Vettel juge "embarrassante" la règle sur le tour de retard en F1

Benjamin Vinel
·3 min de lecture

Voilà plusieurs années qu'en cas de neutralisation d'un Grand Prix de Formule 1 par la voiture de sécurité, les pilotes à un tour (ou plus) peuvent reprendre ce tour de retard dans les derniers instants de la neutralisation, afin de permettre aux leaders de se battre sans être séparés par des retardataires et de ne pas créer d'injustice entre des concurrents qui pourraient recoller au leader et d'autres qui seraient coincés à un tour.

The Safety Car leads Valtteri Bottas, Mercedes F1 W11 EQ Performance

The Safety Car leads Valtteri Bottas, Mercedes F1 W11 EQ Performance<span class="copyright">Charles Coates / Motorsport Images</span>
The Safety Car leads Valtteri Bottas, Mercedes F1 W11 EQ PerformanceCharles Coates / Motorsport Images

Charles Coates / Motorsport Images

Directeur de l'Association des Pilotes de Grand Prix (GPDA), a pour sa part un avis bien tranché sur la question. Selon lui, la solution est simple : "Je pense que la raison pour laquelle nous reprenons notre tour de retard sur la piste est parce que nous ne parvenons pas à concevoir un logiciel qui nous 'réinitialise'. Nous devons donc faire ce tour supplémentaire, ce qui paraît assez embarrassant, mais j'estime que c'est la vérité. J'imagine qu'à l'avenir, nous devrions probablement consacrer des efforts au logiciel pour que les voitures à un tour ne soient pas obligées de reprendre leur tour de retard sur la piste mais qu'on leur ajoute un tour à l'écran et qu'on les remette dans leur position réelle. Je pense que ce serait la solution."

"Bien sûr, une conséquence qu'il y a eu par le passé, c'étaient des pilotes qui tentaient de rattraper le peloton, et dans d'autres catégories, qui avaient des accidents. Cela ne peut être sécuritaire d'avoir un accident pendant une neutralisation. De plus, comme on l'a vu à Imola, il y avait des commissaires qui nous rendaient service, qui évacuaient la voiture échouée à cet endroit, qui nettoyaient la piste. Je pense que ces deux facteurs ne sont pas compatibles, et que nous devrions juste nous concentrer sur la solution, que j'estime être purement liée au logiciel. Et vu que nous sommes en 2020, je pense que ce devrait être faisable."

Un porte-parole de la FIA a confirmé à Motorsport.com que le système de chronométrage n'avait pas la capacité de donner à un pilote un tour qu'il n'a pas parcouru mais a souligné que cette fonctionnalité n'avait jamais été demandée. Michael Masi, quant à lui, tient à évaluer tous les tenants et aboutissants d'une telle décision avant de trancher.

"Je crois savoir que cela a été envisagé il y a de nombreuses années quand la règle a été ajoutée", indique l'Australien. "On m'a dit qu'à l'époque, les équipes n'y étaient en réalité pas favorable. On parle d'une dégradation de pneus différente, d'une charge en carburant différente, d'autres conséquences du fait de le faire simplement via un changement sur le logiciel : il faut voir quel serait le désavantage global, côté sportif."

Propos recueillis par Luke Smith et Adam Cooper