Vergne payait ses frais chez Manor, le voici pilote Peugeot !

Benjamin Vinel
·3 min de lecture

Il est facile d'oublier que fin 2014, à 24 ans, la carrière de était dans l'impasse. Sans baquet en Formule 1 après avoir été écarté par Red Bull, avec une réputation de pilote quelque peu difficile à vivre, le tricolore avait peu de perspectives d'avenir à court terme.

Six ans plus tard, Vergne a bien changé. Travailleur et plus conciliant, il demeure le seul pilote à avoir remporté deux titres dans ce qui est désormais un Championnat du monde : la Formule E. En parallèle, il s'illustre en Endurance depuis 2017, notamment en ELMS, où il a signé quatre victoires et deux secondes places en dix courses avec G-Drive Racing, écurie exploitée par la structure française TDS Racing. C'est aussi chez G-Drive que Vergne a joué la victoire lors des trois dernières éditions des 24 Heures du Mans. Mais son aventure dans la discipline a commencé par une campagne 2017 en FIA WEC avec l'écurie Manor, laquelle n'a manifestement pas été simple…

#24 CEFC Manor Oreca 07 Gibson: Tor Graves, Jonathan Hirschi, Jean-Eric Vergne

#24 CEFC Manor Oreca 07 Gibson: Tor Graves, Jonathan Hirschi, Jean-Eric Vergne<span class="copyright">JEP / Motorsport Images</span>
#24 CEFC Manor Oreca 07 Gibson: Tor Graves, Jonathan Hirschi, Jean-Eric VergneJEP / Motorsport Images

JEP / Motorsport Images

"Vous savez, quand je suis parti de la F1, j'ai fait un test chez Toyota", relate Vergne dans un entretien exclusif avec Motorsport.com. "Je pense que quand j'ai fait ce test-là, dans ma tête, je n'étais pas très fort et je n'étais pas du tout au bon endroit au bon moment. Du coup, ça ne l'a pas fait, Toyota ne m'a pas pris. Je me suis retrouvé sans volant ; j'avais la Formule E d'un côté, mais pour moi, c'était aussi important de pouvoir faire Le Mans, ça a toujours été un rêve. Je savais que même venant de la F1, même ayant un nom, ça allait être très compliqué pour moi de trouver un volant, parce qu'il y a une réputation qu'on se fait en F1 ou dans les catégories monoplace de pilote qui veut tout pour lui, un peu tête de mule – ce qu'un pilote de monoplace doit être s'il veut être champion. Mais en Endurance, les équipes ont peur de ce genre de pilote, vous voyez. Je me suis dit qu'avec l'image que j'avais, il fallait absolument que j'arrive à rouler en Endurance pour pouvoir changer ça et un jour espérer rouler pour un constructeur et jouer la gagne au général."

Podium du LMP2 : le vainqueur Jean-Eric Vergne, G-Drive Racing

Podium du LMP2 : le vainqueur Jean-Eric Vergne, G-Drive Racing<span class="copyright">Nikolaz Godet</span>
Podium du LMP2 : le vainqueur Jean-Eric Vergne, G-Drive RacingNikolaz Godet

Nikolaz Godet

"C'étaient des courses difficiles évidemment, mais je pense que Peugeot et tous ceux qui regardent les performances de près voient la moyenne des relais, les tours qualif, et arrivent vraiment à bien analyser comment ça se passe. Chaque année, je me suis toujours bien placé parmi les meilleurs pilotes de LMP2."

Effectivement, Peugeot l'a remarqué et a recruté Vergne aux côtés de pointures comme Loïc Duval pour mener le projet Hypercar du constructeur au lion. Le choix était somme toute logique, Vergne courant pour la marque sœur DS en Formule E, et l'intéressé a été convaincu par ce projet : "Entre DS et Peugeot, c'est plus ou moins le même ADN, c'est un ADN de vainqueur. Tout ce qu'a fait Peugeot, ils l'ont gagné. Tout ce qu'a fait Citroën, ils l'ont gagné. Ils sont arrivés en WTCC, ils ont gagné la première année. Ils sont arrivés en Formule E, nous avons gagné plusieurs titres avec DS. C'est le même ADN, c'est l'ADN du groupe : nous ne sommes pas là pour faire de la figuration, nous sommes là pour gagner." Le ton est donné.