Vélo Mag - À la COP26, le vélo ignoré

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Alors que la plus grande conférence mondiale sur le climat de ces dernières années, la COP26, s'est terminée ce vendredi à Glasgow, le vélo a été le grand absent des discussions sur les transports. « Si Glasgow échoue, tout échoue », résumait le premier ministre du Royaume-Uni Boris Johnson, au lancement de la COP26, l'immense conférence sur le changement climatique organisée par l'Organisation des Nations Unies. Plus grand sommet international sur le climat de ces dernières années, l'évènement, qui a commencé le 31 octobre et s'est terminé ce vendredi, devait permettre aux gouvernements d'accorder leurs violons pour lutter au plus vite contre le réchauffement de la planète. Si de multiples sujets, de la déforestation aux mines de charbon, ont été évoqués, le vélo a globalement été ignoré, malgré les cris d'alerte lancés par plusieurs associations. 250 associations ont signé une lettre ouverte Mercredi dernier, la journée était pourtant entièrement consacrée au volet des moyens de locomotion, avec une réunion entre plusieurs ministres des Transports, dont Jean-Baptiste Djebbari. Ensemble, ils ont discuté de la fin des moteurs thermiques, de la promotion des véhicules à zéro émission, de la façon dont les émissions pouvaient être réduites dans le secteur de l'aviation... Mais pas de comment promouvoir le cyclisme. En août, le dernier rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) rappelait pourtant l'urgence de « développer le vélo, le vélo électrique, les transports en commun, partout où c'est possible ». Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette « À l'heure actuelle, on lance la construction d'une échelle pour aller cueillir des fruits en haut de l'arbre alors qu'on peut en avoir en tendant la main » « Ce qui fait que le vélo n'est pas pris en compte, c'est que c'est vu comme une solution très locale. Les négociateurs voient mal comment des engagements internationaux pourraient être pris là-dessus, déplore Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette. C'est un mauvais calcul, selon nous. On pourrait avoir des échanges entre États pour rehausser le niveau des ambitions sur le vélo, élaborer ensemble les meilleures pratiques, avoir une co-construction même si les initiatives sont locales. Globalement, on voudrait aussi une reconnaissance que le progrès technologique ne suffit pas. À l'heure actuelle, on lance la construction d'une échelle pour aller cueillir des fruits en haut de l'arbre alors qu'on peut en avoir en tendant la main. » Avant le début de l'évènement, plus de 250 associations pro-vélos, dont la FUB et l'Union Cycliste Internationale, avaient interpellé les gouvernements présents en Écosse. « Les leaders doivent s'engager à booster le cyclisme pour réduire les émissions carbone et atteindre les objectifs climatiques plus rapidement et plus efficacement, haranguaient-elles dans une lettre ouverte, qui n'a que peu fait réagir. Les transports sont responsables de 24 % des émissions directes de CO2, via la combustion de carburant. Les véhicules routiers constituent presque trois quarts de ces émissions et ce pourcentage ne diminue pas. [...] Utiliser le vélo, c'est ne rien émettre, avoir un impact socio-économique positif et réduire la pollution. »

« Une opportunité manquée » En interview à la chaîne canadienne CBC, Jill Warren, présidente de la Fédération européenne des cyclistes, a estimé que la COP26 était « vraiment une opportunité manquée ». « Ce n'est pas surprenant qu'autant d'attention soit donnée aux véhicules électriques, parce que les intérêts établis de l'industrie automobile continuent à être forts », a-t-elle regretté. « On n'a pas des techniques d'influence aussi efficaces que celles des lobbys en place et pas d'acteurs qui poussent avec nous, parce qu'il n'y a pas de milliards derrière, rejoint Olivier Schneider. Il faut qu'on soit plus efficaces dans notre manière de vendre nos messages. » En marge du sommet, les militants ont quand même essayé de se faire entendre. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont rassemblé les photos de leurs vélos sous le hashtag #CetteMachineCombatLeChangementClimatique. Samedi dernier, près d'un millier de cyclistes ont convergé vers Glasgow, malgré le vent et la pluie, pour porter leur message, répondant à l'appel de l'association écossaise Pedal on Parliament. Aucune surprise à leur arrivée sur le Scottish Event Campus : si le parking pour voitures était suffisamment vaste pour accueillir tous les véhicules présents, les arceaux pour vélos se faisaient bien rares...

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