US Open : Jenson Brooksby et son jeu toujours aussi atypique, à l'assaut de Carlos Alcaraz

Jenson Brooksby, jeudi, contre Borna Coric. (Geoff Burke/Usa Today sports)

Huitième de finaliste à l'US Open l'an passé, le jeune Californien de 21 ans, Jenson Brooksby, continue de s'amuser à Flushing Meadows, où il a sorti jeudi Borna Coric avant de filer sur l'Espagnol Carlos Alcaraz.

Le King de Sacramento continue de rigoler à Flushing Meadows. Huitième de finaliste bluffant l'an passé, éliminé par Novak Djokovic, qu'il avait tout de même gentiment retourné lors du premier set (1-6), Jenson Brooksby n'a pas lâché l'affaire cette année. Jeudi, c'est Borna Coric, le revenant Croate, qui venait pourtant de passer au tamis Musetti, Nadal, Auger-Aliassime, Norrie et Tsitsipas pour vaincre à Cincinnati - excusez du peu - qui a fini sur le flanc en trois sets (6-4, 7-6, 6-1) !

Sans avoir l'air d'y toucher, avec son jeu en liberté et une singulière idée du tennis, Brooksby a encore épaté la galerie du Grandstand et couché le Croate au soleil, notamment au cours d'un deuxième set de résistant assez irrationnel, où le jeune talent US, 43e mondial, a sauvé sept balles de set, dont cinq dans le tie-break pour dérober le butin, conserver le momentum et mettre définitivement la tête de Coric au fond du seau.

Deux finales et trois top 20 épinglés cette année

Pour en arriver là et s'offrir au 3e tour un joli duel de talents à la peau douce face au prodige espagnol, Carlos Alcaraz, Jenson Brooksby n'a pas révolutionné sa façon de faire. Son tennis demeure, comme aux premiers jours, une affaire de sensations et de feeling. Son service ne ravage pas les plaines, sa technique n'est pas chaudement recommandée, sa frappe n'est pas lunaire, mais son revers est une arme de précision assez diabolique, son sens des trajectoires est déroutant et sa capacité à s'installer et à tenir la diagonale en profondeur et en sécurité peuvent finir par en faire couler une palanquée.

Autant d'atouts que Brooksky a échafaudés patiemment, malgré une kyrielle de pépins physiques qui le tint éloigné des terrains quatorze mois derrière l'US Open 2019 ! Sur un court de tennis, le jeune homme est un manipulateur bien plus qu'un destructeur. Le blondinet respire le jeu et pense avant de cogner.

Freiné ces deux dernières saisons par le contexte sanitaire et les blessures, Brooksby paraît cette fois pleinement lancé. Finaliste à Newport en 2021, il a ajouté deux autres finales en vitrine cette saison (à Dallas puis Atlanta). Même s'il quête toujours un premier titre en carrière, Brooksby a maté trois top 20 en 2022, dont Stefanos Tsitspas à Indian Wells, et sort d'un troisième tour à Wimbledon. Ce n'est pas encore les sommets auxquels il aspire, lui qui clame vouloir être numéro 1 mondial, mais c'est assurément un début d'ascension.

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