Un club français peut-il gagner la Ligue Europa ?

Nice, Lyon et Marseille sont tous qualifiés pour les 16es de finale. Peut-on imaginer l’un des trois soulever le trophée, le 16 mai 2018 à Lyon ?

Le trophée de l’Europa League (AFP)

Trois clubs engagés, trois clubs qualifiés : Nice, Lyon et Marseille ont réussi le perfect en phase de groupes. Mais aucun n’est parvenu à terminer premier de sa poule, devancés respectivement par la Lazio Rome, l’Atalanta Bergame et le RB Salzbourg. Alors, l’OGCN, l’OL et l’OM peuvent-il espérer hausser leurs niveau de jeu pour décrocher le graal ? Oui et non.

Oui, on peut y croire
Et pourquoi pas ? Ne dit-on pas que « tout va très vite dans le football » ? Surtout, au-delà des poncifs, chaque représentant français a des arguments à faire valoir. L’OGC Nice est très loin de son niveau de la saison passée, ce qui ne l’a pas empêché de se qualifier tranquillement après une phase de poule sérieuse (trois victoires et trois défaites, dont deux contre la Lazio et la dernière sans enjeu). Mieux, les Aiglons semblent enfin prendre leur envol avec – avant le revers d’une équipe-bis à Arnhem (1-0) – une seule défaite sur les six derniers matchs toutes compétitions confondues. De l’expérience, du talent et de la jeunesse : Lucien Favre a tous les ingrédients pour monter un cocktail détonnant et, pourquoi pas, créer la surprise.

Marseille a connu plus de difficultés à se qualifier, tremblant jusqu’au bout de son dernier match nul contre le Red Bull Salzbourg (0-0). Mais si l’OM est souvent pointé du doigt pour son niveau de jeu, l’OM n’a aussi perdu que quatre matchs sur 26 cette saison. Et comme Rudi Garcia va (peut-être) finir par trouver son 9 et (peut-être) retrouver Dimitri Payet, on se dit que voir émerger une machine emmenée par un Florian Thauvin MVP n’est (peut-être) pas qu’une illusion. L’OM a l’expérience de l’Europe, le Vélodrome pour pousser dans les grands matchs, et peut renverser n’importe qui sur une double confrontation. Jusqu’à la finale ?

La finale, l’OL en rêve, forcément : à la maison, dans leur stade, les ouailles de Jean-Michel Aulas ont pour objectif affiché d’y parvenir. Et le président n’a pas lésiné sur les moyens pour parvenir à ses fins. À leur meilleur, certains joueurs sont de niveau international, tandis que la production du centre de formation lyonnais est toujours aussi impressionnante. Un équilibre savant qui n’a connu qu’une seule défaite en poule, la dernière chez l’Atalanta Bergame (1-0-), qui est deuxième meilleure attaque nationale derrière le PSG (40 buts contre 48, en Ligue 1) et dont le potentiel semble illimité. Bruno Génésio est-il l’homme de la situation ? Non, répondaient beaucoup en début de saison. Pas mal ont déjà changé d’avis. Il reste neuf matchs européens pour convaincre les autres.

Non, même pas en rêve
Si elle amène à réviser sa géographie en phase de groupes, la Ligue Europa devient une compétition redoutable à partir des 16es. Parce que ne restent que les meilleurs, mais aussi parce que débarquent les moins mauvais de Ligue des Champions. La liste des ex de la grande soeur est éloquente : Napoli, Atlético de Madrid, Borussia Dortmund, RB Leipzig, CSKA et Spartak Moscou, Celtic Glasgow, Sporting Portugal : que du lourd. Et tous sont des adversaires potentiels pour les clubs français dès le prochain tour.

Les autres tirages possibles ? Les premiers de poules en Ligue Europa (sauf celui de son groupe) et là encore, la liste glisse quelque frissons : Arsenal, Milan AC, Athletic Bilbao, Villarreal, Zénith… De quoi s’offrir une affiche de prestige, certes, mais surtout se faire sortir prématurément. Au total, ce ne sont pas moins de 25 coupes d’Europe remportées – C1, ex-C2 et C3 réunies – présentes en 16es de finale dont… une seule française, par l’OM. Et cette année, ça s’annonce encore une fois compliqué.

Car les clubs français n’ont jamais aimé l’Europe. Une Ligue des Champions pour l’OM et une Coupe des vainqueurs de coupes pour le PSG, c’est peu. Pire, les Français n’ont jamais été foutu de soulever une C3. Ce qu’ont déjà réussi quatre équipes présentes en 16es cette saison : le Napoli (1989), le CSKA (2005), le Zénith (2008) et l’Atlético (2010 et 2012). Griezmann et ses potes, finalistes de C1 en 2014 et 2016, sont la preuve que la Ligue Europa est encore trop relevée pour nos clubs français. Qui peut soutenir que Niçois, Lyonnais ou Marseillais sont aujourd’hui meilleurs que les Colchoneros de Simeone ? Personne. Comme personne ne peut dire qu’une équipe française est en mesure de remporter la coupe d’Europe. Et en même temps… « tout va très vite, dans le football ».


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