Vélo Mag - Le Sénat va débattre du port du casque obligatoire à vélo

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Une proposition visant à rendre obligatoire le port du casque à vélo va être débattue par le Sénat ce jeudi. Portée par un groupe parlementaire centriste, elle est critiquée par les associations de cyclistes. Serpent de mer politique, le débat autour du port obligatoire du casque à vélo fait son retour dans l'actualité en ce début d'année 2022. Ce jeudi, une proposition de loi à ce sujet va être débattue par le Sénat : présentée par le sénateur socialiste François Bonneau, elle veut instaurer des amendes pour les cyclistes ne portant pas de casque, au même niveau que celles des conducteurs de scooter ou de moto, soit 135 euros pour chaque contrevenant. Une perspective qui irrite les associations d'usagers. Déjà obligatoire jusqu'à 12 ans L'objectif présenté par le groupe parlementaire centriste avec ce texte est de « renforcer la sécurité des cyclistes modernes, sans considération de leur âge », alors qu'il est actuellement obligatoire de porter le casque en France jusqu'à ses 12 ans. Désormais, il serait imposé « à tout conducteur d'un véhicule à une ou plusieurs roues, qu'il soit à moteur ou à assistance électrique, ainsi qu'à tout conducteur de cycle », ce qui étendrait également l'obligation aux trottinettes. lire aussi Statu quo pour la pratique du vélo en 2021
Pour justifier ce choix, le groupe parlementaire centriste s'appuie notamment sur les chiffres de la sécurité routière en France : d'après l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), en 2019, sur 187 cyclistes tués et 4 783 cyclistes blessés, la moitié ne portait pas de casque. Des chiffres confortés par une étude de 2016 menée par deux statisticiens australiens, Jake Oliver et Prudence Creighton, qui estimait que le port du casque réduisait de 70 % les risques de blessures graves à la tête et de 65 % les risques de décès d'un traumatisme crânien. De nombreux « effets pervers » Sans pour autant contester ces données, beaucoup d'associations cyclistes s'opposent à cette proposition de loi, estimant que le casque n'est pas la solution miracle. « Notre position est claire : nous ne sommes absolument pas contre le casque, mais contre toute mesure coercitive, car elle porte un certain nombre d'effets pervers », détaille Olivier Schneider, président de la Fédération des Usagers de la Bicyclette, qui a été auditionné sur ce projet législatif au mois de décembre. « Plus on se croit protégé, plus on prend de risques » « Le premier hic, c'est l'homéostasie du risque, qui a été prouvée : plus on se croit protégé, plus on prend de risques, donc on freine plus tard, on roule plus vite, ce qui fait que le gain de sécurité est compensé, complète-t-il. Ensuite, les casques ne sont actuellement pas conçus pour les accidents de la vie, c'est souvent une protection illusoire. Si quelque chose vous tombe dessus, ils seront efficaces, mais c'est rarement ce genre d'accidents qui arrivent aux cyclistes, ils subissent bien plus de chocs latéraux. Il a également été montré que les automobilistes ont tendance à doubler de plus près les cyclistes casqués, ce qui est aussi un problème. » L'exemple océanien Surtout, les associations s'appuient sur des exemples à l'étranger. L'Australie, la Nouvelle-Zélande et plusieurs régions du Canada ont en effet tenté d'imposer le port du casque ces dernières années, pour des résultats mitigés : si la mesure permet efficacement de prévenir les blessures à la tête, elles ne font pas drastiquement baisser les blessures graves... et font chuter la pratique globale du vélo. « Si des accidents n'ont pas lieu avec cette loi, c'est simplement parce que les gens vont moins rouler, abonde Olivier Schneider. Il y a un vrai risque d'avoir moins de gens qui font du vélo et ça peut avoir un effet pervers sur la santé publique. » À l'heure où le gouvernement français tente tant bien que mal de promouvoir la petite reine sur son territoire, cet argument devrait inévitablement peser dans les discussions parlementaires.

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