Vincent Collet, après France-Turquie : « Probablement le scénario le plus dingue »

Vinent Collet et les Bleus sont qualifiés pour les quarts de finale de l'Euro. (A. Mounic/L'Équipe)

Vincent Collet a vécu un tourbillon émotionnel lors de la victoire miraculeuse des Bleus contre la Turquie (87-86 a.p.) en huitièmes de finale de l'Euro. Il assure n'avoir jamais connu un dénouement aussi fou avec l'équipe de France.

Vincent Collet (entraîneur de l'équipe de France) : « C'est probablement le scénario le plus dingue que j'ai vécu avec les Bleus. Mais c'est le basket. Ce n'est ni la première ni la dernière fois qu'on voit ça. J'ai une pensée pour la Turquie, qui peut légitimement être déçue de la manière dont ils ont perdu. Ils ont eu leur chance avant la fin du temps réglementaire, ratent deux lancers et perdent la balle. Après, on s'est battus jusqu'au bout pour essayer de survivre. On a manqué l'opportunité de creuser un plus gros écart en première mi-temps, et ils se sont relancés en enchaînant trois tirs à trois points avant le retour au vestiaire. Ensuite, on est retombés dans nos travers offensifs en troisième quart. On n'avait plus de timing. Et il y avait notre péché éternel, les balles perdues (21). Même quand on revient mieux sur la fin, la Turquie met des tirs très difficiles. c'est le basket pas première ou dernière fois que ces choses peuvent arriver. La fin relève du miracle, même si avec les ratés aux lancers de Rudy -qui par ailleurs a livré un grand match- en fin de prolongation, la pièce aurait pu tomber de l'autre côté. »

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Rudy Gobert (pivot de l'équipe de France, auteur du record du nombre de rebonds en bleu avec 17 prises) : « Ça a été un match fou. On a bien commencé, puis ils ont fait une grosse série. Même en retard à l'entame du money-time, on a montré du caractère en revenant. Dans les dernières secondes, on était dans une position très difficile. On a eu la chance qu'ils ratent les lancers francs, et de voler la balle. On n'a jamais arrêté de se battre. C'est loin d'être notre meilleur match, mais je reste fier qu'on n'ait pas abandonné. On a été récompensés pour ça. Mes rebonds offensifs en fin de match et prolongation ? Je fais ce que je fais depuis le début de ma carrière. Quand on attaque bien le panier, ça attire des aides des grands et me permet d'avoir l'avantage. Avec Moustapha, Vincent, on est tous de bons rebondeurs et il faut sanctionner l'adversaire dans ce registre. On a trois jours pour être prêts pour notre quart de finale. »

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« « La pire défaite, émotionnellement, en vingt-six ans de carrière »

Ergin Ataman (entraîneur de la Turquie) : « (En se tenant la tête dans les mains.) C'est peut-être, émotionnellement, la pire défaite que j'ai connue en 26 ans de carrière. On a commencé avec un stress terrible. Tout le monde pensait que la France était bien au-dessus de nous parce que Shane Larkin n'était pas là, qu'on n'avait aucune chance. Mais à un moment on a compris qu'il était temps de se battre. On a haussé le niveau d'agressivité défensive. On a fini par contrôler le match. On a fait un excellent quatrième quart-temps. À 12 secondes du buzzer, on pense que c'est gagné, mais il se passe ce qu'il s'est passé (lancers ratés de Cedi Osman et interception)... En prolongation, moralement on était mal. Et pourtant on a encore eu une chance quand Rudy Gobert a raté ses lancers francs. On méritait de gagner. Mais dans ce sport, parfois, il y a des miracles. Aujourd'hui, le miracle est survenu... contre nous. »

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