Vélo Mag - Les conseils pour rouler à vélo en ville en toute sécurité

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Tant qu'il ne sera pas à l'abri sur une piste cyclable physiquement isolée de la circulation automobile (par un muret, ou par les piles qui feraient de ladite piste un pont, une voie aérienne) le cycliste encourra mille-et-un dangers. Des accidents malheureusement surviennent chaque jour, trop souvent mortels. Et la route n'est certes pas un champ de gloire où il conviendrait aux héros de périr. À chaque fois la question n'est pas de savoir à qui revient la faute, à l'automobiliste inconséquent ou au cycliste imprudent. Seul ce fait compte : le second n'a pas de carrosserie, il est éminemment plus fragile.
C'est donc à lui que la seule logique impose l'observance de quelques règles, que ce soit en ville ou à la campagne. Il ne s'agit pas d'être irréprochable, ce n'est pas un concours de moralité, mais bel et bien de sauver sa peau. Il va sans dire que la prudence commence par là. Rouler à droite et en ligne, sur la piste cyclable quand elle existe. Pour peu qu'on ait un compagnon, on se rangera l'un derrière l'autre sitôt qu'on entendra/sentira approcher une voiture, pour ne pas la gêner. Rouler de front n'est pas interdit, mais c'est une tolérance et, encore une fois, la question de la légitimité ne pèse rien : il n'est que votre fragilité qui compte.
Il vaut mieux faire profil bas avec les brutes. La tentation est grande, une voiture vous frôle et klaxonne, d'adresser un signe digital à l'arriéré qui vous met en danger. N'en faites rien. Jouez-là stoïque. On risque trop gros à tenter la bêtise : souvenez-vous de la mésaventure de Yoann Offredo, molesté.
Eh oui. Un cycliste raisonnable tend le bras dans la direction où il va tourner. Après tout, c'est le code de la route, c'est la moindre des choses et ce peut être vital. Tourner la tête pour s'assurer d'avoir été vu, et croiser le regard de l'autre, c'est une assurance supplémentaire.
Ce n'est pas parce qu'on roule doucement qu'on ne court aucun risque. Surtout en ville où les dangers sont multiples, non seulement parce qu'un véhicule peut vous renverser mais aussi parce que le mobilier urbain dispose pléthore d'objets que la tête est susceptible de heurter dans sa chute : plots divers, barrières, bordures de trottoirs et autres festons bétonnés. Là encore, se souvenir du coureur professionnel Andreï Kivilev, mort consécutivement à une chute à faible vitesse (il montait un col).
Les véhicules ne sont pas toujours hermétiquement clos, et l'on peut vous entendre. Mais il faut élever la voix. Y compris avec les piétons, souvent bien plus isolés par leur casque audio que les conducteurs par la tôle. Personne n'a d'yeux dans le dos, et tout le monde est distrait à ses heures. Sonnette, klaxon, ou d'aimables avertissements - type « pardon, pardon, ou attention » - évitent bien des collisions. Timbrez votre voix !
Là encore, on n'est jamais assez bien vu. On trouve aujourd'hui pour des prix très raisonnables de petits éclairage Led extrêmement efficaces (70 lumens pour un éclairage arrière, et jusqu'à 400 pour un phare !), offrant plusieurs rythmes de clignotements, tirant l'attention quelle que soit la lumière ambiante.
Bien souvent la vitesse n'est pas adaptée à l'étroitesse des bandes cyclables et, surtout, celles-ci sont susceptibles d'être traversées à tout instant par des piétons. Par ailleurs, la cohabitation avec les autres vélos impose une « harmonisation » implicite de la vitesse.
C'est un grand classique : vous roulez le long d'une file de voitures garées, une portière s'ouvre d'un seul coup, et vous voilà à terre. N'oubliez donc pas : il faut garder un oeil, scruter à travers les vitres, et à défaut d'y voir clairement, « deviner » de quelle boîte va surgir le diablotin.
Vous roulez donc sagement sur la droite de la chaussée, entre deux files de voitures : la file immobile sur votre droite et la file mobile à votre gauche. Aussi dangereuse que la portière, la place vacante sur laquelle, l'ayant subitement repérée, un automobiliste va se jeter sans un coup d'oeil au rétroviseur (d'ailleurs, vous êtes dans l'angle mort), en vous coupant la route. Là encore, il s'agit d'anticiper, le cycliste est réduit à l'intuition. Mais il est à noter que dans ce cas précis, un phare clignotant placé sur votre guidon aura éveillé l'attention - même « inconsciente » - du conducteur.
Ça peut sembler idiot, tant ça tombe sous le sens. Mais il faut se souvenir que la ville est le domaine par excellence des freinages d'urgence. Il est donc indispensable que vos freins soient entretenus : vérifiez l'usure des patins et la distance qui les sépare de la jante. Au besoin adaptez la tension du câble. Si vous empruntez ou louez un vélo, ne vous laissez pas surprendre : testez la réactivité des freins.
Même arrêtés aux feux rouges, ils sont des dangers redoutables. Des monstres à peu près aveugles : quand vous les remontez par la droite le chauffeur ne vous voit pas, et il n'est pas rare, malheureusement, qu'un pauvre cycliste soit serré contre le trottoir, ou contre un mur, par un camion qui redémarre et tourne à droite.

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