Victoria Azarenka répond à Marta Kostyuk : « Je ne joue à aucun jeu politique ni médiatique »

Après sa victoire contre Marta Kostyuk (6-2, 6-3), jeudi au deuxième tour de l'US Open, la Biélorusse Victoria Azarenka a été interrogée sur le choix de son adversaire de ne pas lui serrer la main et sur les reproches que l'Ukrainienne lui a adressés à travers la presse.

« Comment vous êtes-vous sentie quand Marta Kostyuk a décidé de ne pas vous serrer la main au filet ?
Ça ne m'a pas surprise. Je ne pense pas qu'il faille en faire un événement. Je serre toujours la main de mes adversaires. Je me suis retrouvée dans la même situation avec Yastremska à Washington. C'est comme ça. Je ne peux pas forcer quelqu'un à me serrer la main. C'est leur décision. Comment ça m'a fait me sentir ? Ce n'est pas le plus important en ce moment.

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Elle semblait particulièrement énervée que vous ne l'ayez pas contactée ces derniers mois. Est-ce quelque chose que vous aimeriez faire et pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?
Je l'ai proposé de nombreuses fois via la WTA, par délicatesse. On m'a répondu que ce n'était pas le bon moment. Je ne suis pas et n'ai jamais été proche de Marta. Je ne me suis jamais entraînée avec elle et je n'ai jamais vraiment discuté avec elle. En mars, quand tout a commencé, j'ai contacté toutes les joueuses ukrainiennes que je connais personnellement et avec lesquelles j'entretiens de bonnes relations. Je ne pense pas que me forcer à parler à quelqu'un qui ne le souhaite peut-être pas, pour différentes raisons, soit une bonne approche. Mais j'ai proposé de le faire.

« Ce qui se passe dans le monde actuellement est très dur, mais on ne devrait pas oublier que nous sommes tous des êtres humains. On devrait se traiter comme tels »

Je pense avoir eu un discours très clair depuis le début : je suis là pour aider et je l'ai fait, beaucoup. Peut-être pas des choses que les gens voient. Je ne le fais pas pour ça. Je le fais pour les juniors qui ont besoin de vêtements, des gens qui ont besoin d'argent ou de moyens de transport. Aider les gens dans le besoin, c'est ça qui compte pour moi. Si Marta veut me parler... Elle m'a envoyé un texto hier (mercredi), j'ai répondu. Je suis ouverte, prête à écouter, à essayer de comprendre, à sympathiser. Je pense que l'empathie est très importante en ce moment. Ce qui se passe dans le monde actuellement est très dur, mais on ne devrait pas oublier que nous sommes tous des êtres humains. On devrait se traiter comme tels.

À propos de ce texto, elle a expliqué vouloir vous prévenir pour la "non poignée" de main. Elle a aussi parlé de votre rôle au sein du conseil des joueuses et pense que vous pourriez vous faire davantage entendre. Quelle est votre réaction ?
Vous pouvez demander quel est mon rôle et ce que je fais pour les joueuses à toutes les membres du conseil des joueuses et aux gens de la WTA qui me voient agir. Je n'ai pas besoin de me jeter des fleurs, je sais ce que je fais. Avec tout mon respect, je ne crois pas qu'elle ait la moindre idée de ce que je fais au conseil des joueuses parce qu'elle n'y est pas. Moi, je la vois comme une joueuse de tennis et une collègue. Je sais qu'elle traverse des situations très difficiles. Ce n'est pas simple à gérer. J'aimerais qu'elle ait quelqu'un qui la guide un peu mieux dans cette période compliquée.

« J'ai proposé mon aide, mon écoute. Si ce n'est pas reçu comme ça, encore une fois, je ne peux forcer personne »

Je suis toujours à l'écoute. Je ne peux forcer personne à faire ce qu'il ne veut pas faire. Mais elle a mon numéro, les autres aussi. Si je peux aider, je le fais. Je ne joue à aucun jeu politique ni médiatique, je ne suis pas là pour ça. Je suis une personne très directe. Vous me connaissez depuis de nombreuses années, je parle franchement et directement aux gens. Twitter n'est pas le lieu pour discuter. Le lieu, c'est face à face. Ceux qui me connaissent en dehors du court le savent. Je parle avec les gens de visu, pas au téléphone ou par texto.

Vous vouliez participer à l'exhibition "Tennis Plays for Peace", dont les bénéfices allaient revenir à un fonds de soutien à l'Ukraine, mais ça n'a finalement pas été le cas, notamment à la suite des critiques de Kostyuk. Comment l'avez-vous vécu ?
C'est une longue histoire. L'USTA m'a appelée pour me demander si je souhaitais participer. Il n'y avait même pas de débat pour moi : pourquoi je ne voudrais pas participer à une action humanitaire pour aider les gens qui souffrent en ce moment ? Ça ne m'a même pas traversé l'esprit. Selon moi, c'était une preuve de mon implication. Je ne sais pas pourquoi ça n'a pas été pris dans ce sens. J'ai proposé mon aide, mon écoute. Si ce n'est pas reçu comme ça, encore une fois, je ne peux forcer personne.

Mon rôle, c'est d'être là, prête à offrir mon aide. Cet événement était une super idée. Beaucoup d'argent a été collecté pour une belle cause. Que j'y aie participé ou pas, le plus important c'était l'objectif d'aider les gens. Je ne suis pas suffisamment autocentrée pour ramener ça à moi. Je ne sais pas ce que je peux faire à part proposer mon aide. J'espère qu'on va trouver des solutions, mais je ne participerai pas à ce jeu médiatique et politique. Ce n'est pas qui je suis, je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai pas. »

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