Vélo Mag - Confinement : pour les cyclistes loisir, le retour des restrictions

L'Equipe.fr
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Si le vélotaf est autorisé sans restriction depuis le « reconfinement », les sorties cyclistes loisir sont limitées à une heure et un kilomètre autour de son foyer, ce que déplorent certains usagers. Pour les Français, les annonces de Jean Castex, le 29 octobre dernier, avaient un sacré air de déjà-vu. Le confinement, ou plutôt « reconfinement », annoncé comme seule solution viable face à la deuxième vague du coronavirus, ressemblait grosso modo à sa première mouture, qui a duré un mois et demi entre mars et avril. Seules quelques divergences ont vu le jour : l'ouverture des écoles, les visites autorisées dans les maisons de retraite... Mais rien concernant les cyclistes, au grand dam de certains concernés. Dans sa conférence de presse, le Premier ministre n'a pas évoqué directement le vélo. Au moment d'aborder les nombreuses exceptions de déplacements, Jean Castex a bien évoqué la pratique d'une activité physique, pouvant avoir lieu dans le cadre de la sortie autorisée d'une heure dans un rayon d'un kilomètre autour de son domicile. Mais il a cité comme exemple « le jogging », sans parler du vélo. Pour plus de précisions, il faut se référer au décret n°2020-310 qui exclue uniquement de ces déplacements brefs « toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d'autres personnes ».

La Mountain Bikers Foundation réclame de la souplesse Non mentionnée, la pratique du cyclisme loisir en solitaire est donc elle autorisée... tant que la sortie n'excède pas le périmètre de sécurité. Une situation qui agace beaucoup de pratiquants, qui estiment que leur sport, particulièrement dans des zones rurales, peut se pratiquer sur de plus longues distances sans risque sanitaire. Mardi, la Mountain Bikers Foundation, association nationale de VTTistes, a officiellement réclamé « un ajustement à la hausse du 1km/1h ». « Ce créneau semble compliqué à tenir, notamment sur le long terme, pour des raisons d'équité entre les citoyens et de bon équilibre entre rigueur sanitaire et bien-être physique et moral apporté par la pratique d'activité en pleine nature », a avancé le comité directeur du MBF dans un communiqué. Sans que la Fédération des Usagers de la Bicyclette ne se positionne officiellement sur le sujet, son président, Olivier Schneider s'est fendu d'un tweet : « On note qu'en extérieur, et notamment à vélo, même lors de contacts "longs", le risque de transmission est faible, a-t-il expliqué. Laissez les cyclistes tranquilles. Les empêcher de pédaler, c'est se tromper de combat. »

Le port du masque n'est pas obligatoire Les protestations concernent uniquement les déplacements loisir, puisque le vélo est autorisé pour tous les motifs présentables sur l'attestation pour des sorties bravant le confinement, notamment pour se rendre au travail. Si des contraventions zélées sont parfois distribuées par des forces de l'ordre pas toujours au fait de la réglementation du confinement, elles sont, dans ce cas de figure, contestables sur le site de gouvernement.

Les autorités ont aussi appris de leurs erreurs du premier confinement, où elles avaient longtemps tergiversé avant d'autoriser à rouler sans porter de masque. Celui-ci n'est obligatoire qu'avant ou après être arrivé à sa destination, conformément aux préconisations de l'OMS, qui estime que le masque peut être gênant pour la respiration en cas d'important effort physique.