Vélo Mag - À l'Anthracite Gravier, on roulera pour Max

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L'Anthracite Gravier, qui se déroulera dimanche, est une très belle épreuve de Gravel à l'entrée des Cévennes. Organisée par des gens de coeur, elle est cette année dédiée à la reconstruction d'un jeune cycliste gravement blessé. « L'automne aura un goût Gravel » : c'est l'affiche qui le dit. Au nord du département du Gard, au sommet du col de Portes, un étonnant château médiéval marque l'entrée des Hautes-Cévennes. C'est là, au pied du château de Portes, que seront donnés dimanche prochain les départs de la première Anthracite Gravier, l'épreuve Gravel organisée par l'Amicale Cycliste Grand-Combienne. L'anthracite, c'est ce charbon de qualité exceptionnelle qui fit la prospérité du pays. « Ici, commente Ofélie Tastavin, cycliste d'ultra-distance et membre du comité d'organisation, nous sommes tous enfants ou petits-enfants de mineur. L'exploitation des mines est révolue, mais il nous reste un pays magnifique. À force de le sillonner nous-mêmes en Gravel, nous avons eu envie de le faire découvrir. Nous avons commencé à tracer les parcours pendant l'hiver. » Gravel d'automne Dans ce paysage encore magnifié par les premières couleurs de l'automne, les participants auront le choix entre trois parcours. La dénommée « Briquette » (par référence aux briquettes de charbon servant de combustible aux chaudières des bateaux) se présente comme une initiation de 30 km à cette discipline particulière, un peu hybride, qu'est le Gravel. Même si, comme le précise Ofélie Tastavin, « Il n'est pas question pour nous de confondre Gravel et VTT. Nous empruntons de belles pistes forestières et du chemin propre. Même sur le long parcours, plus engagé, du "Coup de Grisou" [100 km et 2 800 m de D +, ndlr], tout passe à vélo, à aucun moment les participants n'auront à mettre pied à terre pour pousser le vélo. »

Enfin, pour ceux qui, un peu mieux aguerris, ne sauraient se contenter de 30 bornes, mais qui ne veulent pas pour autant passer leur journée à vélo, il y a la « Mine de rien », et ses 50 km pour 1 100 m de D +. Paysages somptueux, topographie idéale : voilà qui suffirait amplement à justifier le déplacement. Pour ne rien dire des bénévoles aux petits oignons qui à l'heure même où vous lisez ces lignes bichonnent et balaient les pistes, ni du café croissant qui sera offert avant le départ. Mais il y a plus. Solidarité Car cette première Gravel Anthracite sera implicitement dédiée à Max Méroth, et solidaire de son combat. Max est un jeune homme de vingt ans comme il y en a d'autres : absolument singulier. « Un gamin qui porte son univers, et le nourrit », selon les mots de François, son père. Il étudie la géographie - « sans passion excessive », dit encore ce dernier dans un sourire. C'est qu'à la carte, Max préfère le territoire : il aime le grand air et la nature. Le vent, la lumière, l'odeur, les images et la mémoire. Du vélo, la double dimension : exploration, introspection - le voyage, le bivouac, et la vitesse, la compétition. Outre le cyclisme, il pratique l'escalade, l'accordéon et la photo animalière. Il faut l'imaginer après 72 heures d'affût dans la neige et dans le nuage silencieux de son haleine, apercevoir enfin le lynx. Les photos sont visibles sur son site. Mais au printemps dernier, grave, bête, l'accident se glisse sous ses roues, qui endommage la moelle épinière. L'accident est « ce qui survient », il n'a pas d'autre définition. « On sait très bien que ça peut nous arriver à tous », dit sobrement Ofélie Tastavin. Que ça peut nous arriver à tous, oui, et qu'il n'y a pas d'autre choix que de continuer à vivre sans ce qu'il nous a pris, avec ce qu'il nous a laissé. Un corps aux pouvoirs limités, reconfigurés peut-être. Car depuis lors, c'est dans un centre de rééducation de Montpellier que Max exerce son métier d'homme. La reconstruction est difficile, que nous ne détaillerons pas. Il carbure au courage et à l'amour dont il est entouré. Mais il sourit, d'un sourire qui semble intact, et il embrasse l'accordéon. Alimentant tout ce petit miracle de la chaleur humaine, ses potes viennent faire visite, depuis Lyon qui n'est pas la porte à côté. Trente-six visites au compteur. Pour leur faciliter la tâche, et payer chambres ou billets de train, François a ouvert une cagnotte en ligne, à laquelle s'associe l'Anthracite Gravier, qui y reversera un euro par dossard, et qui organise conjointement une rando pédestre, libre de droits d'inscription puisque toute la recette y sera consacrée. Pour s'engager, c'est par ici.

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