Voile - Vendée Globe - Alex Thomson le premier en vue du pot au noir

L'Equipe.fr
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Le Britannique Alex Thomson conserve une petite centaine de milles sur le Nordiste Thomas Ruyant à l'approche du pot au noir. Dans le dico des Bretons qui prennent la mer en essayant d'aller le plus vite possible, il existe depuis l'automne dernier une nouvelle expression : « se faire Beyouter. » En français, se faire choper par le pot au noir, comme Jérémie Beyou, y perdre presque deux jours et une course (la Transat Jacques-Vabre entre Le Havre et Bahia) alors que le fil de fer qui cerne la bouteille de champ était déjà détaché... Sale endroit. Synonyme ; « le pot de pus » ; selon un autre bretonnant, Armel Le Cléac'h. Pourtant, même si ce n'est ni du ski ni du canoë, la porte est historiquement identifiée. Alex Thomson (Hugo Boss) va s'y présenter le premier dans les heures à venir. Ce mardi, tout souriant, presque dansant devant sa colonne à winch, au chaud, au sec, il s'amusait à partager le bruit de sa caverne intérieure, plus de 100 décibels. Il dévalait l'Atlantique à plus de 20 noeuds par bon vent de travers, capitalisant sur les milles engrangés après avoir osé flirter plus que les autres avec la tempête Thêta. Il se détendait peut-être avec un passage dans l'autre hémisphère toujours tendu, « tricky » comme disent les Anglais, piégeux. Bonne Espérance dans dix jours Le pot s'annonce peu épais, mais il convient de toujours s'en méfier. Thomas Ruyant, le Nordiste qui piste l'Anglais sur LinkedOut, dont le retard était passé de 139 milles à 88 milles au pointage de 15 heures (heure française) après une journée référence à plus de 500 milles, ne jouait pas le gars qui ne craint rien et commençait déjà à lire les cartes et les nuages avec respect : « ça n'a pas l'air très actif mais on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé, c'est un peu la surprise à chaque fois. » Sauce anglaise ? Sauce de baraque à frites ? Ruyant a bien pigé que le moment était important même s'il n'en dit rien. Depuis deux jours il cherche un équilibre entre préserver le matos et border les voiles pour recoller au leader. « Car arriver dans l'Indien avec 100 à 150 milles de retard ça peut vite être un problème », résumait un membre de son team. Le cap de Bonne Espérance est dans dix jours. Mais c'est une autre porte. Et celui qui l'ouvre en premier rentre souvent le premier aux Sables.