US Open : Hugo Grenier, lucky-loser, se qualifie au deuxième tour

Hugo Grenier, déjà lucky-loser à Wimbledon, a aussi été repêché à l'US Open. Et comme à Londres, il a profité de cette deuxième chance pour franchir un tour. En déployant un jeu offensif.

Lundi matin, au réveil, Hugo Grenier ne savait toujours pas s'il allait entrer dans le grand tableau de cet US Open 2022. Éliminé lors du dernier tour des qualifications vendredi, le Français était alors tout en haut de la liste des repêchables et savait que Pablo Andujar, touché à un bras, avait de grandes chances de déclarer forfait. Mais, en arrivant sur le site du tournoi pour s'entraîner à 10 heures, il n'avait pas encore la certitude de jouer.

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L'Espagnol lui a finalement confirmé la bonne nouvelle. « J'avais prévu de m'échauffer au cas où et Pablo m'a vu dans les vestiaires. Il m'a dit : "Viens ici", pour me parler. C'est lui qui me l'a annoncé. J'étais très content. Tant que ce n'était pas officiel, j'avais un petit peu peur », expliquait le Français, le visage rougi par le soleil, après sa victoire en quatre sets face à Tomas Etcheverry.

Parce que Grenier, comme à Wimbledon il y a un mois où il avait également été lucky-loser avant de remporter son premier tour, a saisi l'opportunité. Face au 86e mondial, qui jouait lui aussi son premier match dans le grand tableau à New York, il a réussi à signer la seconde victoire de sa carrière en Grand Chelem.

De moins en moins contre nature

Son entame de match a pourtant été compliquée après cette attente de plusieurs jours mais le Français s'est réveillé à temps pour ne pas laisser passer sa chance. « Dans le deuxième, troisième et début du quatrième, il joue parfaitement, estimait même Gérard Solvès, qui le cornaque au sein de l'académie de Jean-René Lisnard à Cannes. Il arrive à être très offensif. Il ne supporte pas de rater, alors tenter des attaques, ce n'est pas sa nature et là, c'était la clé, il fallait qu'il enlève du temps à son adversaire, il ne fallait pas que l'autre ait le temps de jouer. »

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Les détails du match

Services bien réglés, revers de long de ligne ajustés et montées à la volée maîtrisées (23/26 dans l'exercice), le Français a joué le tennis qu'il doit mettre en place pour continuer à grimper dans la hiérarchie. Son entraîneur en est convaincu depuis longtemps. Lui l'est de plus en plus. « Ces derniers temps, j'ai joué pas mal de matches qui m'ont montré que c'était la bonne recette, reconnaissait-il après son succès. J'ai une nature plutôt défensive malgré ma taille (1,96 m). Ça me rend fou de faire des fautes. Même aujourd'hui, je déteste et avant c'était encore plus dur parce que je me frustrais à chaque fois. Donc j'avais un peu de mal à aller vers l'avant. Mais je pense qu'il faut que je m'oriente là-dessus pour les prochains mois et à l'avenir. »

Ses résultats ces derniers temps (Challenger à Ségovie et donc deux premières victoires en Grand Chelem), comme son classement (119e cette semaine, son meilleur rang), parlent aussi en faveur de cette mue. « C'est un tennis qui peut lui permettre de battre beaucoup de joueurs, juge son entraîneur. Quand il sert très bien, qu'il retourne et qu'il arrive à jouer vite, il peut en déranger pas mal. »

Le prochain qui se présentera sera un très gros morceau puisqu'il affrontera l'Italien Matteo Berrettini au deuxième tour. Une belle rencontre pour se jauger mais l'idée est aussi d'en profiter et de se faire plaisir.