Voile - Vendée Globe - Armel Tripon veut naviguer avec du carbone recyclé

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La prise de conscience écologique gagne la voile. Armel Tripon prépare un projet de Vendée Globe avec un bateau qui utiliserait deux tonnes de carbone déclassé par Airbus.

C'est l'après Vendée Globe, et l'avant Rhum. La Transat Jacques Vabre est une transat (en double) engagée mais aussi un entre-deux où se défont et font les projets, une vitrine pas encore finalisée. Armel Tripon était revenu onzième du Vendée Globe, contrarié après une avarie précoce. « Son » bateau noir aux grands foils d'or (L'Occitane en Provence) qui faisait beaucoup d'envieux, repris par son propriétaire dès l'amarrage au ponton, est passé dans les mains du très actif Louis Burton (Bureau Vallée).

Tripon a ciselé un livre, « Des mots sur le globe », qui parfois se prend à ressembler au Petit Prince de Saint-Exupéry. Il a aussi pris la barre d'un multicoque de 50 pieds joliment nommé Les petits Doudous (une association qui aide les enfants à mieux supporter leur passage à l'hôpital) au moins jusqu'à la Route du Rhum (novembre 2022). Enfin, il peaufine son retour au Vendée Globe (2024-2025) avec un projet novateur, performant et vertueux, où il s'agira de recycler du carbone déclassé. Car la voile ce n'est pas que du vent.

« Comment est née cette idée de récupérer du carbone qui jusque-là était mis au rebut ?
À Nantes, il y a une usine Airbus où ils fabriquent les entrées d'air et les poutres centrales des avions. Ils utilisent beaucoup de carbone pré-imprégné. C'est de l'aviation, ils ont des dates de péremption très très strictes, avec une gestion des stocks assez complexes, ce sont ces rouleaux de carbone déclassé, ce surplus, qu'on se propose d'utiliser.

Les déchets des uns deviennent les pépites des autres. On peut même imaginer de mettre en oeuvre une filière. La classe IMOCA (qui chapeaute les bateaux type Vendée Globe) y est très favorable. Il y a des choses intelligentes à faire, c'est une énergie positive. Dans le contexte actuel on ne peut se contenter de dire que nos bateaux ont juste besoin du vent. Si on se tient à ce message, on va se prendre la porte dans le nez. Il faut agir. On ne peut plus tout miser sur la perf sans se soucier de l'impact.

Ce carbone est-il fiable ?
C'est comme des yaourts périmés d'un jour, leur vraie date de consommations va bien au-delà de ce qui est permis. Sur le Vendée Globe, j'ai mangé des oeufs presque jusqu'à la fin. Ce carbone a toutes les qualités requises, il n'hypothèque en rien la vitesse ou la fiabilité. Il en faut deux tonnes. C'est pas ce qui fait le coût principal d'un bateau. C'est d'abord les 30 000 heures qu'il faut pour le construire. Mais il n'y a pas de petites économies et c'est vertueux. C'est dans l'esprit de l'association que je soutiens, les P'tits Doudous, qui s'autofinance en recyclant le titane utilisé dans les salles d'opération des hôpitaux, ou dans mon projet de construire un petit catamaran bio-sourcé.

Il faut aussi de l'argent...
Un bateau neuf, c'est 5,5 millions. On a une bonne idée de départ, on a le soutien institutionnel autour de Nantes, maintenant il faut concrétiser, le plus difficile c'est l'amorçage, mais ça va se faire, j'hypothéquerais ma maison s'il le faut, je suis prêt à prendre des risques, l'histoire en vaut la peine. Et j'ai envie d'être performant.

Lorsque vous êtes rentré du Vendée Globe vous aviez appris que vous ne conserveriez pas le bateau. Comment avez-vous digéré ?
J'ai revu le bateau à Lorient mi-septembre, et je n'ai rien ressenti. Ça avait été brutal sur le coup ; c'est aussi la vie du sponsoring. Je retiens surtout que ce fut une belle expérience.

Pour l'instant, pour cette transat Jacques-Vabre, vous êtes à la barre d'un trimaran de 50 pieds.
Je suis hyper content de refaire du multicoque. C'est d'autres sensations. C'est un budget d'achat raisonnable, 850 000 euros. Le bateau de Sam Goodchild est un peu au-dessus du lot mais on est vraiment tous très proches. Je suis impatient aussi d'être au départ de la Route du Rhum. »

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