Ugo Mola (Stade Toulousain) « Nos internationaux ont surtout besoin de jouer des matches de haut niveau »

Ugo Mola n'est pas inquiet par l'enchaînement des matches. (J.-M. Hervio /L'Équipe)

Interrogé ce vendredi, avant d'affronter le Munster en Coupe des champions ce dimanche (16 h 15), sur la gestion de ses joueurs internationaux, le manager du Stade Toulousain Ugo Mola a affirmé que le meilleur moyen de les maintenir au top était de les faire jouer des grands matches.

Le Stade Toulousain n'a sans doute jamais été aussi précautionneux avec ses joueurs internationaux que cette saison. En Top 14, il ne se passe quasiment pas une journée sans qu'il ne décide de laisser un ou plusieurs de ses meilleurs joueurs au repos. C'est encore arrivé tout récemment avec Antoine Dupont, Romain Ntamack, Julien Marchand ou Anthony Jelonch.

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Pourtant, le premier nommé a déjà dépassé le millier de minutes de jeu à mi-saison, ce que n'a pas manqué de remarquer le directeur de la performance des Bleus, Thibault Giroud, qui estime notamment que le stratège toulousain ne pourra pas enchaîner des saisons à plus de 2 000 minutes de jeu pendant dix ans.

« Je suis preneur de toute bonne solution quand Thibault Giroud passera du côté de Bordeaux la saison prochaine pour la gestion des internationaux, observe Ugo Mola, le coach du Stade Toulousain, avec malice. Aujourd'hui, ce qui nous permet de faire des rotations, c'est la qualité de notre effectif et de l'émulation en son sein. L'an dernier, on a joué avec 9 trois-quarts valides du début à la fin. Les Antoine (Dupont), Romain (Ntamack), Thomas (Ramos), Juan Cruz (Mallia), on les a donc rincés. Cette saison, on arrive à mieux gérer et anticiper les choses. On a reposé quasiment tous nos internationaux qui n'étaient pas blessés, et on continuera à le faire, quitte parfois à prendre 30 points à La Rochelle comme ça a été le cas il y a quinze jours. »

Le coach toulousain estime pourtant que ses meilleurs joueurs ont besoin d'enchaîner les gros rendez-vous pour rester au top. « Nos internationaux ont surtout besoin de jouer des matches de haut niveau, que ce soit en club ou en sélection, dit-il. C'est plus la régulation de nos compétitions qui pose débat. Les joueurs ont aussi des capitaux physiques différents. Des garçons ont besoin de rythme. D'autres n'ont aucun problème à couper quinze jours avant de reprendre comme si de rien n'était, ce qui est le cas d'Antoine, de Romain ou d'autres. Après, au-delà de 25 matches par saison, on sait qu'il y a toujours un danger physique réel. La barrière des 2000 minutes est celle à ne pas trop dépasser quand on veut éviter les blessures. »

Avant d'affronter le Munster en Coupe des champions, ce dimanche (16 h 15), Ugo Mola s'interroge : « Est-ce que nos joueurs français ne s'aguerrissent pas plus en enchaînant des gros matches de Top 14 à La Rochelle, à Bordeaux, Toulon ou à Lyon ? Moi, je pense sincèrement que oui. De même que quand les Saracens sont descendus en deuxième division anglaise, tout le monde a dit que les Owen Farrell ou Maro Itoje allaient pouvoir récupérer. L'équipe anglaise a tellement bien récupéré qu'elle ne gagne plus rien ! Je pense donc que le haut niveau appelle le haut niveau. Après, il faut savoir le gérer »