Andrea Iannone perd en appel : il est suspendu 4 ans !

Léna Buffa
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Le Tribunal arbitral du sport a rendu son verdict dans la procédure d'arbitrage engagée par à la suite de sa suspension pour dopage, et la sanction est finalement la plus lourde que pouvait craindre le pilote italien, car c'est la requête de l'Agence mondiale antidopage qui a été suivie par le panel d'arbitres, et non la sienne. Il est par conséquent suspendu quatre ans.

Ultime recours possible pour Iannone, cet appel faisait suite à l'annonce le 17 décembre 2019 de sa suspension, provisoire à l'époque, après un contrôle antidopage réalisé en marge du Grand Prix de Malaisie de novembre 2019 et dont les résultats ont révélé la présence de drostanolone, un stéroïde anabolisant figurant sur la liste des substances interdites par l'AMA.

La sanction a été confirmée le 31 mars (ce qui a été communiqué le 1er avril) après un premier appel déposé par le pilote, et entérinée pour 18 mois jusqu'en juin 2021. Sa défense, mettant en avant une absorption involontaire de la substance incriminée par le biais d'une viande traitée qu'il aurait consommée, semblait toutefois avoir convaincu la Cour disciplinaire internationale de la FIM grâce notamment à l'apport d'un autre test, capillaire cette fois et plus précis. Se sentant reconnu innocent mais malgré tout sanctionné, le pilote a souhaité déposer ce recours dans le but de faire lever une sanction qu'il jugeait dès lors injuste.

L'Agence mondiale antidopage a toutefois elle aussi interjeté appel, mais cette fois pour requérir une suspension de toute compétition alourdie à quatre ans, et c'est elle que le TAS a décidé de suivre après l'audience qui s'est tenue devant le panel d'arbitres le 15 octobre.

"Andrea Iannone et l'AMA ont interjeté des appels séparés devant le TAS contre la décision rendue par la Cour disciplinaire internationale de la FIM le 31 mars 2020, dans laquelle Andrea Iannone a été reconnu coupable d'avoir violé les règles antidopage et lors de laquelle une suspension de 18 mois lui a été imposée", rappelle l'instance de jugement dans l'annonce de son verdict, ce mardi.

"Le panel du TAS a rejeté l'appel interjeté par Andrea Iannone et a accepté celui interjeté par l'AMA. En conséquence, la décision rendue par la Cour disciplinaire internationale de la FIM a été écartée et remplacée par la nouvelle décision suivante : Andrea Iannone est sanctionné d'une période de suspension de quatre ans à compter du 17 décembre 2019 ; Andrea Iannone est disqualifié de tous les résultats obtenus en compétition à partir du 1er novembre 2019 et le début de sa suspension, avec toutes les conséquences qui en découlent, y compris la confiscation de toute médaille, point et prix."

Dans l'explication de cette sentence, le TAS met en avant le manque de preuves fournies par le pilote et sa défense afin de démontrer formellement l'origine de la substance, qu'il clame avoir ingérée de manière involontaire en mangeant de la viande en Asie. Au vu des règles en vigueur, l'absence de preuves ne permet pas de conclure à un dopage non-intentionnel, et c'est donc la sanction la plus lourde qui s'applique.

"Le panel du TAS a estimé qu'Andrea Iannone n'avait pas réussi à établir le type précis de viande qu'il avait consommé ni son origine. Le panel a par ailleurs conclu que ni Andrea Iannone ni ses experts ont pu établir spécifiquement qu'il y avait eu un problème de contamination de viande à la drostanolone en Malaisie. Le panel a donc considéré qu'une violation aux règles anti-dopage avait été commise", indique le TAS.

"Andrea Iannone a essentiellement fait valoir auprès du panel l'affirmation de son innocence, son casier judiciaire vierge et son prétendu manque de raisons de se doper. Des facteurs qui se sont révélés insuffisants pour établir, selon la prépondérance des probabilités, que la violation des règles anti-dopage d'Andrea Iannone n'était pas intentionnelle", tranche le TAS, précisant que si la consommation de la substance interdite avait été jugée non-intentionnelle, la suspension aurait été "de deux ans maximum".

"Puisqu'il appartient à l'athlète d'établir selon la prépondérance des probabilités qu'une violation des règles anti-dopage n'est pas intentionnelle, son incapacité à le faire signifie qu'il est considéré comme ayant violé intentionnellement les règles anti-dopage", est-il ajouté. "Les conclusions du panel n'excluent pas la possibilité qu'Andrea Iannone puisse avoir violé les règles anti-dopage en consommant de la viande contaminée à la drostanolone, mais signifient qu'Andrea Iannone n'a pas été en mesure de fournir des preuves convaincantes pour établir que la violation des règles anti-dopage qu'il a commise n'était pas intentionnelle."

"En conséquence, le panel a conclu, contrairement à la décision face à laquelle l'appel était déposé, que la violation des règles anti-dopage en vigueur commise par Andrea Iannone devait être considérée comme intentionnelle, et a donc accepté l'appel de l'AMA. La sentence du TAS annule la décision rendue par la Cour disciplinaire internationale de la FIM en date du 31 mars 2020 et impose une période de quatre ans de suspension à Andrea Iannone."

Ce verdict met fin à tout espoir d'Andrea Iannone de reprendre la compétition la saison prochaine, alors qu'Aprilia l'avait assuré de son soutien et lui avait garanti une place si sa suspension était, comme il l'espérait, levée. La Fédération internationale de motocyclisme s'est contentée de réagir en indiquant avoir "pris note de la décision du Tribunal arbitral du sport d'imposer une période de suspension de quatre ans à Andrea Iannone".