Victor Perez après son 1er tour au DP World Championship : « La semaine est encore très longue »

Victor Perez a rendu une première carte sans bogey. (S. Boué/L'Équipe)

Après un solide 69 (-3, sans un bogey) qui le place aux avant-postes, le Tarbais Victor Perez se réjouissait d'un départ idéal sans pour autant s'enflammer. Sous l'écrasante chaleur dubaïote, le chemin est encore long jusqu'au 72e trou dimanche.

Victor Perez (69, -3) : « La stratégie ne devrait pas changer »« Une journée en -3, sans bogey, on vous imagine assez satisfait de ce premier tour...
C'est jamais évident un premier tour d'un tournoi avec un parcours un peu différent des années précédentes. Je savais qu'il allait vraiment séparer le champ de joueurs parce qu'avec du rough et des greens assez fermes, dès qu'on est un peu dans le rough, on rate des greens et on va vite faire deux, trois, quatre, cinq bogeys... Mais si on est sur le fairway, avec ces positions de drapeau, il y a quand même de quoi scorer. Voir Tyrrell (Hatton) à -8 après 17 trous (-7 au final), c'est pas étonnant donc je suis très content de cette première journée.

Quelle partie du jeu vous a particulièrement satisfait ?
Le jeu de fers était très bon. Je n'ai pas raté beaucoup de greens, ce qui fait qu'on passe la journée assez tranquille. Je n'ai pas pris beaucoup de fairways mais en tapant des coups du rough j'ai pris des greens, ce qui n'est pas forcément évident parce qu'on peut vite avoir un flyer (coup qui dépasse la cible) ou pas selon les lies (endroits où repose la balle). Il faut avoir un peu de réussite sur la lecture du lie. On peut le lire aussi : bien qu'on veut mais de temps en temps ça ne réagit pas bien. J'ai réussi à taper des bonnes zones depuis des endroits où j'étais en difficulté. Le putting de loin était très bon, je n'ai pas eu à trop batailler avec des putts de 2 ou 3 mètres pour par. Ce qui fait que la journée s'est plutôt bien passée.

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Comment gère-t-on la chaleur physiquement pendant une journée comme celle-ci ?
C'est dur de s'alimenter dans une journée comme ça. Il fait tellement chaud, il faut boire, l'électrolyte est à bloc. En plus on part à une heure un peu bizarre, qu'on n'aime pas forcément. 11 heures, on prend le petit déj mais on n'a pas le temps de manger à midi. Donc j'espère que demain (vendredi) ce sera l'après-midi pour avoir le temps de déjeuner. Il fait très chaud et il n'y a pas beaucoup de vent. On s'hydrate mais on puise quand même dans la machine pour une première journée.

Après un démarrage en -3, quelle va être la stratégie pour la suite ?
Cela va dépendre du temps. Aujourd'hui ils avaient annoncé un peu plus de vent que ça, ce qui a rendu le parcours un peu plus abordable. Je ne pense pas forcément changer ma stratégie. C'est un des parcours que j'ai le plus joués depuis que je suis sur le Tour, j'ai disputé ce tournoi quatre fois donc ça fait douze rounds de compète. Donc on commence à avoir une idée de ce qu'on peut faire et ne pas faire. Pour moi c'est un avantage. La stratégie, je l'ai un peu plus en tête qu'au début sans avoir trop à réfléchir, ce qui est toujours intéressant. Ne pas avoir à passer une demi-heure le matin sur le carnet (de parcours) en train de réfléchir en fonction des positions de drapeaux. On l'a déjà vu assez de fois pour pouvoir jouer avec pas mal de fluidité.

Vous aviez joué 67 le premier jour en 2020 et terminé 6e du tournoi : ce genre de tour est-il idéal d'entrée de jeu ?
C'est connu des stats que le premier round est hyper important. Cela te lance dans le tournoi, surtout sur un parcours qui n'est pas forcément facile. Dès qu'on est au-dessus du par et qu'on voit direct des -9, -10, on est loin et on n'a plus du tout la même approche. Après avoir fait une partie très solide, on n'a pas besoin d'attaquer des coups plus souvent qu'il ne le faut. Le premier tour, c'est toujours important même s'il y a 72 trous. Quand on est sur une bonne lancée, sans forcément faire -8 mais avec une carte solide, on sent que la stratégie est en place et on peut se laisser jouer pour le reste de la semaine.

