Voile - Vendée Globe - « C'est super violent », témoigne Jérémie Beyou, de retour vers les Sables-d'Olonne sur le Vendée Globe

L'Equipe.fr
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Contraint de faire demi-tour mercredi en raison d'une série d'avaries ayant endommagé son monocoque « Charal », Jérémie Beyou fait toujours route ce jeudi vers les Sables-d'Olonne où il est attendu vendredi soir ou samedi matin. Il a délivré un témoignage poignant ce jeudi. Jérémie Beyou s'est exprimé pour la première fois ce jeudi matin à la vacation, au lendemain de son demi-tour vers les Sables-d'Olonne, suite à une série d'avaries ayant touché son monocoque Charal. Le skippeur est revenu sur les incidents l'ayant provoqué et la gravité des dommages. Accablé, en état de choc, il témoignait de la violence de ce qu'il vivait et soulignait qu'il ne savait pas s'il repartirait ou non en course. « Je ne pouvais pas y croire » « C'est toujours pareil... Il y a pire quand on pense aux événements qui nous entourent. Maintenant, quand tu es sportif de haut niveau, tu ne vis qu'au travers de ton objectif. Depuis quatre ans, je vis dans l'objectif d'essayer de gagner le Vendée Globe. Je suis à 100 % là-dedans, je ne vois rien de ce qui existe autour. Quand ça s'arrête comme ça, brutalement, c'est super violent. C'est pour ça que j'ai mis tant de temps à faire demi-tour, j'aurais probablement dû faire demi-tour tout de suite, parce que d'aller passer le front avec le bateau dans cet état, forcément ça a fait d'autres dommages collatéraux mais je ne pouvais pas y croire. Le réveil est un peu dur. » lire aussi Beyou, scénario catastrophe « Ça a déchiré le pont à tribord » « Un peu plus tôt dans la journée (de mardi), quand le vent n'était pas encore trop fort, j'ai arraché ma cadène de renvoi de point d'écoute de voiles d'avant, ça a explosé la cloison de barre d'écoute... Ça a déchiré le pont à tribord et puis en fait, pendant que j'étais à l'intérieur du bateau en train d'inspecter tout ça, j'ai tapé un truc avec le safran. Il s'est à demi relevé, j'ai un trou dans l'attaque de safran et j'ai la fuite de safran qui est cassée. Le vent fort arrivait, donc soit je faisais demi-tour tout de suite, soit je continuais. Le front est passé, c'est passé hyper vite. On est passé de 45 noeuds d'un bord à 45 noeuds de l'autre. J'ai empanné, j'ai pris la bastaque (câble qui soutient le mât) et avec tous les éclats de carbone ça a fait exploser le courant de bastaque, je me suis retrouvé sans bastaque. Je venais de casser mon aérien juste quelques heures avant. La bastaque, c'était le dernier truc. J'ai dû abattre et puis faire route retour. » lire aussi Toute l'actu du Vendée Globe « Repartir, je n'en sais rien » « (ce jeudi), il y a toujours de la mer, je suis au portant dans une quinzaine de noeuds avec la mer de derrière donc ça va. De l'autre côté, bâbord amure, le safran commence à être bien abîmé, je ne peux pas aller très vite. Je pense arriver le 14 (samedi) au matin. Pour la suite, je ne sais pas... Le safran, peut-être que ça peut être changé, la barre d'écoute et la cloison, j'avoue que je ne sais pas trop. Honnêtement, je me réveille de quatre ans de préparation pour essayer de gagner le Vendée et ça, c'est fini. Mon papa est parti à l'hôpital, il a fait un AVC une semaine avant le départ, j'ai complètement occulté tout ça. Forcément, là, ça m'éclate un peu à la figure. Là, je ramène le bateau et je verrai après. Je ne sais pas, je n'en sais rien pour repartir. »