Voile - Coronavirus - Déconfinement : des marins et des élus réclament l'accès à la mer

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Michel Desjoyeaux, Armel Le Cléac'h, Anne Quéméré, hommes et femmes de mer, ainsi que de nombreux députés, poussent pour la fin de l'interdiction d'accès aux plages et à la mer. Ils ont craqué. Un trio de surfeurs a répondu à l'appel du large samedi sur une plage supposée discrète d'Audierne (Finistère), au Cap Sizun, malgré l'interdiction de fréquenter le littoral dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus. Ce n'était pas tout à fait une première, mais cette fois, l'intervention de la police a tourné au n'importe quoi. Deux des trois surfeurs se sont mis à l'eau pour échapper aux 135 € d'amende mais le courant retors du jour les éloigna au loin, sans qu'ils semblent capables de revenir. Le canot de secours de la SNSM (société nationale des sauvetages en mer) - alors en mer pour entraînement - a dû intervenir, ainsi qu'une petite embarcation des pompiers. Au-delà du fait divers, ce cas traduit une incompréhension grandissante des habitants du littoral vis-à-vis des restrictions d'accès aux plages et aux eaux, avec un hashtag #RendezNousLaMer qui monte comme la marée, sur les différents réseaux. « Je n'ai pas compris cette interdiction aussi idiote que les créneaux horaires limités pour la pratique sportive dans les grandes villes, s'insurge ainsi Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe. Laisser de grands espaces purs librement accessibles, c'est permettre les promenades avec une plus grande distanciation. » Toute l'actualité liée au coronavirus Une pétition, intitulée « Rouvrir les plages du littoral pour la pratique d'une activité sportive », a déjà recueilli 16 000 signataires. Olivier Durin, son initiateur, habitant d'Antibes, nous explique qu'il milite « pour un accès mais pas n'importe comment ». Le concept avancé (repris aussi par l'adjoint aux Sports et au surf de Biarritz) est celui de la plage dynamique en vigueur en Australie : « On a le droit d'accéder à la mer pour pratiquer une activité, nage, surf, kayak, pêche, mais il est interdit de s'arrêter sur une serviette ou sous un parasol. » La rameuse Anne Quéméré, tout au bout de sa Bretagne, a mis sa colère dans une autre pétition, « Rouvrir les plages », déjà soutenue par 53 000 signataires, dont le vainqueur en titre du Vendée Globe, Armel Le Cléac'h. Elle prône une ouverture des plages « pour les surfeurs, les nageurs, les joggeurs, les promeneurs et toute autre personne pratiquant une activité physique pour une durée déterminée sans regroupement ». Anne Quéméré ajoute : « Trop de personnes ont été sanctionnées pour avoir simplement fait une activité physique sur des plages très peu fréquentées voire totalement désertes. » Jimmy Pahun, député Modem du Morbihan « Globalement, les gens ont été raisonnables et il est temps de laisser l'accès aux plages dans un cadre défini » Une cinquantaine de députés de Normandie et de Bretagne ont aussi signé une lettre dans le même sens à destination du Premier ministre Édouard Philippe. Parmi eux, Jimmy Pahun, ancien vainqueur du Tour de la France à la voile, élu Modem du Morbihan, qui, depuis son domicile avec vue sur la rade de Lorient vide de voiles, précise leur démarche : « Évidemment, la santé prime sur tout et ici, où il y a eu un cluster début mars, on le sait très bien. Mais globalement, les gens ont été raisonnables et il est temps de laisser l'accès aux plages dans un cadre défini. J'ai bien entendu le Premier ministre parler de différenciation et j'espère qu'on va parvenir à la convaincre. Ici, le préfet a mis en place une quinzaine de groupes de travail sur le déconfinement, dont deux sont liés à la mer. On travaille, on réfléchit, on se bagarre pour que ça aille dans le bon sens. Par exemple, les bateaux pourraient avoir le droit de sortir le 11 mai, mais à condition de revenir à leur ponton le jour même, afin d'éviter un déferlement sur les îles. » Jimmy Pahun espère pouvoir interpeller le Premier ministre mardi à l'Assemblée, où il serait question d'un désir « de retour à un semblant de normalité dans le respect des gestes barrière », avec libre appréciation aux maires et aux préfets de rouvrir ou non leurs plages. « La différentiation sera-t-elle préférée à l'interdiction générale ? » questionnerait Jimmy Pahun. Le gouvernement a prévu d'affiner les modalités du déconfinement jeudi 7 mai. Les marins professionnels, eux, et notamment ceux qui ont été retardés dans leur complexe préparation au Vendée Globe, devraient pouvoir renaviguer dès le 11 mai. Reste à savoir dans quelles conditions. Le grand large ne semblant pas pour l'instant une option.

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