Ultra-trail - Ultra-trail : record du GR 20 en ligne de mire pour Xavier Thévenard

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À l'occasion de l'annonce de sa tentative de record sur le GR 20 en Corse, Xavier Thévenard a répondu à nos questions sur ce nouveau défi. Mais aussi sur sa conception de sa pratique et de sa vie. « Avant de revenir sur cette année très particulière, vous avez dernièrement officialisé votre prochain grand défi. Pouvez-vous nous en parler ?
Je me prépare pour une tentative sur le GR20 depuis quelque temps. L'idée est tout simplement de réaliser les 180 km et 14 000 m de dénivelé positif de la traversée de la Corse le plus rapidement possible. Le record est détenu par François D'Haene en 31 h 06 mn. Je ne dis pas que nous arriverons à battre ce temps de référence, mais c'est en tout cas un projet qui me motive beaucoup ! L'inconnu reste la longueur de cet effort : je n'ai jamais couru plus de 24 heures. Cela devrait se passer début juillet, j'en dirai plus sur les conditions de notre tentative plus tard. Pensez-vous que la fin d'année sera propice à participer à une course, considérant que votre gros objectif, l'UTMB, a été annulé ?
Je vais déjà attendre de voir comment je vais récupérer du GR 20. Mais en fin d'année, c'est tout à fait possible. Xavier Thévenard « Je n'ai plus envie de prendre un avion pour prendre un départ » Vous avez déclaré ne plus souhaiter prendre l'avion pour aller courir. Pouvez-vous nous en dire plus ?
C'est une chance rare pour un sportif de haut niveau, mais je peux faire le choix de participer aux compétitions que j'aime, de satisfaire mes partenaires, sans avoir une empreinte carbone trop importante. Il y a de magnifiques courses en Europe et notamment en France. Je n'ai plus besoin d'aller aux États-Unis ou au Japon pour courir, je n'ai plus envie de prendre un avion pour prendre un départ. Il n'y a pas de trail aux JO, notre course de référence est à Chamonix, je peux y aller à vélo. Alors, désormais, je préfère faire le choix de sélectionner quelques courses à proximité et de faire l'UTMB chaque année, car j'adore cette course, plutôt que de traverser un océan pour aller courir. Je veux pouvoir dire que j'ai contribué à mon échelle à améliorer la situation. Et si cela peut inspirer d'autres athlètes, j'en serai très content. Vous vous êtes déjà rendu à l'UTMB à vélo depuis le Doubs ?
Pas encore à un UTMB, mais je l'ai déjà fait pour les 90 km du mont Blanc. Mais je ne pars pas la veille, je pars trois jours avant (rires). Xavier Thévenard « S'il y en a bien un qui joue pour l'intérêt collectif, c'est bien moi » Vous faites le choix d'une vie simple, plus isolée, au coeur de la nature. Pouvez-vous nous en parler ?
En effet, je vis avec mon amie à plus d'un kilomètre de mes premiers voisins, qui sont mes beaux-parents et mon frère (rires). C'est un choix de vie, nous n'avons pas toutes les commodités à proximité mais nous sommes en pleine nature, c'est essentiel pour moi. Je continuais à sortir un peu car, encore une fois, je suis très isolé. Je me déplaçais pour faire mes courses à vélo ou à pied. Mais là où je suis, je ne croisais personne. S'il y en a bien un qui joue pour l'intérêt collectif, c'est bien moi. Je ne prends pas la voiture au quotidien. La pollution tue plus que le Covid-19. Après, j'ai profité de cette période pour soigner correctement un genou qui me faisait souffrir. Juste un peu de sport pour rester en forme. Mais depuis le déconfinement, j'ai pu reprendre mes belles balades en montagne. Comment organisez-vous votre temps au quotidien tout au long de l'année ?
Jusque-là, je passais l'été à m'entraîner et à me préparer pour mes courses. Mais je couplais avec une saison d'hiver de moniteur de ski de fond. Cela me donnait un bon équilibre, cela me permettait de rencontrer de nouvelles personnes. Néanmoins, bien travailler avec mes partenaires me prend du temps et je peux désormais vivre de ma carrière sans avoir besoin de travailler en plus. J'ai donc décidé cet hiver de me concentrer sur l'entraînement pour voir ce que je vaux vraiment quand je me dédie à 100 % à ma pratique, notamment dans la perspective d'un UTMB très disputé cet été. Je voulais voir si je pouvais passer un cap, encore progresser. Même si l'UTMB n'aura pas lieu - cela me fait un petit pincement au coeur d'ailleurs -, c'était intéressant de pouvoir me concentrer uniquement sur ma prépa. Il faudra juste un peu attendre pour voir si cela paye en termes de résultats. » lire aussi Catherine Poletti, fondatrice de l'UTMB : « La moins mauvaise décision »

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