Ullrich-Armstrong, Aru-Froome, Schleck-Contador... Les gestes de fair-play (ou pas) du Tour de France

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Le Tour de France est parfois le théâtre de gestes de fair-play entre coureurs, comme ce fut le cas entre Vingegaard et Pogacar sur la 18e étape jeudi. D'autres moments ont, en revanche, été moins respectables. Retour sur quatre petites histoires de filouteries ou de loyauté.

Sur la 18e étape du Tour de France jeudi, Jonas Vingegaard a attendu son adversaire pour le Maillot Jaune Tadej Pogacar alors que le Slovène avait chuté dans la dangereuse descente du col de Spandelles. L'histoire du Tour est marquée par de gestes de fair-play et d'autres qui le sont moins. Retour sur quatre d'entre eux.

2003 : Jan Ullrich attend Lance Armstrong dans Luz Ardiden

« Il y a deux ans, quand Jan avait chuté de façon spectaculaire dans la descente du col de Peyresourde, j'avais tout de suite dit : "C'est impossible de continuer avant de savoir si c'est grave ou s'il peut revenir dans la course !" Je le remercie de s'être souvenu de ça ». Au sommet de Luz Ardiden lors de la 15e étape, Lance Armstrong sait à qui il doit en partie sa 16e victoire d'étape sur le Tour de France. Alors que le Maillot Jaune a chuté dans l'ultime ascension du col pyrénéen avec Iban Mayo à cause de spectateurs agglutinés sur le bord de la route, Jan Ullrich, deuxième du général à 15 secondes de l'Américain, lève le pied et attend les deux malheureux.

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Une attitude chevaleresque qui n'empêchera pas Armstrong de réaliser une grosse fin de montée, dépassant effrontément le jeune Sylvain Chavanel et mettant près d'une minute à l'Allemand. Troisième à l'arrivée, Ullrich en voudra davantage à Mayo : « Lui aussi, je l'ai attendu quand il est tombé avec Lance. Je n'ai pas compris son intérêt à venir me chercher les bonifications ».

2010 : Fabian Cancellara neutralise le peloton

Courue sous la pluie, la 2e étape entre Bruxelles et Spa, 100 % Belge, est une véritable patinoire. Dans le col de Stockeu, situé à 34 km de l'arrivée, les cyclistes dévalent des pentes de16 % à vive allure. Non sans casse. Une chute massive met à terre les favoris du Tour. Les deux frères Schleck sont de ceux qui perdent le plus de temps dans l'affaire. Le Tour est-il perdu ? Non car le Maillot Jaune, Fabian Cancellara, décide de freiner l'allure du peloton et se porte à hauteur de la voiture du directeur du Tour, Jean-François Pescheux à l'époque. Celui-ci raconte : « Il nous a dit : "Tous les leaders ne sont pas là, on est d'accord pour garder les temps à l'arrivée, mais pas pour disputer le sprint. Si les coureurs prennent encore des risques, il y aura encore des chutes et il y a déjà assez de bobos". »

Les organisateurs acceptent et gèlent aussi les points pour le maillot vert à l'arrivée. D'autres râlent à l'image de Thor Hushovd : « Ce qui s'est passé n'est pas normal. Pourquoi serait-ce à Fabian Cancellara de décider ? Il est un coureur comme nous. Moi, je n'étais pas d'accord. Notre équipe, Cervélo, a roulé toute la journée pour gagner l'étape et des points pour le maillot vert et je finis avec rien ». Dans l'affaire, Fabian Cancellara perd quand même son maillot jaune au profit de Sylvain Chavanel, hauteur d'un beau numéro en solitaire, mais le regagnera dès le lendemain sur une étape de pavés. « Un juste retour des choses », avait-il confié récemment à propos de cet épisode.

2010 : Andy Schleck déraille, Alberto Contador attaque

2010 est une année houleuse sur les routes du Tour. Sur la 15e étape, alors que seulement 31 secondes séparent le Maillot Jaune Andy Schleck et Alberto Contador, une histoire de dérailleur fait bouillir le paddock des coureurs. Dans le Port de Balès, dernière difficulté du jour, le Luxembourgeois est victime d'un saut de chaîne en pleine attaque. Alberto Contador, qui a réagi avec un temps de retard, le double alors sans le regarder et en faisant un écart sur sa gauche. De 17 secondes au sommet du Port de Balès, l'écart grandit dans la descente vers Bagnère-de-Luchon pour atteindre 39 secondes sur la ligne d'arrivée. Andy Schleck perd la tunique jaune pour huit secondes.

Sur le podium, Alberto Contador, qui prétend ne pas avoir vu l'incident de son adversaire, est sifflé par quelques spectateurs tandis qu'Andy Schleck est ovationné. Mais il n'accepte pas son sort : « Il n'aurait pas dû... Je suis en colère, je n'aurais jamais fait ça. Il peut être nerveux pour les prochains jours... Je vais prendre ma revanche. » Le duel entre le Luxembourgeois et l'Espagnol connaîtra son apogée dans le Tourmalet, deux jours plus tard. Incapable de se départager en montagne, le contre-la-montre de la 19e étape s'en chargera et sacrera Alberto Contador. Une victoire que lui retire le Tribunal arbitral du Sport en 2012, l'Espagnol s'étant rendu coupable de dopage au Clenbutérol.

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2017 : Entre Fabio Aru et Chris Froome, circulez, il n'y a rien à voir

Encore une histoire de dérailleur. La victime est un autre maillot jaune, Chris Froome. Dans un nouvel instant crucial de la course, le Mont du Chat. Fabio Aru est troisième du général à 14 secondes du Britannique avant cette 9e étape entre Nantua et Chambéry. En plein effort, Froome déraille, s'affole et lève les bras pour appeler sa voiture. L'Italien attaque alors et tout le monde suit. Froome sera finalement dépanné et ramené sur le groupe des favoris grâce à Mikel Nieve et Mikel Landa.

À l'arrivée, il expliquera : « Je n'ai pas vu son attaque, j'étais trop occupé par mon changement de vélo ». Quid de son tassage de Fabio Aru lorsqu'il revient à sa hauteur après son incident ? « J'ai eu un problème avec mon guidon et je n'ai pas du tout voulu bousculer Aru, je ne savais même pas qu'il avait attaqué », se défend alors le Maillot Jaune. Aru ajoute : « Froome ne m'a pas agressé, un spectateur l'avait tout simplement déstabilisé ». Circulez, il n'y a rien à voir.

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