Voile - Coupe de L'America - Philippe Presti, coach de Luna Rossa : « On est encore en vie »

L'Equipe.fr
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Mené 6-3 par Team New Zealand, à un point de la victoire, Luna Rossa doit absolument s'imposer la nuit prochaine à Auckland. Coach des Italiens, Philippe Presti estime que « ça peut passer » et assure qu'ils n'ont pas envie « d'être les perdants magnifiques ! » Samedi, au soir des trois premiers jours de régates à Auckland, l'égalité était parfaite (3-3) entre le defender Team New Zealand (Peter Burling) et son challenger à deux barreurs Luna Rossa (Jimmy Spithill-Francesco Bruni). Le match de la 36e Coupe de l'America, couru sur des monocoques volants de 23 mètres (AC75), tenait toutes ses promesses. Depuis, le scénario a tourné à l'avantage des Kiwis qui ont enchainé trois succès dont le dernier dans la nuit de lundi à mardi. Avec six points contre trois aux Italiens (le premier à sept l'emporte), ils se retrouvent à une régate de la victoire finale. S'ils devaient gagner la course 10 ou 11, prévues la nuit prochaine, ils remporteraient l'épreuve pour la quatrième fois, après San Diego en 1995, Auckland en 2000 et Les Bermudes en 2017. Philippe Presti, coach de Luna Rossa « Dès qu'on commet une petite faute, on prend 400 mètres » Mais un tel dénouement n'est pas vraiment du goût du syndicat de Patrizio Bertelli, déjà battu par TNZ en 2000. Malgré le déficit de vitesse de leur AC75, les Italiens espèrent trouver les ressources pour contrer leur rival. « Dans 8-12 noeuds de vent, ce qu'on a depuis le début, on est pas mal en performance », observe Philippe Presti, coach français de Luna Rossa, double vainqueur de l'America avec Oracle Team USA (2010 et 2013). « Mais par moments, il y a deux noeuds de différence en potentiel de vitesse. Les kiwis bénéficient d'une avance de plusieurs mois dans le développement de leur bateau. C'est serré quand on part devant et qu'on fait tout ce qu'il faut pour y rester. Je suis super fier des gars, ils naviguent bien, poursuit Presti. Mais dès qu'on commet une petite faute, on prend 400 mètres. » Philippe Presti « On doit absolument partir devant » Dominateurs sur les départs, les Transalpins misent sur là-dessus pour rester dans le match. « C'est notre point fort. On a bien compris les forces et les faiblesses de notre machine et les limites de leur système. On doit absolument partir devant et ne pas faire d'erreur. À chaque fois qu'on est partis derrière, ils nous ont mis 1'30''. Quand tu as la vitesse comme ils l'ont, tu n'as pas la même prise de risque. Mais je ne pense pas qu'ils fassent exprès de partir derrière. » La nuit prochaine, il y aura 10-12 noeuds de vent de nord-est sur le plan d'eau. « On espère que le vent ne sera pas trop instable car sinon tu as plus de mal à contrôler ton adversaire. On est encore en vie, ça peut passer, on va montrer notre fighting spirit. On n'a pas envie d'être les perdants magnifiques. » Face à des Néo-Zélandais qui naviguent de mieux en mieux, le défi est de taille pour les Italiens. Mais pas impossible.