Vélo Mag - VTT - Titan Desert - VTT : le Titan Desert, 639 km dans le désert marocain

·4 min de lecture

Pour leur première participation, Adriana Ródenas et Konny Looser ont inscrit leur nom au palmarès de la Titan Desert, course de VTT dans le désert marocain (639 km). Une lutte acharnée pour la victoire, mais également pour chacun des 425 concurrents. Comme tant d'autres évènements, la 16e édition du Titan Desert a été décalée du printemps à l'automne. Et c'est finalement du 10 au 15 octobre, dans la montagne et le désert marocain que 425 coureurs ont bataillé. Évènement fondateur, la Titan Desert est d'ailleurs désormais la tête de proue d'un nouveau format d'épreuve, les « Titan Series » qui comprennent également la Titan Saudi Arabia, et la Titan Desert Almeria. lire aussi Primes dans le cyclisme féminin, un débat qui dure Six étapes attendaient les concurrents pour un total de 639 km, à raison de 100 à 130 bornes par jour, et pour un dénivelé positif total de plus de 7 600 mètres. Les yeux et les jarrets seraient servis, tant la somptuosité des paysages s'appuie sur la difficulté topographique : la course est tracée entre plaines désertiques, montagnes inhabitées, dunes et pistes au sable plus ou moins meuble, crêtes, canyons et passages pierreux. Bref, la Titan Desert ne s'adresse pas aux débutants. Outre les vrais spécialistes, en tête desquels l'homme à battre qu'était le vétéran espagnol Josep Betalú (44 printemps), déjà quadruple vainqueur, on trouvait parmi les 425 partants quelques candidats de prestige, comme Melcior Mauri, Abraham Olano, Haimar Zubeldia, ou Sylvain Chavanel. Le Français a manifestement pris goût au désert, puisqu'il s'alignait pour la troisième fois. 4 600 C'est le dénivelé positif qu'ont dû grimper les coureurs lors des deux premières épreuves. La particularité de la Titan Desert, c'est aussi une logistique impressionnante, liée à sa formule itinérante dans un tel paysage. Le soir venu, les coureurs « bivouaquent » : ils sont hébergés sous de confortables « khaimas » (la « tente » en arabe) à la façon bédouine, sous lesquelles sont aussi proposées diverses prestations haut de gamme, des repas aux services de physiothérapie et au support mécanique. lire aussi Venez rouler chez moi, avec Cyril Barthe De fait - comment éviter le parallèle ? - l'épreuve se présente comme une sorte de Dakar du VTT. Y participer tient donc évidemment, de l'aventure sportive, mais relève aussi de l'entreprise, car il faut pouvoir la financer. Entre les frais incontournables que sont l'inscription, le transfert du vélo ou le voyage aller-retour jusqu'au Maroc, et les frais optionnels (l'assistance mécanique, le service de physiothérapie ou le pack de photographies/vidéo), la plupart des concurrents sont soutenus par des sponsors. Quant au parcours de l'édition 2021, il entrait directement dans le vif du sujet. Les deux premières étapes étaient de montagne, avec 2 000 mètres de D + le premier jour, et plus de 2 600 le second (cette deuxième étape était considérée comme l'étape reine, avec deux passages à 2 300 et 2 200 m d'altitude). Pas étonnant que le futur vainqueur s'y montrât déjà à son avantage. Le mal nommé Konny Looser se classa successivement premier et deuxième, s'octroyant un leadership qu'il ne devait plus lâcher. Adriana Ródenas, victorieuse du Titan Desert « Vous vous retrouvez totalement isolé du reste du monde et l'ambiance est tout à fait incomparable avec celle des autres courses » Autre particularité de l'épreuve, les troisième et quatrième jours étaient liés en une « étape marathon ». Les concurrents devaient partir équipés de tout le nécessaire à passer la nuit sur le bivouac, notamment matelas et sacs de couchage, les tentes n'étant exceptionnellement pas aménagées. Après cette nuit de bivouac « radical », les 130 km qui les menaient aux dunes de l'Erg Chebbi firent doublement fonction de jour le plus long. lire aussi Les règles du Code de la route méconnues des cyclistes Chez les femmes, c'est aussi une débutante sur l'épreuve qui l'emportait, en la personne d'Adriana Ródenas. Si Looser pouvait déclarer qu'en tant que Suisse, venir emporter une épreuve en plein désert marocain avait quelque chose « d'insensé », peut-être le dépaysement fut-il moins grand pour l'Espagnole, native de la province d'Alicante. La championne d'Europe d'ultra-marathon confessa avoir voulu depuis longtemps « participer à cette course [parce que] je savais que je pourrais y briller », soulignant la totale singularité de la Titan Desert : « L'esprit Titan, c'est le fait de vivre, de manger et de dormir tous ensemble dans les khaïmas. Vous vous retrouvez totalement isolés du reste du monde et l'ambiance est tout à fait incomparable avec celle des autres courses. » Les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes pour l'édition 2022, qui aura lieu 8 au 13 mai. La chasse aux sponsors est lancée. lire aussi Comment Lego s'est emparé du vélo

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles