Vélo Mag - « Speed bike » : les marques foncent sur les vélos à grande vitesse

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Pouvant atteindre les 45km/h en vitesse de pointe, les « speed bike » sont prisés par les constructeurs, qui y voient un complément au vélo à assistance électrique... malgré des ventes encore faibles. Constructeur référence des vélos à assistance électrique, l'entreprise néerlandaise VanMoof a présenté mi-octobre son nouveau modèle : « V ». Avec ce « premier vélo à grande vitesse », elle entend changer de créneau et investir un marché naissant mais grandissant, celui des « speed bikes ». Plus rapides que les VAE classiques, pouvant atteindre par moments la vitesse d'un scooter, ces modèles de vélos nouvelle génération sont de plus en plus nombreux. Si la promesse de temps de trajet raccourcis est forcément attractive, leur utilisation est très réglementée et confidentielle en France. Là où un VAE ordinaire va être limité à 25km/h, VanMoof promet un nouveau deux-roues plus puissant, « doté de deux roues motrices, d'une accélération perfectionnée et de réglages de vitesse intégrés pour correspondre aux réglementations de votre pays ». Le « V » pourra donc monter jusqu'à 50km/h, en le poussant à son maximum, mais sera bridé en France, puisque les vélos rapides n'ont pas le droit de dépasser les 45km/h : considérés comme des cyclomoteurs, ils sont soumis à la même réglementation que les 50cm3. Les mêmes règles de circulation qu'un scooter Cette catégorisation a d'autres conséquences légales : sur un speed bike, le port d'un casque cycliste ne suffit pas et le casque homologué cyclomoteur est obligatoire. Pareillement, il faut obligatoirement avoir une assurance cyclomoteur et une immatriculation pour pouvoir rouler légalement. Les règles de circulation s'appliquant au speed bike sont aussi les mêmes que celles du scooter. Pas question donc d'emprunter la piste cyclable ou de rouler à contresens dans une voie à sens unique.

Bien que contraignants à utiliser, les speed bikes ont tout de même le vent en poupe auprès des constructeurs. Hormis VanMoof, des constructeurs de renom tels que Trek ou Gazelle ont également sorti leurs modèles ces dernières années. Le Moustache Friday 27 FS Speed, de la marque vosgienne Moustache, est par exemple sorti en avril, et est disponible chez les revendeurs entre 6300 et 7200 €. Pour un modèle plutôt haut de gamme, le prix est dans les standards de ce qui se fait pour un vélo du genre, aux feux plus puissants et aux pneus plus larges, équipé d'un rétroviseur et d'un klaxon. Une utilisation « marginale » en France Le développement de l'offre ne se retranscrit pas nécessairement encore sur les routes, en particulier en France. Une étude du cabinet 6t, publiée en 2020, estimait que les ventes de « speedelec », autre nom donné aux « speed bikes » étaient « marginales ». Les derniers chiffres obtenus sur le sujet, en 2017, évaluaient à 16 058 le nombre de vélos vendus en Suisse, le pays d'Europe où ils sont les plus populaires, et à seulement 848 en France. Sans surprise, les freins à l'achat cités par les usagers sont « le prix », « la réglementation contraignante » et les « craintes quant à l'autonomie ». Pour autant, l'étude reste optimiste quant au potentiel de développement des « speed bikes », qui pourrait surfer sur la popularité grandissante des VAE. À long terme, 12 % des actifs utilisant la voiture pourraient se reporter sur des « speedelecs » pour leurs trajets. Mais ce report modal confirme la tendance qui se dessine actuellement : l'usage qui se ferait de ces vélos serait plus rural qu'urbain, pour des longs trajets et des routes dégagées, où l'on éviterait le trafic.

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