Vélo Mag - La marque historique Dilecta renaît de ses cendres

L'Equipe.fr
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Marque historique du cyclisme français, à l'arrêt depuis 1968, Dilecta renaît en 2021. Les premiers exemplaires de ses nouveaux modèles sont disponibles à la commande dès avril.

Le nom rappellera de beaux souvenirs aux d'amoureux du cyclisme d'antan et aux amateurs de quiz de culture générale. La marque Dilecta fait son retour, 53 ans après avoir mis fin à sa production de cycles et quitté les pelotons professionnels, avec de nouveaux modèles disponibles à la commande à compter d'avril (et du 15 mars pour le textile). Relancée par Éric Vanhaverbeke, fils d'un ancien coureur, elle témoigne du retour à la mode du savoir-faire à la française.

Pélissier et Darrigade en ambassadeurs
L'histoire de Dilecta nous ramène, irrémédiablement, au Blanc, dans l'Indre. C'est là, dans les ateliers d'avant-guerre, que la fabrication de cycles commence. À son plus fort, en 1936, elle atteindra les 25 000 vélos produits. La suite logique est l'entrée en compétition, dès les années 20. Les vedettes de Dilecta sont alors les trois frères Pélissier, Henri, Francis et Charles. C'est d'ailleurs avec le paletot blanc de la marque berrichonne que le premier nommé, vainqueur du Tour de France en 1923, achève sa carrière.

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Quarante ans plus tard, c'est un autre illustre nom du cyclisme tricolore qui imite la trajectoire de l'aîné Pélissier : André Darrigade, champion du monde 1959, raccroche son vélo après une dernière pige au sein de l'équipe Kamomé-Dilecta-Dunlop, en 1966. La marque disparaît des pelotons l'année suivante, terrassée par la concurrence disproportionnée des grandes industries, parmi lesquelles Peugeot. Pour autant, Le Blanc n'a jamais oublié Dilecta et lui ouvrira un musée en 2022.

S'il y en a un qui n'a jamais oublié Dilecta non plus, c'est l'homme à l'origine du retour de la marque, Éric Vanhaverbeke. « Mon père faisait partie de l'équipe Kamome-Dilecta, avec André Darrigade, se souvient-il. Je faisais du tri d'affaires dans son garage et je suis tombé sur des articles de lui en Dilecta dans un carton. De fil en aiguille, j'ai appelé des anciens coureurs, le maire du Blanc, je suis allé voir d'anciens vélos... J'ai eu un accueil très enthousiaste de tout le monde, qui prouve qu'il y avait un lien émotionnel et affectif plus fort qu'avec une marque lambda. Ça a confirmé ma volonté de la faire renaître. »

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Un hommage au passé de la marque
Le Dilecta nouveau se nourrit de ce glorieux passé. Les produits sont fabriqués dans le Centre-Val-de-Loire, à quelques kilomètres du Berry cher à Albert Chichery, le primo-créateur de la marque. Les deux modèles qu'elle commercialise déjà sont surnommés Le Blanc, du nom du lieu de naissance de l'entreprise, et le Forçat, référence directe aux « Forçats de la route », une expression issue d'un article de presse écrit par Albert Londres au sujet... des frères Pélissier. Avec ces deux vélos, le premier pour la route, l'autre orienté gravel, les créateurs affirment vouloir « respecter l'histoire de Dilecta et son ancrage local. »

L'autre point fort sur lequel s'appuie cette renaissance, c'est en effet le retour du « vélo à la française ». Le phénomène n'est pas neuf : la relocalisation des productions Mercier ou de l'usine de la Manufacture française du cycle, tout comme le récent rachat de Mavic, témoigne d'un léger rebond du cycle hexagonal. « Pour nos composants, on s'appuie sur des marques comme Mavic, Hutchinson ou Zéfal, conclut Éric Vanhaverbeke. On essaie d'avoir du français et de prioriser le local. On ne voulait pas se revendiquer français en faisant importer d'Asie, ni faire renaître la marque pour coller des autocollants sur des cadres... »