Ultra-trail - Chronique - Ultra-Trail - Chronique François D'Haene : « Je n'arrive pas à m'entraîner pour m'entraîner »

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Dans ce 3e volet de la chronique proposée par François D'Haene pour L'Équipe, le triple vainqueur de l'UTMB raconte son retour en montagne après deux mois à la maison, avec des nouveaux projets plein la tête. « Si le confinement m'a permis de me poser, de me recentrer sur ma famille et de leur consacrer un temps que je ne suis pas toujours en mesure de leur accorder, le déconfinement nous autorisait, enfin, à retrouver les montagnes. lire aussi François D'Haene raconte son confinement
Mais puisque la vie est parfois teintée d'une douce ironie, la première semaine de retour sur les sentiers fut exécrable. Une météo glaciale et catastrophique nous a contraints à rester sur les chemins de fond de vallée. Terrible, quand on sait que pendant le confinement, le temps était au beau fixe. Mais, nous en avons pris notre partie. Personnellement, j'ai pu me remettre à la course à pied, au vélo. J'ai pu aller rendre visite à ma famille en Savoie. Après plus de deux mois d'isolement, ces petites choses simples font un bien fou. La météo a fini par tourner. Et puisqu'il paraît très peu probable de porter un dossard dans un contexte international avant le mois d'octobre, je me suis permis des sorties que je ne m'accorde pas habituellement au printemps, lorsque je suis entre deux ultras importants. De très belles sorties avec des passages en haute montagne mobilisant des techniques d'alpiniste. Je n'arrive pas à m'entraîner pour m'entraîner, j'ai toujours besoin de donner du sens à ce que je fais en montagne pour trouver du plaisir.

Je citerais une sortie en particulier, avec les athlètes de l'équipe de France de ski-alpinisme William Bon Mardion et Xavier Gachet. Un mix de vélo de route, pour aller rejoindre des glaciers inaccessibles autrement, de trail et de ski-alpinisme en haute montagne ? Un style de pratique qui sort de ce que j'ai l'habitude faire. C'est intéressant d'utiliser cette période si particulière pour s'autoriser ces explorations. Niveau condition physique, je ne suis pas très en forme, faute au confinement, mais je me surprends à arriver à empiler les heures en montagne sans trop de problèmes. 25 à 30 heures par semaine. Je ne regrette pas d'avoir pris mon mal en patience : je reviens avec une envie débordante. « Cela va me permettre d'arriver encore plus motivé en 2021 à Chamonix » Bien sûr, l'annulation - attendue - de l'UTMB est une petite déception. Mais, en ce qui me concerne, je relativise. Pour moi, ce n'est pas un drame : cela va me permettre d'arriver encore plus motivé en 2021 à Chamonix. J'ai bien sûr une pensée pour les organisateurs et tous ceux qui vivent de ces événements de près ou de loin. La fin d'année sera différente de ce que j'avais en tête en début de saison, mes deux grandes dates - la Hardrock 100 et l'UTMB - ayant été annulées. Pour le moment, je vais me concentrer sur un ou deux projets plus aventure, plus montagne, dont je vous parlerai très vite. Le premier aura lieu au début de l'été. Quant aux ultra-trails, j'attends de voir quelle sera la situation en septembre pour peut-être courir sur un événement en octobre ou novembre. Mais il est trop tôt pour prendre des décisions. En attendant, nous avons à nouveau la chance de pouvoir aller en montagne. Et cela suffit à mon équilibre. »

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