Victor Charlet après la victoire contre l'Afrique du Sud à la Coupe du monde : « On apprend, on avance... »

Victor Charlet. (Ivan Terron/AFP7/Presse Sports)

Victor Charlet, capitaine de l'équipe de France de hockey sur gazon, a été l'un des grands artisans de la victoire des Français sur les Sud-Africains (2-1), avec deux penalty corners réussis. Une victoire dans cette Coupe du monde en Inde qui leur ouvre les portes de l'équivalent d'un huitième de finale.

« Vous avez largement dominé ce match contre l'Afrique du Sud (2-1) et malgré tout, ç'a été une rencontre stressante jusqu'à la fin...
C'est une équipe qui veut des contres, alors ils attendent ton erreur pour aller mettre des buts. Mais on a été mature. Il y a quelques années de ça, on aurait pété un plomb. C'est horrible de jouer contre des équipes qui ne jouent pas et qui ne font qu'attendre une erreur. On a été patients, on a bien joué autour, on est restés compacts.

Vous n'êtes pas sortis du match malgré leur attitude à la limite...
Oui, ils t'insultent tout le match. Ils sont horribles à jouer. Mais on se parlait beaucoup entre nous, on sentait une union. On voit qu'on apprend et qu'on avance.

Vous prenez un but contre le cours du jeu...
Oui, c'était dur car ils n'avaient rien fait jusque-là. En première mi-temps, ils doivent avoir une seule entrée dans le cercle. Ils sont réalistes, c'est le jeu. Mais j'avais bien dit aux gars, on ne doit pas gagner le premier, le deuxième, le troisième quart-temps, on doit gagner à la fin.

Vous aviez beaucoup de pression sur les épaules, car c'était le match qu'il fallait absolument gagner pour se qualifier dans cette compétition qui a lieu tous les quatre ans...
On arrive désormais à gérer ce genre de match. L'équipe prend de l'expérience. On se connaît bien, on arrive à gérer nos émotions. Ça fait plus de dix ans qu'on joue ensemble pour certains. Au final, tu t'entraînes pour jouer des matchs comme ça. Quand il n'y a pas de pression, tu t'ennuies...

Il semble y avoir une bonne intégration des jeunes...
Carrément. Les jeunes rentrent dans un système avec de la continuité. On essaie de bien les mettre dans le cadre et eux nous apportent une fraîcheur qui fait du bien. C'est un bon combo au final.

Vous avez été l'homme du match, vous êtes présent au rendez-vous en marquant deux penalty corners...
J'étais attendu. Sincèrement, ce n'est pas arrogant mais je pense que c'est mérité car je travaille beaucoup. J'en bave énormément à l'entraînement pour marquer sur des matches comme ça alors quand ça passe, c'est une grande libération. Et puis je suis très content pour l'équipe, pour le hockey français, pour la Fédération... On mérite d'être plus haut que ce qu'on est car on en bave.

Cette victoire en Coupe du monde est une belle victoire pour le hockey sur gazon français car cela va au-delà de la seule équipe de France mais pour toute votre discipline...
La France est vice-championne du monde juniors. On s'est dit qu'on devait être les mecs qui devaient avoir ce résultat, pour que ceux qui viendront après, continuent le chemin. C'est à nous de faire les sacrifices et on voit que cela paie.

À dix-huit mois des Jeux, cette victoire compte...
Ça ne se voit pas mais on a énormément la pression. Nos résultats dans notre sport amateur, ce sont les résultats futurs. On a beau dire mais l'argent ça fait tout, ça t'aide à t'entraîner plus, à récupérer mieux. Et puis on a le Ministère, l'Agence nationale du sport qui nous font confiance, on doit leur rendre cette confiance. Et ça passe par des victoires comme ça.