Vincent Gérard, qui va rejoindre Kiel : « Je me mets en danger »

Vincent Gérard, 36 ans en décembre, va connaître une première expérience à l'étranger. (N. Luttiau/L'Équipe)

Le gardien de l'équipe de France Vincent Gérard (35 ans) quittera Saint-Raphaël à la fin de la saison pour rejoindre l'un des cadors européens, le club allemand de Kiel.

« Comment s'est fait votre transfert de Saint-Raphaël pour Kiel à la fin de cette saison ?
Avec l'horizon des JO à Paris à la fin de la saison prochaine, il y avait cette idée de pouvoir continuer à jouer à une telle intensité. Quand Kiel a manifesté son intérêt, je remercie Saint-Raphaël d'avoir réussi à comprendre ma situation et de faire en sorte que ça se passe bien pour tout le monde (il était sous contrat jusqu'en 2025).

Vous avez signé pour combien de temps ?
Je me mets un peu en danger car je n'aurai plus qu'un an de contrat puisque j'ai signé pour un an, alors que j'étais sous contrat jusqu'en 2025 avec Saint-Raphaël. C'est un risque que je prends, mais maîtrisé. Quand un club comme Kiel est intéressé, on essaie de le rejoindre. Kiel cherchait un gardien qui accepte de signer une saison et qui pouvait faire la maille comme on dit. C'est un plaisir de rejoindre ce club mais il y a encore la saison à finir avec Saint-Raphaël de la meilleure des façons pour les remercier et continuer à performer car je suis avant tout un compétiteur.

Connaître une première expérience à l'étranger, à 36 ans même si pour un gardien ce n'est pas vieux, ça fait quoi ?
Je ne fais jamais rien dans le même sens que les autres. Je n'ai pas fait de centre de formation, j'ai commencé par Montpellier (en 2006), j'ai un parcours atypique. C'est aussi se mettre en danger. C'est ma 16e saison en Championnat de France, on a ses repères. Alors partir à l'étranger... J'ai eu Nikola Portner (avec qui il a gagné la Ligue des Champions en 2018 et qui joue aujourd'hui à Magdebourg) qui m'a dit ''tu vas voir c'est un autre monde.'' Des joueurs, des salles que je ne connais pas, des ambiances différentes. J'arrive à un moment de ma carrière où je peux imaginer signer un an pour un projet, à moi d'arriver en forme et d'être performant.

Niklas Landin partant à Aalborg, vous serez donc associé avec le tchèque Tomas Mrkva...
On fera la paire. Comment on se répartira le temps de jeu, je ne sais pas, ce que je sais c'est qu'il y a beaucoup de matches. Il y a donc plus de place pour tout le monde mais il y a aussi une nécessité de tourner. J'arrive à un moment de ma carrière où je ne suis pas dans l'obligation de jouer une heure par match comme il y a encore cinq ans où j'avais besoin de ça.

Ça va être un vrai challenge...
Oui. Je me mets aussi en danger. Ce n'est pas une finalité en soi de signer à Kiel, ce qui est important c'est de gagner avec Kiel. Quand on voit tous les joueurs et notamment français qui ont joué là-bas (I. Anic, J. Fernandez, N. Karabatic, T. Omeyer, D. Narcisse...), ce ne sont que des grands joueurs, il y a aussi beaucoup de fierté. Ça va être une vraie aventure. Peut-être le plus gros changement de ma carrière depuis un bout de temps. Je n'ai pas toujours fait des choix faciles, j'ai pris des risques, c'en est un de plus. C'est un défi de plus. Paris 2024 sert de point d'accroche, on se dit qu'il faudra être tous très performants. Comment faire pour y arriver, c'est aussi un moyen. »

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