Vélo Mag - Plan vélo : trois ans de « réussite », et après ?

·3 min de lecture

Se félicitant du succès annoncé, chiffres à l'appui, du Plan vélo, à l'occasion de son troisième anniversaire, le gouvernement a maintenu des objectifs numériques ambitieux pour 2024. « Ce quinquennat aura été celui de la naissance d'une nation du vélo », a affirmé Barbara Pompili, conquérante, en conférence de presse. À l'occasion du troisième anniversaire du Plan vélo, la ministre de la Transition écologique avait réuni la presse au boulevard Saint-Germain pour dresser le bilan de ce plan pluriannuel, voué à faire croître le cyclisme partout en France. Un objectif en partie rempli, tant la pratique s'est développée sur tout le territoire ces derniers mois, les chiffres témoignant d'un vrai élan. Mais il reste un long chemin à parcourir pour atteindre le but annoncé pour 2024 : « tripler la part modale du vélo dans les déplacements du quotidien ». lire aussi Vélo Mag : deux mois et demi après, le bilan positif du « Coup de pouce vélo » Sur le papier, le bilan a fière allure, tant tous les secteurs du cyclisme sont en hausse. Au niveau de la pratique, par rapport à 2019, ce sont donc 28 % de Français en plus qui pratiquent le vélo, ce chiffre s'élevant même à 41 % le week-end. Au niveau des aménagements, le nombre de pistes cyclables a augmenté de 30 %, grâce entre autres aux « coronapistes », avec désormais 53 000 km de réseau sur tout le territoire. Au niveau commercial, les ventes de vélos à assistance électrique ont explosé et ont été multipliées par 4 depuis 2016. Olivier Schneider, Président de la Fédération française des Usagers de la Bicyclette. « L'épidémie a joué un rôle » Si le gouvernement est bien heureux de s'attribuer cette progression, il est dur de quantifier à quel point elle est due au plan vélo ou à la prise de conscience écologique et sanitaire post-confinement. « L'épidémie a joué un rôle, a confirmé Olivier Schneider à La Croix. Mais le bond en avant que l'on a constaté, notamment grâce à l'aménagement des « coronapistes », a été facilité parce que le plan préexistait. [...] Jusque-là, les plans vélo, et notamment celui de 2012, n'étaient que des espèces d'intention. Celui-là est le premier de l'histoire à être financé. » Depuis le lancement du plan, ce sont 600 millions d'euros qui ont été investis par l'État, un montant « inédit », dixit Pompili, pour la petite reine. À ce total, vont venir s'ajouter 250 millions supplémentaires, qui seront mis sur la table sur cette fin d'année et en 2022, dont 150 pour subventionner des aménagements cyclables régionaux et 50 pour développer le stationnement dans un millier de gares françaises. Arriver au niveau de l'Allemagne Avec cette somme, le ministère vise toujours le même cap, celui fixé au lancement du plan vélo : tripler l'usage du vélo en France, en passant de 3 % de part modale à 9 %, d'ici à 2024, pour viser 12 % en 2030. Des chiffres qui porteraient le cyclisme hexagonal au niveau de celui de l'Allemagne, mais encore bien loin de celui des Pays-Bas (29 % des déplacements urbains à bicyclette). Au vu de la dynamique de ces dernières années, combler aussi rapidement l'écart qui nous sépare de nos voisins l'objectif paraît toutefois bien ambitieux. Des projets sont tout de même en cours pour contribuer à construire une « culture vélo ». L'appel à projets Avélo2 a ainsi retenu 254 territoires, qui souhaitent s'engager dans une politique vélo et vont désormais être soutenus financièrement par l'État. Un troisième baromètre des viles cyclables, servant notamment à étudier les besoins et les points noirs en stationnement partout en France, a également été lancé ces dernières semaines. Enfin, la prime à la conversion, à hauteur de 1 500 euros, a été élargie aux vélos à assistance électrique.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles