Viñales n'y croit plus : "Nous gâchons nos chances tous les ans"

Vincent Lalanne-Sicaud
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Le Grand Prix d'Europe s'annonce difficile pour , contraint de partir des stands en raison de l'utilisation d'un sixième moteur cette année. L'Espagnol ne cache pas sa lassitude face à l'accumulation des problèmes, qui risquent de lui coûter le titre cette année.

"Vous pouvez imaginer ce que je ressens, nous gâchons nos chances de titre tous les ans avec des erreurs", a lâché Viñales. "Donc évidemment, je me sens très mal, mais j'ai la situation idéale chez moi, j'ai une vie idéale. Je ne veux plus être en colère, je veux être heureux. Donc si je n'ai pas mes chances cette année, j'en aurai une nouvelle opportunité l'an prochain, ou l'année d'après. J'ai encore deux ans avec Yamaha et nous pouvons faire quelque chose de bien."

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Le changement de moteur à l'origine de la pénalité de Viñales est devenu nécessaire, puisque les blocs utilisés depuis le début de la saison avaient un kilométrage trop important, faisant naître des risques pour la fiabilité. "Jusqu'à hier, nous discutions du risque de rouler avec le cinquième moteur, de faire juste quelques tours pendant les essais et de prendre un risque en course, en espérant ne pas avoir à abandonner", a expliqué Viñales. "Mais pour moi, c'était trop risqué. Si on est premier [du championnat] avec 20 points [d'avance], on peut le faire, mais nous n'avons pas de bons réglages, la moto ne fonctionne pas, et il fallait aborder [la course] avec un moteur usé, donc c'était inutile. Il fallait mettre le nouveau. Oui, je vais partir des stands et je ne peux rien y faire. C'est sûr que c'est beaucoup plus compliqué pour le titre, mais tout est possible."

Viñales a utilisé trois moteurs lors du double rendez-vous de Jerez, en début de saison, après plusieurs problèmes. Ces blocs n'ont plus effectué le moindre tour : l'un d'entre eux a été définitivement retiré du parc et Yamaha craignait que les deux autres ne soient pas conformes, à raison puisque la FIM a privé le constructeur des points inscrits avec ces moteurs. Après Jerez, Viñales n'a donc utilisé que deux moteurs, en gérant la situation tant bien que mal.

"[Yamaha a] probablement compris le problème à Jerez, après avoir utilisé le troisième moteur. C'est le plus gros problème, parce que sinon j'aurais eu quatre moteurs, donc un de plus. Le but était d'utiliser le nouveau moteur à la première course, et depuis, je n'ai plus de moteurs. Depuis Aragón, je n'ai plus de moteurs, donc nous avons géré la situation aussi bien que possible et lors de la deuxième course, je n'avais plus qu'un moteur, avec un gros kilométrage, donc nous avons fait très peu de tours."

"Nous avons fait de notre mieux parce que nous avons fait toute la saison avec deux moteurs. L'autre moteur était un peu endommagé et rouler avec le premier moteur n'était pas prudent parce que j'aurais pu laisser de l'huile sur la piste, les autres pilotes auraient pu chuter lourdement donc c'est avant tout pour une question de sécurité que nous avons décidé d'utiliser un nouveau moteur. J'ai un moteur neuf, ça ne change rien parce que la vitesse est la même. On verra. Ce n'est pas le problème, notre problème n'est pas notre niveau. Je ne sais pas pourquoi. Après Misano, nous avons tout perdu. Nous ne trouvons pas l'adhérence. La moto est très dure à piloter."

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Viñales mise sur une "course de fou"

Un départ depuis les stands à distance des autres pilotes, le tout sur un circuit où les dépassements sont difficiles, pourrait laisser peu d'espoirs à Maverick Viñales mais ce dernier pense qu'un bon résultat reste possible. "Nous essayons de bien travailler, évidemment ce n'est pas le meilleur week-end de ma vie, mais c'est comme ça. Peut-être qu'il va pleuvoir et que je pourrai faire une course de fou."

"Je suis dans un état d'esprit très ouvert", a-t-il ajouté. "Je peux décrocher un très bon résultat, j'aurai peut-être une journée incroyable, avec des sensations incroyables et en étant plus rapide que tout le monde. Je ne sais pas, on verra. Je ne me fixe pas de limite. On verra si quelque chose de très positif peut ressortir. Nos rivaux peuvent faire une erreur, il peut pleuvoir, il peut y avoir un drapeau rouge et je peux repartir depuis une bonne position. Je ne veux pas perdre ma motivation."

"Nous sommes évidemment déçus parce que nous ne roulons pas dans les mêmes conditions que les autres, mais c'est notre problème, donc nous allons tenter de bien affronter [la situation], et l'équipe va essayer de travailler aussi bien que possible. Le seul problème que je vois est que notre moto a du mal dans les dépassements, c'est le seul souci, il faudra peut-être que je prenne de gros risques pour doubler des pilotes."