Vélo Mag - Pour un vélo 100 % végétal, l'alternative bambou

L'Equipe.fr
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Plus dynamique et écologique que le carbone, le bambou est devenu un matériau de référence pour la construction de vélos 100 % naturels, utilisables aussi bien par les fabricants professionnels que les amateurs de bricolage. Le vélo 100 % végétal peut-il exister ? La question brûle les lèvres de tous les amoureux écologistes de la petite reine souhaitant en faire un moyen de locomotion toujours moins polluant. L'ingrédient miracle pourrait être le bambou, bois de plus en plus populaire pour la fabrication de leurs cadres. Donnant des vélos résistants et souples, le créneau est exploité par plusieurs fabricants français, mais aussi des amateurs, qui y voient l'occasion de concevoir eux-mêmes de jolies pièces de collection. Si le bambou est devenu aussi prisé, c'est parce qu'il présente des vraies qualités de tenues de roue, en plus de sa rigidité et sa solidité. Notamment, les vélos en bambou absorbent beaucoup plus de vibrations que leurs cousins en carbone, jusqu'à cinq fois selon certaines études. En conséquence, la dynamique de conduite et les passages de bosse sont rendus nettement plus agréables. « On a vraiment un vélo de confort pour une pratique sportive, qui appelle à se lever, à se mettre en danseuse et qui a du répondant », explique Félix Hébert, fondateur de Cyclik. La marque de cycles lyonnaise est spécialisée dans les vélos bambous sur mesure depuis son lancement, en 2017. Elle fabrique des vélos personnalisés, 100 % artisanal et végétal, en s'appuyant notamment sur du lin de Normandie enduit de résine pour les jonctions. Comptant 4 employés, elle vend 20 à 30 vélos haut de gamme par an. Un vélo tonique et dynamique « J'ai fait du vélo à haut niveau pendant une dizaine d'années, avant d'arrêter pour reprendre mes études parce que je souffrais de douleurs au dos, détaille le trentenaire. Je voulais donc fabriquer un vélo de route qui réponde à mes besoins, qui soit tonique et dynamique. Après des recherches sur les matériaux, j'ai creusé la piste du bambou. » Lui se procure ses matériaux dans une forêt de bambous proche de Limoges, mais il existe des fournisseurs aux quatre coins de la France. Si Félix a fait de ce qui n'était que du bricolage sa profession, beaucoup d'amateurs choisissent de fabriquer leurs vélos pour leurs propres besoins. C'est le cas de Frank Cahagnier, cycliste caennais convaincu. « J'avais prévu de faire un vélo en carbone puis en me baladant dans une forêt près de chez moi, j'ai eu cette idée du bambou. J'ai vu sur le net que ça se faisait depuis un moment et je me suis lancé, raconte celui qui a longtemps bricolé sur des bateaux. J'ai commencé à faire un vélo pour moi, puis j'en ai fait un deuxième pour ma copine, puis en fin de compte j'en ai fait huit. » « Même fissuré, le vélo tient quand même » Il s'est principalement heurté à la qualité du bambou, principale difficulté au moment de se lancer dans la conception du vélo. Ses vélos se sont tous fissurés avec le temps, rendant leur commercialisation impossible, mais ils lui servent toujours pour un usage privé. « Même fissuré, le vélo tient quand même, depuis plusieurs années. Je me suis fait renverser par une voiture : le pneu a explosé, mais le bambou a tenu. Ça a vraiment une résistance phénoménale. » Félix le rejoint dans ce constat : « il y a beaucoup de caractéristiques techniques qui rentrent en compte : l'épaisseur, le diamètre, la densité de la fibre. La sélection de la tige a vraiment un intérêt sur les aptitudes finales du vélo. » Technique au niveau des jonctions et du séchage du bambou, la fabrication du vélo en bambou prend en revanche plus de temps qu'un carbone classique, une « cinquantaine d'heures » environ, tout comme il coûte bien plus cher (environ 5 000 euros, selon ses caractéristiques). Le prix à payer pour des vélos « conformes à ses valeurs ».