Vélo Mag - Garer son vélo sans crainte

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Face aux importants risques de vol de vélo, deux étudiants ont créé Velhome, une plateforme de mise en relation entre particuliers pour faciliter et sécuriser le stationnement du vélo en ville. Comme nombre d'étudiants, Paul Ravet et Octave Kleynjans ne se déplacent qu'à vélo. Ou plutôt ne se « déplaceraient » qu'à vélo, si la probabilité de se le faire voler n'était pas si importante. En effet, pas moins de 1 076 vols de vélos sont recensés en France chaque jour, soit 400 000 par an. Environ 50 % des cyclistes en auraient déjà été victimes. Alors que 92 % d'entre eux disent craindre le vol de leur vélo, on se demande presque qui sont ces 8 % restant ! Bien sûr, le phénomène concerne la ville plus que la campagne. Dans les métropoles, où explose le nombre des cyclistes, il est acquis qu'un vélo qui dort dehors est un vélo perdu à court ou moyen terme. Et que la menace du vol pèse aussi sur le stationnement de courte durée : difficile d'aller sereinement à vélo au cinéma, faire ses courses ou boire un verre. 50 % des bicyclettes volées le sont dans la rue, les autres dans les espaces communs des immeubles (cours, halls...). lire aussi Toute l'actu du vélo Stationnement : « Personne sur le one shot » La volonté de remédier à cette fâcheuse situation a inspiré à nos deux étudiants l'idée de la plateforme Velhome, qui met en contact les cyclistes avec des « hôtes » potentiels, personnes de confiance chez qui la précieuse monture sera à l'abri le temps nécessaire. « À Paris ou à Lyon, il y avait déjà quelques acteurs concernant le stationnement régulier, raconte Octave Kleynjans, qui proposaient la location d'un emplacement au mois ou à l'année, mais personne sur le one shot. » Or, c'est bien le stationnement ponctuel qui pose problème en milieu urbain - notamment dans les zones à risques que sont les gares ou les centres-villes - et qui décourage de nombreux utilisateurs. Velhome offre donc la possibilité à qui le souhaite de repérer un hébergeur dans le quartier où il projette de se rendre, et de laisser son vélo sous bonne garde. « Même si la plateforme n'intègre pas, pour l'heure, de système de paiement, nous avons voulu laisser aux hôtes la liberté de facturer le service, poursuit M. Kleynjans. Mais, de fait, la plupart d'entre eux tiennent à le faire gratuitement, par solidarité entre cyclistes ». Ainsi, en lieu et place d'une relation marchande s'établissent parfois des relations tout court, et il arrive qu'en guise de paiement un pack de bières fasse l'affaire. Recenser et cartographier Lancée en juin 2021, la plateforme compte aujourd'hui un peu plus de 400 hôtes répertoriés sur une carte, pour environ 150 mises en relation. Idéalement, la croissance de Velhome passe par le développement d'une application avec géolocalisation. « En tant qu'étudiants, nous ne disposons pas d'un gros budget, et travaillons en ce sens avec d'autres étudiants de Centrale Supelec. Outre la géolocalisation qui permettrait de trouver un hôte en temps réel, nous souhaitons intégrer une messagerie interne, un système de notation et de commentaires... ». lire aussi Les données de la communauté vélo, enjeu pour les collectivités Suite au vol, peu de plaintes sont déposées et peu de véhicules sont retrouvés. Le plus souvent, les victimes surveillent les sites de revente entre particuliers et postent sur les réseaux sociaux (où existent, localement, des groupes dédiés) une photo de leur machine disparue. Mais la méthode est peu efficace, car sur les fils d'actualité où les posts s'empilent, et où chacun enfonce le précédent, la visibilité est éphémère. Ainsi, Velhome se propose même de recenser les vols sur les territoires français et belges, de sorte à donner une visibilité permanente aux vélos disparus, à faciliter le contact avec leur propriétaire, ainsi qu'à établir une cartographie des zones à risque. Mais pour cela, chaque vol doit être déclaré sur la plateforme.

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