Voile - Vendée Globe - Charlie Dalin « n'a plus rien à perdre » et va tout tenter pour revenir sur la tête du Vendée Globe

L'Equipe.fr
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L'avarie de foil réparée sur son Apivia, Charlie Dalin, troisième du Vendée Globe, espère que les soucis sont désormais derrière lui et compte bien revenir sur Yannick Bestaven (Maitre CoQ IV) et Thomas Ruyant (LinkedOut). Leader du Vendée Globe depuis le 23 novembre, Charlie Dalin a perdu sa première place lundi soir après une avarie au niveau de son système de foil bâbord (gauche). « C'était un choc et une déception immense car la première chose que je me suis dit c'est que c'était fini, que je ne pouvais pas continuer comme ça, a raconté ce mercredi midi le skipper d'Apivia, joint par l'organisation du Vendée Globe. Ça a été un moment difficile de constater cette avarie. » Son équipe à terre, composée d'Antoine Carraz, d'Antoine Gautier (directeur technique), de Jean-Yves Gau (boat captain), s'est réunie en urgence chez Mer Concept, la société de François Gabart qui chapeaute le projet. Le marin, lui, s'est mis des conditions lui permettant de se mettre au travail en sécurité et d'appliquer les consignes techniques venues de Concarneau.

« Mon équipe s'est mobilisée en mode « Apollo 13 », confie Dalin. Ils ont la liste du matériel que j'ai à bord, ils m'ont proposé une solution pour réparer. Il y avait beaucoup de découpes de carbone, il fallait redessiner la pièce de carbone à partir d'un plan, il fallait ensuite faire le collage avec le bout de mousse pour faire un sandwich... Puis il a fallu ajuster la pièce. J'étais suspendu à une drisse à l'extérieur du bateau pour mettre la pièce en place. Après, j'ai fait un nombre incalculable d'allers-retours dans le bateau pour remettre des coups de meuleuse pour ajuster la pièce. « Quand j'ai reçu la procédure de l'équipe, j'avais l'impression d'avoir une montagne infranchissable devant moi, c'était énorme » Je voyais le jour qui commençait à baisser, j'étais un peu à bout de force. Heureusement, une heure avant la nuit j'ai réussi à encastrer la pièce. J'ai déroulé une voile et j'ai dormi toute la nuit. C'était beaucoup d'émotions, beaucoup d'énergie. Quand j'ai reçu la procédure de l'équipe, j'avais l'impression d'avoir une montagne infranchissable devant moi, c'était énorme. J'ai pris ça étape par étape. Ça fait du bien d'avoir réussi à le faire. Je relativise beaucoup, ça remet les choses en perspectives par rapport aux petits problèmes que j'ai pu avoir avant. Ce n'était vraiment pas grand-chose par rapport à ça ! »

Ces réparations effectuées, Charlie Dalin a repris son cap. Et son allure de croisière, celle qui lui avait permis de mener la flotte avant ce coup d'arrêt : « J'ai refait une inspection ce matin après l'empannage, la pièce a l'air de tenir, le foil ne bougeait pas beaucoup. J'ai pris confiance dans la réparation. La course continue pour Apivia ! J'espère que c'est la fin de la série noire entre la grosse dépression, le vent faible, l'avarie, les adversaires qui reviennent... J'espère que c'était le dernier souci et que maintenant ça va dérouler ! » Ce mercredi à midi, Apivia pointait en troisième position, à 149 milles du leader Yannick Bestaven. Un pointage qui ne tient pas compte des compensations accordées par le jury au skipper de Maitre CoQ IV pour le temps perdu dans les opérations de sauvetage de Yannick Escoffier. « J'ai perdu pas mal de temps, mais je ne m'en sors pas si mal, constate Dalin. Je suis à portée de tirs de mes deux compères ! Je suis à égalité avec Thomas (Ruyant) en termes de souci de foil (LinkedOut est privé de l'un de ses foils). Ils ne sont pas loin, je les ai en ligne de mire. Je n'ai plus rien à perdre, je vais naviguer à fond pour les raccrocher. » <iframe frameborder="0" width="1058" height="599" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x7y4e9m" allowfullscreen="" allow="autoplay"></iframe>