UTMB 2022 : une course ouverte chez les femmes, avec les Françaises Audrey Tanguy et Manon Bohard

Audrey Tanguy a remporté à deux reprises la TDS, la course la plus technique de la semaine de l'UTMB. (UTMB)

En l'absence de la double vainqueure de l'UTMB, l'Américaine Courtney Dauwalter, la boucle autour du Mont-Blanc (170 km et 10 000 m de dénivelé), à partir de vendredi, 18 heures, s'annonce plutôt ouverte. Après deux titres sur la TDS et un abandon sur l'UTMB l'année dernière, Audrey Tanguy rêve de podium.

« Je l'ai remerciée pour ça, on s'est mises d'accord : je lui laisse la Hardrock, elle me laisse l'UTMB, blague Audrey Tanguy, meilleure française au classement ITRA (la référence de classement international en trail). L'Américaine Courtney Dauwalter, qui domine le circuit international depuis plusieurs saisons, compte deux victoires consécutives sur l'UTMB mais a choisi de faire l'impasse cette année. La bonne année pour inscrire son nom au palmarès de l'Ultra-trail du Mont Blanc ?

Chez Tanguy, le sourire est là, la pointe de tension aussi dans l'hôtel de son sponsor, où de grandes photos de ses courses passées habillent les murs. Sans parler directement de podium, on sent que la Française de 34 ans en rêve. Elle évoque plutôt « des grandes ambitions ». La course chamoniarde s'annonce donc assez ouverte, sans ex-vainqueure sur la ligne de départ, ce vendredi à 18 heures.

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« Avec Courtney, c'est simple, soit elle gagne, soit elle bâche (abandonne), poursuit Tanguy. Elle est trop forte, dans un autre monde. Pour l'instant, c'est compliqué d'aller la chercher, à moins qu'elle ait une défaillance. Donc oui, la course est plus ouverte, mais elle peut se fermer vite sur une défaillance. Il peut se passer des milliards de choses. »

La double vainqueure de la TDS ( « Sur les Traces des Ducs de Savoie », 145 km pour environ 9 100 m de dénivelé, course la plus technique de la semaine de l'UTMB) a connu un cauchemar l'an dernier, abandonnant très tôt sur la course reine, aux Contamines (32e km sur 170), trop cuite après avoir participé à la Western States quelques semaines plus tôt. « Pour l'instant, l'UTMB est une course que je redoute, explique l'athlète du team Hoka, qui s'est notamment préparée cette année au Kenya, à Iten. Car elle est trop importante pour moi, j'aimerais qu'elle ait moins d'importance dans ma vie, mais je n'arrive pas à lui donner la distance que je devrais lui donner. J'ai tellement envie de bien faire, de réussir. Je me mets beaucoup de pression. »

De nombreuses prétendantes au podium

Au côté de la Néerlandaise Ragna Debats, meilleure cote ITRA, la Canadienne Marianne Hogan, 3e de la Western States, l'Espagnole Garcia De Los Salmones, l'Américaine Katie Schide ou encore la Suédoise Mimmi Kotka, 3e l'an dernier, l'autre Française à suivre s'appelle Manon Bohard, victorieuse l'an passé de la TDS, qui va vivre son deuxième 100 miles ce week-end dans la vallée du Mont-Blanc, après un abandon sur les 170 km de la Swiss Peak en 2020. Et son premier UTMB.

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« Quand je vois les autres, quand j'entends mon nom parmi les favorites, moi je me dis qu'est-ce que j'ai fait dans les 10 ?, sourit Bohard. Mais oui, ça me fait plaisir. Je n'ai pas une grande expérience, ça fait quatre ans que je cours et deux/trois ans que le niveau augmente progressivement. Ouverte ? Je ne sais pas. L'ultra, c'est ça : plein de facteurs peuvent rentrer en compte. La cote, c'est des chiffres, c'est très bien mais ça veut rien dire sur le terrain. On verra, j'espère qu'il y aura un beau fight (combat) ».

Le public français attend depuis six ans une victoire tricolore chez les femmes, depuis 2016 et Caroline Chaverot.