Vélo Mag - Maison Tamboite : des vélos et bicyclettes de haute-couture

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Plus que centenaire, la Maison Tamboite propose des vélos de ville d'ultra-luxe. Des créations mêlant acier chromé, bois et cuirs raffinés, dans un esprit haute-couture. Des vélos sophistiqués, mais pas selon les exigences technologiques de la performance. Plutôt des vélos élevés aux dernières limites d'un raffinement qui est à lui-même sa propre fin. Tel est la façon de faire de la maison Tamboite qui confectionne non pas des vélos de course pour rouler vite, ou pour rouler partout mais bien des vélos de ville, conçu autant pour la contemplation et la caresse que pour la promenade. Des objets simples mais extrêmement luxueux, de purs objets esthétiques. Voilà ce que propose la maison Tamboite. Des cadres aciers sur mesure, assemblés dans des raccords chromés aux entrelacs maniéristes. Des selles d'un cuir dont les moirures feraient passer vos Berlutti pour des chaussures de baskets, un cuir qui, cousu main, enveloppe jusqu'aux gaines de frein. Des jantes et/ou des garde-boues en bois dont vous, client, pouvez choisir la teinte du vernis. C'est en 2015 que Frédéric Jastrzebski a fait le choix de relancer la marque que son arrière-grand-père avait C. Artiste peintre, Léon Leynaud n'aurait vécu que pour les couleurs, s'il n'était de surcroît tombé amoureux de la bicyclette. Après un passage chez le fabricant Diamant, Léon s'installe à son compte et monte sa première affaire, les cycles Rich, ouvrant une, puis deux boutiques parisiennes. Comment réussir la conception d'un vélo ? Léon partage alors sa puissance créative entre le chalumeau et les pinceaux : cette double passion le rapproche du grand Maurice Vlaminck. Installé à Chatou en banlieue parisienne, le futur chef de file du «fauvisme» gagna un temps sa vie comme coureur cycliste. En 1928, les cycles Rich reprennent l'affaire de Maurice Tamboite, ex-star du Vel' d'Hiv'. Ainsi naît la maison Tamboite, dont les créations raffinées séduiront le tout-Paris, et qui s'attirera des clients aussi prestigieux que Marlène Dietrich, Maurice Chevalier ou encore Bourvil. Aujourd'hui, alors que la civilisation du tout-voiture est remise en question, et que l'usage du vélo est un enjeu majeur de la mobilité urbaine, Frédéric Jastrzebski assume son héritage, et renoue le vélo à l'esprit parisien de chic et d'élégance, dans un esprit « haute couture ». La maison propose quatre modèles différents à ses clients. Il y a tout d'abord le «Henry», qui est un «porteur»associant le cuir omniprésent aux freins à disque et aux gardes-boue de bois. Sur la roue avant, le coffret qui fait office de panier, enferme dans une armature chromé un plateau de bois fixé au moyen de pattes en cuirs et boutons-pression. Il comprend un double-fond dissimulé, destiné à ranger un portefeuille, par exemple. Une cartographie qui aide les cyclistes en ville Vient ensuite le «Dalou», qui lui ressemble presque trait ou pour trait, mais en version «cadre ouvert» et qui est destiné «pas seulement pour les dames», nous dit Vincent Rebours, chargé de la communication. Plus facile à enfourcher sans déchire son costume à l'entrejambe. Notez que ces deux modèles sont proposés au choix en version «musculaire», avec un moyeu 11 vitesses par exemple, ou équipés d'un moyeu à assistance électrique. Le «Marcel» est un hommage au pistard émérite que fut Maurice Tamboite : un vélo de piste aux jantes en bois, mais équipé de freins discrets. Enfin, le «Fauve» est un sublime vélo urbain à guidon plat et entraînement par courroie. Il comprend notamment une fourche et des haubans chromés, des jantes en bois et une trousse de réparation en cuir cousu. Bien sûr, on parle ici d'une production relativement confidentielle et pas à la portée de toutes les bourses. C'est un luxe ahurissant de détails, avec le temps de travail qu'ils exigent, qui fait la valeur de ces pièces d'exception. Quant aux délais de fabrication : «il faut considérer l'attente comme expansion du désir», conclut Vincent Rebours.

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