Vélo Mag - Le Tour 1903 en 7 jours par Frédéric Machabert

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Attaché de presse pour l'équipe AG2R-Citroën, Frédéric Machabert pédale sur son temps libre. Avec deux camarades, il s'apprête à boucler en 7 jours le parcours du Tour 1903 au profit d'une bonne cause. À l'heure où s'écrivent ces lignes, Frédéric Machabert est sur le Giro d'Italie. Il y exerce son métier de chargé de communication pour l'équipe AG2R-Citroën, et les journées sont longues. Pour l'heure, il n'a donc guère le loisir de s'entraîner, et pourtant, la date de son propre défi approche. Il espère tout de même pouvoir « faire 50 minutes (sic) le matin de bonne heure et rouler les jours de repos », dit-il. « En rentrant il me restera quinze jours pour m'en remettre une bonne louche. » Le 22 juin il prendra la route avec deux compères, et tous trois tenteront de boucler l'itinéraire du Tour 1903... en sept jours. Ce premier Tour de France de l'histoire, remporté par Maurice Garin avec presque trois heures d'avance, s'est pourtant disputé du 1er au 19 juillet 1903, quoique les 2 428 km fussent divisés en seulement six étapes : 268 km pour la plus courte (Toulouse Bordeaux), et 471 pour la plus longue (Nantes Paris). lire aussi Un non voyant seul sur son vélo à l'assaut de l'Aubisque Comme les 59 héros qui fondèrent la légende, Fred Machabert, Thibault Jean et Laurent Charbonnier s'élanceront de Montgeron, devant le célèbre « Réveil Matin », pour rallier Lyon « dans la journée ». En 1903, Maurice Garin avait mis moins de 18 heures. Bien sûr, la reproduction à l'identique du parcours original est symbolique : les routes et le matériel n'ont plus rien à voir aujourd'hui avec ce qu'ils étaient. Et personne ne prétend ici se comparer aux authentiques « géants de la route », d'autant que nos trois cyclistes seront accompagnés d'une voiture d'assistance. Cependant le défi n'est pas mince : même si un jour de repos, jugé raisonnable, est prévu à Toulouse, au terme de la troisième étape, il s'agit tout de même de cumuler autour de 90 heures de vélo en une semaine. De l'expérience dans l'ultra-distance Fred Machabert ne se présente pas comme un spécialiste attitré de l'ultra-distance. Pour autant il n'y débute pas non-plus. Attaché à sa région natale, l'Auvergne, il a bouclé en 2020 (après une tentative avortée l'année précédente) un « AURA Tour » : 585 km et 6 400 m de D +, parcourus en 25 heures, dont 22 sur la selle. Déjà, il s'était préparé un peu à l'arrache, comme quelqu'un qui n'exerce pas un métier aux horaires réguliers : « Une semaine avant, j'étais parti en mode bike packing, tout seul, et j'avais roulé 680 bornes en quatre jours, pour me mettre dans le mood », raconte le quarantenaire.

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L'expérience accumulée ne le met pas à l'abri des mauvaises surprises : « On redoute particulièrement le troisième jour, Marseille, Nîmes, Toulouse : si jamais on prend vent de face, ça va être terrible, explique Fred Machabert. Même chose pour les deux derniers jours à 400 bornes chacun. Malgré la journée off, le manque de sommeil se fera sentir. Ce que ma toute petite expérience ultra m'a enseigné, c'est qu'il faut se méfier des temps de pause : ils passent très vite ! » Rouler pour la bonne cause À l'origine, il n'y aurait rien de plus que le plaisir de rouler avec des potes, et il n'y aurait aucun besoin de le faire savoir. Mais la volonté de soutenir l'association Les Étoiles Filantes, dédiée aux enfants souffrant de GITC (gliome infiltrant du tronc cérébral), une forme de cancer incurable, leur a fait changer d'avis. Selon les mots de sa fondatrice Sandie Tourondel, l'association se donne « trois missions : réaliser les rêves de ces enfants touchés par la maladie ; l'assistance matérielle humaine et financière aux familles ; et l'aide à la recherche. » « Autant vous dire qu'on n'est pas là pour rouler des mécaniques, reprend Fred Machabert, tout ce qui nous importe, c'est de faire parler des Étoiles Filantes, et de faire tomber des sous dans la cagnotte, qui permettront de faire vivre de beaux moments condamnés par la maladie. Ça vaut bien un peu de fatigue », conclut celui qui a arrêté le café pour pouvoir en boire entre le 22 et le 28 juin prochain. lire aussi Sébastien Soules, le baryton aux 25 000 km de vélo par an