Vélo Mag - Avec « Ambrocela », le VTT s'invite dans les films d'aventures

L'Equipe.fr
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En vingt minutes d'images sublimes, « Ambrocela » retrace le périple de trois jours à VTT dans les Alpes du pilote Fred Horny. Il sera projeté durant plusieurs festivals dédiés à l'aventure ou à la discipline.

À l'époque des réseaux sociaux, on peut être athlète professionnel sans disputer de compétition. Cela suppose d'affûter son inventivité en sus de sa condition physique puisqu'il s'agit toujours, sous une forme ou sous une autre, de créer de l'image pour son sponsor. Ainsi Fred Horny, pilote Lapierre, fait-il métier de ses aventures à VTT, toujours orientées sur la rencontre et la confrontation aux paysages les plus grandioses : Kirghizistan, Éthiopie, Norvège, Causase sont autant de lieux où il a laissé la trace éphémère de ses dérapages, et celle, moins délébile, de moments partagés avec « l'habitant ».

Depuis un an, la pandémie complique la logistique des voyages. Mais surtout, elle le pousse à réfléchir. D'une part, Fred se serait senti coupable d'user des ficelles dérogatoires liées à son statut pour s'offrir quelque trip du bout du monde. D'autre part, la crise se présente comme l'occasion de réexplorer son environnement immédiat. « L'idée, c'était que le voyage commence sur le pas de la porte, raconte le pilote. De partir du constat qu'on ne voit plus les paysages qui nous sont familiers alors qu'ils restent largement inexplorés, qu'on ne s'adresse pas aux gens, au seul motif qu'ils vivent à côté de nous, alors qu'on ne les connaît pas, ou si peu ! »

Le dépaysement à portée de main
Le film « Ambrocela » témoigne de cette « anthropologie du proche ». Le court-métrage relate certes, un défi sportif, mais illustre surtout cette idée d'un dépaysement à portée de main. Au départ de Val d'Isère où il vit, Fred Horny rejoint Chamonix en passant par quelques-uns des plus hauts sommets roulables à VTT. Scène d'ouverture : alors qu'il part, accompagné de son camarade Guillaume Geisert, à l'assaut de la Grande Sassière, les frontales découpent péniblement la nuit et la brume. Mais quelques heures plus tard, la récompense est là, dans un romantisme à la Caspar Friedrich : les cyclistes roulent sur une crête émergeant de la mer de nuages, sous la majesté étincelante des sommets.

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Les vingt minutes d'image signées Jérémie Reuiller sont absolument somptueuses : des hommes réduits aux dimensions d'insectes dévalant des paysages abrupts et colossaux, des ciels tour à tour limpides et tourmentés. Le périple déroule les changements d'un décor essentiellement minéral, car d'altitude. Le col de la Seigne offre un point de vue extraordinaire (dans les deux sens du terme, à la fois magnifique et inhabituel) sur le Mont-Blanc, très proche.

La tournée des festivals
Après la descente, la vallée large et ocre par laquelle Fred Horny rejoint Courmayeur n'est pas sans évoquer l'Asie centrale. Le héros du film, c'est la montagne, et son propos le dépaysement. Ambrocela ne porte absolument pas l'accent sur les prouesses techniques des pilotes (et pourtant). Et même si est évoquée la possibilité d'une vie partiellement « déconnectée » des turpitudes technologiques (en chemin le cycliste fait visite à des amis plus ou moins retirés), c'est surtout un merveilleux bol d'air, la gifle du vent dont nous avons tous tant besoin.

Ambrocela sera notamment projeté au Festival international du film aventure et découverte de Val d'Isère, du 19 au 22 avril. Il suffira de se connecter pour visionner les films, assister aux débats et poser ses questions aux réalisateurs via les réseaux sociaux. Au programme, outre Ambrocela : surf, transhumances ou encore l'histoire d'un piano dans l'Himalaya.

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Le film sera ensuite diffusé au tout nouveau Festival « Inspire » du film VTT tenu dans le cadre du Vélo Vert Festival. Organisé le 4 juin à Villard-de-Lans, l'évènement se focalise quant à lui sur les films VTT. Aventure, exploration, exploit sportif... Les candidatures sont d'ailleurs toujours ouvertes. Yannis Pelé, Cédric Tassan, Mathieu Ruffray, Kilian Bron, tous grands maîtres du singletracks à flanc de précipice, s'y disputeront le coeur du jury (et du public) à grands coups de paysages escarpés. Une raison de plus, s'il en fallait une, de ne pas manquer le Vélo Vert Festival.