Ultras du PSG, fallait-il les réintégrer ?

Antoine Grynbaum

La commission de discipline de la LFP a décidé de priver de déplacement les supporters du PSG lors des deux matches à venir en lien avec les dégradations de la finale de Coupe de la Ligue. Bonne ou mauvaise idée ? Décryptage.

Les ultras du PSG, un retour sous certaines conditions.

Mettre tout le monde dans le même « sac », et ne jamais faire de distinguo entre vrais fans et pseudo-supporters, fauteurs de troubles… La France n’a toujours pas compris de quelle manière créer un dialogue avec ses supporters.

En les regardant de près, les images des dégradations du Parc OL sont scandaleuses mais que disent-elles au fond ? Qu’il y a parmi, et je dis bien parmi des collectifs d’ultras, des personnes à mettre dehors mais les sanctions collectives sont, elles, incompréhensibles.

Avec les caméras de vidéo-surveillance, n’est-on pas capable d’identifier les fauteurs de troubles ? Non, il vaut mieux sanctionner tous ceux qui auraient aimé effectuer les deux prochains déplacements à Angers et à Metz.

Et l’ultra va une nouvelle fois trinquer, stigmatisé par des journalistes n’y connaissant rien. Petit rappel : même si certains peuvent être violents, à la base, l’ultra n’est pas un hooligan, mais un passionné participant avec ferveur à la vie de son club et à l’animation des tribunes.

Alors, la question doit être posée après l’interdiction de déplacement, et en attendant que l’enquête de la Ligue concernant la séquence du Parc OL aille à son terme : fallait-il réintégrer les ultras du PSG ? Oui, mais pas de cette manière.

A l’origine, le plan Leproux, mis en place sous l’influence de Nicolas Sarkozy après le décès de Yann Lorence, avait stigmatisé les supporters d’Auteuil et de Boulogne. Tous de dangereux hooligans et des milliers de personnes se sont mises à boycotter les travées du Parc des Princes.

Et puis l’été dernier, Nasser Al-Khelaïfi, soutenu en interne par l’Emir du Qatar, a souhaité redonner une place aux ultras. En cause, le manque d’ambiance au Parc lors des grandes rencontres de Ligue des Champions et offrir aux joueurs le poids d’un 12ème homme, à l’image du match face au Barça.

Selon un proche du dossier, « au Ministère de l’Intérieur, on a d’abord eu du mal à comprendre pourquoi un club qui avait réglé le problème de ses supporters, voulait à ce point revenir en arrière. Avec l’Etat d’urgence et le fait que les forces de l’ordre soient surmobilisées depuis des mois, à Beauvau, certains ne l’ont pas compris ». Un fin connaisseur apporte ses précisions : « A l’Intérieur, certains ne voulaient pas du retour des ultras mais il n’y a pas eu de véto. Le regroupement des ultras en tribune, c’est la décision du Paris Saint-Germain et non de Beauvau ».

Aujourd’hui, le club joue à un jeu dangereux en critiquant la sanction de la LFP et incriminant l’Olympique Lyonnais mais il devrait plutôt vérifier le profil de certains pseudo-supporters… Car d’après nos informations, quelques-uns auraient un passé bien chargé.

Que le club prenne ses responsabilités et que les fauteurs de troubles, identifiés, soient lourdement sanctionnés afin qu’à terme, le retour des ultras dans la capitale soit une réussite totale.

Antoine GRYNBAUM

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