Vélo Mag - Un après le confinement, comment le vélo a grandi dans le monde ?

L'Equipe.fr
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Érigé en geste barrière contre le coronavirus, le vélo connaît un développement éclair aux quatre coins du monde depuis le début de la pandémie. Pour le premier anniversaire du confinement, un point sur cette évolution dans le monde entier. Les chiffres du dernier rapport Vélo & Territoires, publié en janvier dernier, étaient éloquents : la pratique du vélo ne cesse d'augmenter en France, et ce, particulièrement depuis le début de la pandémie de coronavirus. En 2020, le nombre de passages de vélos a progressé de 10 % sur tout le territoire, 27 % même si l'on exclut les périodes de confinement. Ce regain de popularité ruisselle sur l'ensemble du monde du cyclisme français : les ventes de vélos ont explosé, particulièrement pour ce qui est des engins électriques, comme en témoignent les ruptures de stocks dans de nombreux magasins partout dans le pays. Durant le confinement, le plan vélo impulsé par le gouvernement français en 2018, a contribué au développement du cyclisme. Valable jusqu'au 31 mars, le Coup de pouce vélo (un chèque de 50 euros alloué à la réparation de vélos) a déjà bénéficié à plus d'1,5 million de Français. Dans le même temps, des « coronapistes », créées au moment du premier confinement pour répondre à l'afflux de cyclistes, sont en passe d'être pérennisées. Dans le Grand Paris, l'État a débloqué une rallonge de 17 millions d'euros, la semaine dernière, pour transformer 22 nouveaux aménagements cyclables en pistes définitives. En septembre, Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports, avait appelé à investir sur ces pistes, « si leur bilan le justifie ». lire aussi Le marché de l'occasion renouvelé En Europe, les grandes capitales sont plus cyclables À l'image de ce qu'il s'est passé en France, le coronavirus a permis une vraie prise de conscience des citoyens européens. D'après une étude conduite par YouGov dans 21 grandes villes européennes, 64 % des sondés ont confié ne pas vouloir revenir « au niveau de pollution d'avant-Covid ». 68 % se sont dit prêts à retirer des aménagements pour les voitures au profit des cycles, tandis que 21 % comptent faire « plus de vélo » une fois la pandémie passée. Sensibles à ces demandes, les municipalités ont répondu avec des mesures fortes : d'après la Fédération européenne des cyclistes, 1 million d'euros a été investi dans des infrastructures cyclables depuis le début de la crise, pour créer près de 1 000 km de pistes. Conséquence de ces directives : les métropoles des grands pays du Vieux Continent, comme Lisbonne, Barcelone ou Milan, ont vu leur fréquentation cycliste augmenter, pour les résidents mais aussi les touristes de passage. Pour Will Norman, délégué au cyclisme à la mairie de Londres, c'est clair : il est « vital de continuer à construire sur l'héritage positif de cette pandémie ». lire aussi Pénurie : un vélo dans six mois ? Aux États-Unis, un boom qui n'en finit pas De l'autre côté de l'Atlantique, le « cycling boom », comme l'avaient appelé les médias américains, s'est également poursuivi sur l'année passée. Le constat est le même qu'en France : d'après le New York Times, les ventes de vélos ont augmenté de 65 % sur l'ensemble du pays entre 2019 et 2020. Un total qui s'élève même à 145 % pour ce qui est des VAE. Par conséquent, le nombre de passages à vélos a augmenté dans plusieurs grandes métropoles américaines, comme New York et Philadelphie. Aux États-Unis plus encore qu'ailleurs, la période a été propice au développement du home-trainer et du vélo d'appartement. Sous le feu des « spotlights », la marque californienne Peloton, utilisée par Joe Biden, qui produit des vélos connectés : en novembre, elle confiait avoir vu ses ventes, qui devraient rapporter 4 milliards de dollars en 2021, augmenter de 232 %. Reste à voir si ce succès, dont la courbe de progression commence déjà à se lisser, se poursuivre une fois les salles de sport réouvertes.

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lire aussi « Dès qu'il y a une crise, le vélo en profite », explique Frédéric Héran Dans le reste du monde, des foyers épars Le phénomène du vélo a également pris dans le reste du monde, particulièrement dans les zones où le coronavirus a sévi violemment. En Inde, où le million de cas a été atteint, plusieurs magasins témoignent de pénuries de vélo. Dans le Guardian, un représentant du Studio Bike de Bhopal témoignait : « Les gens sont venus en nous disant que pédaler était le meilleur moyen d'éviter les transports en commun bondés. 90 % sont des gens qui n'avaient pas eu de vélo depuis leurs cinq ou six ans. » Même son de cloche pour des magasins en Argentine et en Australie. Dans des zones moins touchées par le virus, le déclic mondial autour du vélo a son petit impact. À Nairobi, alors que le Kenya n'a connu « que » 116 000 cas positifs depuis le début de la pandémie, certains magasins témoignent d'un effet vélo, malgré l'absence d'aménagements cyclables.