Violences et harcèlement, libérer la parole

La lutte contre les violences, le harcèlement et l'exclusion dans le sport a été au centre d'une table ronde organisée ce jeudi à Paris dans le cadre du festival « Demain le Sport » avec la participation de Sarah Abitbol, Nathalie Péchalat, Emma Oudiou et Sébastien Boueilh.

Beaucoup d'émotion ce jeudi à la Maison de la radio et de la musique, dans le 16e arrondissement de Paris, avec une table ronde intitulée « comment lutter efficacement contre les violences, le harcèlement, les exclusions ? » dans le cadre du festival « Demain le Sport ».

L'ex-patineuse artistique Sarah Abitbol a témoigné, en visioconférence, depuis Miami où elle réside, expliquant comment elle s'est reconstruite depuis qu'elle a révélé par le biais de son ouvrage (Un si long silence, 2020) les agressions sexuelles dont elle a été victime à l'âge de 15 ans par son entraîneur. Elle explique avoir fait un gros travail psychologique, parvenir enfin à dire les mots (« prononcer le mot viol ») et aider les victimes à travers son association.

« Informer, sensibiliser, former »

Sur le plateau du Foyer F de la Maison de la radio et de la musique, une autre ancienne patineuse de haut niveau, Nathalie Péchalat, qui est revenue sur les actions menées par la Fédération des sports de glace pendant les deux ans de sa présidence (mars 2020-juin 2022) et aussi sur le retour de l'ancienne équipe dirigeante voilà trois mois, lors des dernières élections.

Troisième invitée à intervenir, Emma Oudiou, athlète spécialiste du 3 000 mètres steeple, championne de France en 2019, qui a parlé de l'agression dont elle a été victime, de sa médiatisation, ainsi que du travail de d'écoute et de témoignage qu'elle effectue, présentant un documentaire où elle donne la parole à des athlètes agressées sexuellement. Quatrième participant à la table ronde, Sébastien Boueilh, ancien rugbyman, victime lui aussi d'un prédateur voilà dix ans, qui a développé une association « Colosses aux pieds d'argile », dont les 26 salariés interviennent quotidiennement sur le terrain pour « informer, sensibiliser, former ». Il a notamment insisté sur les harcèlements et violences entre mineurs et sur la prise en charge des hommes adultes victimes de violences sexuelles : « on est aussi fragiles, même si l'on est des colosses aux pieds d'argile ».