Vélo Mag - Les recycleries veulent rendre le vélo plus durable

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Pénurie ou souci de s'opposer à une consommation effrénée, les ateliers de recyclage vélo fleurissent. Ils favorisent la conversion à la mobilité vélo et créent de l'emploi et du lien social. Elles étaient 6 en 2006. Puis elles sont passées à 30 en 2010. Et désormais, il y en a plus de 360. La flambée des « ateliers vélos participatifs et solidaires » s'explique par l'explosion de la pratique, notamment sous la forme du vélotaf, et un besoin de vélos fonctionnels mais pas forcément « performants ». Elle s'inscrit aussi dans le souci plus large, écologique, d'une consommation plus raisonnée, qui limiterait l'accumulation de rebuts. Enfin, bien sûr, le succès de ces bien nommées « recycleries » n'est pas sans lien avec l'attractivité des prix : un vélo neuf se dévalue vite. lire aussi Primes dans le cyclisme féminin, un débat qui dure Selon la Fédération des usagers de la bicyclette, on évalue à 9 millions en France le nombre de vélos inutilisés, soit un tiers du parc total. La durée de vie moyenne d'un vélo dans notre beau pays n'étant que de 7 ans (la plus faible d'Europe), c'est 1,5 million de vélos qui sont détruits chaque année. Récupération, restauration, adoption Ces ateliers solidaires voient le jour dans des environnements assez variés. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ils ne sont pas l'apanage des grandes métropoles. Parmi les pionniers notoires du recyclage vélo, on trouve notamment un bon vieux club. C'est en 2000, déjà, qu'en plus de ses activités habituelles orientées sur la compétition, la Roche Vendée Cyclisme mit sur pied son « Centre Vélo. » 33 % C'est la part de vélos inutilisés en France, soit plus de 9 millions de deux-roues. La première mission du Centre Vélo du RCV, c'est de collecter les montures usagées auprès des particuliers ou des associations, et de remettre en état celles pouvant l'être. Sur les plus mal en point, tout l'art consiste à récupérer les pièces détachées en bon état de marche, et à reconstituer des machines complètes. Actuellement, il faut en moyenne trois vélos dysfonctionnels pour en créer un nouveau. L'objectif de rentabilité, c'est d'arriver à deux pour un ! lire aussi Le vélo à hydrogène roule vers le futur Plus original, le Centre Vélo du RVC propose un service « d'adoption » de vélo ! Soit un particulier qui, venu chiner, trouve une monture à sa convenance. Moyennant une caution de 40 € et une adhésion à l'association (cotisation annuelle : 12 €), il repartira avec le vélo. Après six mois, il aura le choix entre rendre le vélo et récupérer sa caution, ou le garder mais renoncer à sa caution. En d'autres termes, après avoir roulé six mois sans débourser un euro, il acquerra un vélo pour 40 € ! Inutile de dire que le système fonctionne à plein régime, et qu'en dépit d'une activité de réparation/recyclage continue, le centre n'a jamais guère plus de dix vélos disponibles à la fois. Organisée annuellement, une bourse au vélo témoigne aussi d'une éthique orientée par le seul désir de convertir la population au vélo. Tout vendeur potentiel peut y déposer son vélo - il ne s'acquittera des quelques euros de commission que si la vente est effectuée. Insertion et lien social Par ailleurs, le Centre Vélo emploie des jeunes en CDI, en service civique et en apprentissage. Cette volonté de favoriser l'insertion professionnelle est à l'origine d'un rapprochement avec l'association Passerelles, investie dans la lutte contre la précarité. Éminemment actuels, ces enjeux d'insertion font des recycleries des « laboratoires sociétaux » qui inspirent et se multiplient. lire aussi Comment Lego s'est emparé du vélo En Île-de-France, Solicycles est un réseau de dix ateliers, fédérés autour d'un triple mot d'ordre : solidarité, écologie, et lien social. Créant les conditions de rencontres, et suscitant l'entraide et les échanges de savoir-faire, les ateliers d'auto-réparation Solicycles misent sur la capacité du vélo et la question de son entretien à produire du lien social. De fait, la mécanique des cycles est à la fois accessible à tous et professionnalisante. Le savoir-faire qu'elle permet d'acquérir vise au-delà du restreint secteur du vélo.

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