Tya Zebrowski, une fusée de 11 ans

Tya Zebrowski vise une carrière professionnelle et de nombreux titres. (DR)

Du haut de ses 11 ans, la surfeuse française Tya Zebrowski est une terreur dans l'eau. Elle a obtenu des résultats exceptionnels cette saison lors des Mondiaux et des Championnats de France.

Quand elle est arrivée ce jeudi matin à L'Équipe, accompagnée de son père Gary et de son attachée de presse, Tya Zebrowski avait le sourire d'une enfant qui découvrait l'appétit des médias parisiens pour ses exploits. Mais la surfeuse de 11 ans était quand même un brin frustrée de se dire qu'elle ratait au même moment une belle session à Hossegor, où les vagues et la météo étaient parfaites : « Paris, ça me change un peu, mais il n'y a pas l'océan. À Hossegor, il y a tout le monde qui prend des super vagues et moi je n'y suis pas. Mais c'est quand même bien d'être ici, à Paris, une ville où il y a de grands et beaux monuments, je n'y reste pas longtemps donc je profite.»

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Tya Zebrowski revient de Biarritz, où elle a fait des étincelles lors des Championnats de France. Victorieuse en minimes - elle a pris sa revanche sur l'an dernier et sa frustrante 2e place -, la rideuse couvée par Rip Curl a surtout bluffé tout le monde en se hissant en finale de la catégorie Open. Elle a tenu tête à Maud le Car pendant toute la série et ne s'est inclinée qu'à la toute fin pour seulement... 0,04 point. « J'étais un peu surprise d'aller jusqu'en finale en Open, nous a-t-elle confié. Mais j'ai donné le meilleur de moi-même, j'avais vraiment confiance en moi. J'aurais pu faire première, cela s'est joué à la dernière minute. J'étais donc un peu déçue. »

Lors de cette compétition, elle a enflammé le spot de la Grande Plage à Biarritz qu'elle n'avait surfé qu'une seule fois auparavant - pour la Maider Arosteguy. Pour l'aider à digérer cette 2e place en Open, "TZ" a dans son esprit vite switché sur la prochaine compétition à venir, les Championnats du monde Juniors 2023 (spot et dates pas encore annoncés). Tout en repensant quand même à sa série et aux choses qu'elle aurait pu mieux faire. « L'idée est de ne pas faire les mêmes erreurs la prochaine fois », précise-t-elle.

Elle vise l'élite et des titres mondiauxL'année 2022 restera pour elle un tournant, comme une formidable rampe de lancement vers les sommets avec cette belle 4e place en juin dernier lors des Mondiaux au Salvador puis cette double moisson aux Championnats de France à Biarritz. « Elle n'a que 11 ans mais niveau technique elle est déjà très haut, confirme son père polynésien Gary, ancien champion de snowboard - il a signé une 6e place aux JO d'hiver 2006 de Turin. Nous, ce qu'on lui dit quand elle va surfer une série en compétition, c'est avant tout de prendre du plaisir. Tout comme de trouver ses vagues et de montrer comment elle surfe. À elle de ne pas se mettre la pression face aux autres surfeuses, qui sont souvent plus âgées et expérimentées qu'elle. »

Elle qui vient d'avoir une petite soeur il y a quelques jours - elle a déjà un petit frère (Kalai) -, file à l'eau s'entraîner à chaque fois avec un immense sourire, surtout quand elle est à Hawaii, le North Shore d'Oahu étant un de ses endroits préférés. Bientôt, elle va s'envoler vers l'hémisphère sud, histoire de passer l'hiver dans les eaux chaudes de l'Australie ou de Bali. Pour progresser encore et encore. Dans sa tête, son horizon est tout tracé : elle veut « accéder dans quelques années au circuit pro » et « gagner des titres mondiaux et olympiques », dit-elle avec son air timide mais malicieux. Elle a de qui tenir. La France détient en tout cas une future grande championne, à n'en pas douter.