Vélo Mag - Samuel Leroux, premier champion de France de « cyclisme sur sable »

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Les « beach races » sont nées aux Pays-Bas dans les années 1990. Les épreuves se sont multipliées et attirent désormais des milliers de coureurs. En France, l'Open VTT Côte d'Opale a servi de cadre au premier Championnat de France de la discipline. Ce dimanche se tenait, sur l'immense étendue de la plage de Berck, la treizième édition de l'open VTT Côte d'Opale, qui a réuni plus de 500 coureurs. Mais cette année, le classement au scratch se doublait du premier Championnat de France de « cyclisme sur sable ». Et c'est Samuel Leroux, professionnel au sein du team Roubaix-Natura4Ever, qui a décroché ce premier titre, haut-la-main, en s'imposant devant l'ensemble des concurrents (Français et étrangers). Le circuit longeait la mer sur cinq kilomètres, là où le sable mouillé et tassé est relativement roulant, avant de tourner dans les dunes et les chemins où les coureurs piochent et où les roues s'enfoncent. Au fil des 50 km et des cinq tours de circuits, Leroux a tenu à distance nombre de spécialistes belges et hollandais, parmi lesquels quelques gros calibres, tels Klaas Vantornout ou Jens Keukeleire. Sans oublier Jasper Ockeloen, double champion d'Europe, victime d'une crevaison, il est vrai. Samuel Leroux est adepte de ce genre d'effort. Sur le sable, on est toujours en prise. Le coefficient de frottement d'une surface sablonneuse n'autorise aucun répit. Même sur les parties les plus « roulantes », on ne peut jamais s'autoriser le moindre coup de roue-libre, sinon le vélo s'arrête immédiatement. Chez les filles, Laurane Meyers a emporté le titre, bien que dominée au scratch par la néerlandaise Riejannee Markus. De bon augure, quand on sait que le Championnat d'Europe se déroulera cette année à Dunkerque le 15 décembre prochain. C'est à l'insistance de Philippe Limousin, président sortant du comité régional des Hauts-de-France, que la discipline « cyclisme sur sable » doit cette reconnaissance officielle qu'est la création d'un titre national. Contre l'argument de certains comités, selon lequel toutes les régions ne disposent pas de plages, M. Limousin a fait valoir que « les Hauts-de-France n'ont pas de montagne, et il existe quand même un championnat national de descente ». Le phénomène des « beach races » est apparu spontanément aux Pays-Bas dans les années 1990. De plus en plus de routiers, soucieux d'entretenir leur condition en hiver, ont ressorti leurs vieux VTT rigides, lesquels ne craignaient ni le sel ni le sable, pour le seul plaisir de bouffer le vent du large et faire crisser les coquillages sous leurs roues. Comme souvent aux Pays-Bas et en Belgique, les pelotons mélangent amateurs (élite) et pros : de Peter Van Petegem ou Johan Museeuw à Lars Boom ou Tom Dumoulin, qu'il s'agisse de coureurs en activité ou de retraités, les grands noms ne manquent pas ! Dans ce genre de peloton, le ton monte rapidement, et les premières sorties improvisées se sont vite transformées en courses proprement dites. Une des premières d'entre elles, qui vit le jour en 1993 au nord du pays devient immédiatement un classique : entre Hoek van Holland et Den Helder, les concurrents s'affrontent sur... 135 km ! Désormais ils sont plusieurs milliers chaque année à prendre le départ de ce marathon des sables et du vent. Depuis lors, le calendrier s'est évidemment étoffé, et les plages de la mer du Nord fourmillent de pelotons de VTT traçant parfois à 40 km/h sur l'estran ! Car il existe différents formats. Mais de Egmond, ou de Noordwijk, en passant par La Panne, l'épidémie s'est répandue jusqu'en France. Un signe ne trompe pas : certains fabricants commencent à proposer des vélos spécifiques.

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