvent modernes », « nous voient comme les représentants de la nouvelle politique », « plus intellectuels », affirmait-il. Il ajoutait que ses électeurs « en ont marre des vieux visages de la politique », à commencer par ceux de Recep Tayyip Erdogan, 69 ans, et Kemal Kiliçdaroglu, 74 ans, à la tête du CHP depuis 2010.

Fils de paysan, élevé dans la province d’Igdir (est) avant d’étudier le droit et les sciences politiques en Turquie puis à Moscou, Sinan Ogan se présente comme un défenseur traditionnel de la Turquie. Il affiche un nationalisme laïque, fidèle aux principes du père fondateur de la Turquie moderne et du parti CHP, Mustafa Kemal Atatürk, ce qui le distingue du parti islamo-conservateur AKP d’Erdogan, qui prône un islam politique.

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