Quel va être le programme de la fin de journée ?
Cela va être récup, essayer de manger, se refroidir si on trouve un bain froid ou quelque chose pour calmer le corps parce qu'on est à 25 % du tournoi et la semaine est encore très longue. »

LES AUTRES FRANÇAIS

Romain Langasque (71, -1) : « Ma meilleure partie de l'année »Lancé en deuxième partie tôt le matin, le Français a rendu une première carte sous le par (-1) qui le satisfait pleinement, encore plus pour la manière que pour le score.

Romain Langasque : « J'ai très bien drivé de A à Z, pris pas mal de greens et fait peu d'erreurs. Je me suis senti vraiment bien tout le long du parcours. Très sincèrement c'est ma meilleure partie de l'année. Et le gros point positif, c'était le driving. Jouer sous le par c'est toujours positif, mais je retiens aussi la forme, avec beaucoup d'opportunités qui ne sont pas forcément tombées même si je n'étais pas si proche (des drapeaux). Je suis très heureux. Ici, le chipping est vraiment dur autour des greens donc je pense que -1 c'est un très bon score et je suis très content de mon tour ; j'ai pris ma chance, dès le début.

Je suis rentré tout de suite bien dans la partie. Je me suis mis à 5m au 1, 3m pour birdie au 2 et au 3, sur le green au 4 et à 1m pour birdie au 5. J'ai senti que le fond de jeu était là, mais comme je le disais je me sens bien depuis la semaine dernière donc je sentais que mon jeu était en place. Il y avait pas mal de drapeaux au fond des greens, proches des bords, qui rendaient le parcours un peu plus long. Donc c'était plus dur d'aller près des drapeaux mais je pense que n'importe quel score en dessous du par sera un bon score. Après il faudra quelques birdies en plus les prochains jours pour espérer le haut du leaderboard.

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Vu les roughs, ils ont peut-être envie que le tournoi ne se gagne pas en -20 cette année. C'est dans l'esprit, ils vont coincer les drapeaux toute la semaine. Surpris ? Non, on est à la finale de la Race to Dubaï, il y a les meilleurs du monde donc il faut un parcours à la hauteur.

Là je vais aller manger et faire un peu de putting parce que j'ai un peu galéré avec la vitesse (des greens). Ensuite je vais rentrer me reposer parce qu'il fait très chaud et qu'il y a encore trois tours. J'en ai parlé avec Makis (Chamalidis, son préparateur mental), le but c'est d'être présent sur tous les coups, de bien s'alimenter tout au long du parcours et de faire mes routines le mieux possible. Ce parcours peut être exigeant si tu commences à moins bien taper la balle. Je suis prêt, j'en suis conscient.

Je préfère démarrer tard, ce sera bon signe mais je pense qu'aujourd'hui c'était plutôt un avantage de démarrer tôt. Les greens sont un tout petit peu plus soft et ça joue aussi. Après, si je peux jouer à 12h30 dimanche... »

Antoine Rozner (72, par) : « Peut mieux faire »Après un bel aller en -2, le Parisien a perdu un peu le fil, pour terminer dans le par avec un goût d'inachevé en dépit de quelques « très bons coups de golf ».

Antoine Rozner : « J'ai fait une entame plutôt solide dans le contenu, maintenant je suis un peu déçu du résultat, parce que ça méritait un peu mieux. Ça n'a pas payé, surtout au retour où j'ai enchaîné pas mal de très bons coups de golf. J'aurais espéré un petit mieux, maintenant c'est quatre tours, c'est assez long donc j'espère arriver à grappiller quelques places d'ici dimanche. C'était vraiment pas mal au niveau des sensations, j'ai trouvé un truc il y a deux jours qui me parle pas mal.

Je n'ai peut-être pas pris beaucoup de fairways, c'est sans doute là où ça s'est joué aujourd'hui. Parce qu'on sait qu'avec ces roughs hyper épais on peut se mettre en difficulté. Si je peux arriver à prendre un peu plus de fairways, je pense que je pourrai être plus agressif sur les deuxièmes coups et essayer de glisser un peu plus de birdies. Ça n'a pas beaucoup soufflé, mais ça reste un parcours assez challenging, c'est très dur de faire des birdies, il faut arriver à se mettre proche. C'est un parcours pas évident mais on voit qu'il y a des scores assez bas donc on peut mieux faire. Même si j'ai eu quelques moments un peu durs, je ne me suis pas trop déconcentré, il faut rester sérieux et appliqué.

Il y a un bon score à aller chercher, il faut faire quatre journées solides, c'est le plus important. J'ai fait une journée correcte même si j'aurais espéré mieux, donc contrat plutôt rempli dans l'ensemble. »

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