Victor Muffat-Jeandet après son opération du genou gauche : « C'est loin d'être fini ! »

Victor Muffat-Jeandet, ici lors du géant d'Adelboden avant sa chute, ne pourra pas remonter sur des skis avant plusieurs mois. (S. Boué/L'Équipe)

Blessé au cours du géant d'Adelboden, le 7 janvier, Victor Muffat-Jeandet, 33 ans, a dû être opéré du nez, de la main, et surtout du genou gauche, ce qui l'éloignera des pistes pendant plusieurs mois. Après un passage délicat, il entame sa rééducation avec optimisme.

« Où en êtes-vous depuis vos blessures, à Adelboden (Suisse) le 7 janvier, et votre opération du genou gauche le 17 janvier ?
Je commence à retrouver mes esprits. Ça s'est fait en deux étapes, d'abord une première semaine à Berne (Suisse) à l'hôpital, avec les opérations de la main et du nez, les diagnostics. Puis j'ai été rapatrié le lundi à Lyon pour y être opéré du genou. J'étais très mal à la sortie de l'opération, j'ai eu quelques jours compliqués. Ça commence à aller mieux, je suis dans un processus de rééducation.

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En quoi a consisté cette opération ?
Le ligament latéral externe a nécessité une double opération, une arthroscopie plus une restructuration du ligament avec allogreffe. Il est rare, quand on se fait le ligament latéral, que le croisé ne soit pas touché. Le ménisque et le plateau tibial ont des petites lésions, mais il n'y a pas eu besoin d'intervenir. Quand j'étais dans les filets, je me suis imaginé beaucoup de choses, le nez et la main saignaient beaucoup, mais je sentais que le genou était bizarre. Mais j'ai eu un peu de chance dans mon malheur, je m'attendais à pire.

Et psychologiquement, comment vous sentez-vous ?
Beaucoup moins affecté que l'an dernier, qui se révèle malheureusement avoir été un « entraînement ». J'ai plus de recul. Ça ne va pas être rigolo tous les jours, et louper les Mondiaux (6-19 février à Méribel-Courchevel) est un deuxième crève-coeur. L'an dernier, c'était injuste, une blessure à la con (fracture de la cheville lors du slalom de Zagreb, qui avait été stoppé ensuite), c'était plus dur à accepter (il n'avait pas pu participer aux Jeux Olympiques de Pékin). Là c'est un fait de course, comme souvent ça bascule vite, ça se joue à peu de détails.

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À 33 ans, et après deux saisons d'affilée écourtées par une blessure, avez-vous pensé à arrêter votre carrière ?
Avec la violence du choc, quand je suis dans les filets, puis dans la barquette avec un collier cervical, une coquille, une évacuation en hélico, dans ma tête je me suis dit qu'il était temps de faire autre chose. Mais ça a été passager. Après les diagnostics, j'ai tout de suite eu envie de revenir. Je me suis montré à moi-même cette saison où j'avais pu revenir, à un niveau plus élevé que par le passé. J'ai un surplus de motivation par rapport à l'an dernier. Ça fait partie de mon histoire, et c'est loin d'être fini !

Savez-vous quand vous pourrez remonter sur les skis ?
C'est une blessure atypique. Pour le (ligament) croisé, c'est précis, là non, et j'ai du mal à me projeter sur des délais. Il faudra au moins quatre ou cinq mois... Pour l'instant, je suis très optimiste. La rééducation avance bien. D'abord ce sont six semaines sans poser le pied, je reverrai le chirurgien ensuite. Pendant les Mondiaux, je serai encore en béquilles, mais je vais essayer de venir sur le week-end technique (17-19 février). Je regarde les courses, je ne suis pas déprimé ni aigri. »

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