Voile - Vendée Globe - Charlie Dalin mène toujours le Vendée Globe, Herrmann et Bestaven ont la cote pour la victoire finale

L'Equipe.fr
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Si Charlie Dalin est toujours en tête du Vendée Globe ce lundi soir à moins de 600 milles nautiques des Sables d'Olonne, les bonifications vont chambouler le classement final, sûrement au profit de Boris Herrmann ou de Yannick Bestaven. Il va falloir affiner les mots pour expliquer l'inexplicable puisque mercredi selon toutes les prévisions (mais pas les fortunes de mer) le premier sur la ligne ne serait pas le vainqueur du Vendée Globe. Yoann Richomme, le double vainqueur du Figaro, et remarquable météorologue évoque ainsi un « vainqueur moral » et un « vainqueur technique ».

Il faudra peut-être vérifier le sens exact des mots, car ni Boris Herrmann, ni Yannick Bestaven n'auront volé quoique ce soit. Ils se seront détournés pour aider au sauvetage de Kevin Escoffier et récupérer, après de longues délibérations, le temps alors perdu, soit respectivement 6h et 10h15. La météo, qui plusieurs fois a retenu les leaders, aura donc transformé ce temps rendu en bonus, mais cela aurait pu être du malus... lire aussi Les bonifications compliquent la course Si les routages devaient refléter la vérité du terrain, Charlie Dalin se pointera le premier au ponton accueil de port-olona, où le tapis rouge a déjà été étalé mais il devra vite faire place à Louis Burton, dont l'arrivée est estimée deux à trois heures plus tard. Charlie Dalin, dont le bateau a évolué toute la journée sur le bord où le foil est entier, a visiblement tiré sur son bateau, dépassant allégrement les vingt noeuds, tentant jusqu'au bout d'étirer la tête de flotte. Mais une zone de molles complique sa tâche. À peu près calé dans son sillage, Boris Hermann semble gérer. Un Vendée Globe épique jusqu'au bout « Je suis près à saisir toutes les opportunités, se lamente Thomas Ruyant, ancien leader qui s'est résolu à ne plus pouvoir jouer tout devant, mais ils naviguent tous proprement, en allant vite, sans faire d'erreur. » Parti plus au nord, vers une mer plus compliquée, mais où devraient régner des vents plus fournis encore, Yannick Bestaven, joue une autre carte « plus rock and roll. » Et c'est sûrement lui l'adversaire le plus dangereux de Boris Hermann. lire aussi Ils sont cinq pour une victoire finale Ce Vendée Globe a été épique, il le sera jusqu'au bout. Les machines et les hommes, très usés, semblent tenir, les aléas des mers semblent les épargner, même si Boris Herrmann a dû batailler plus d'une demi-heure pour contraindre un cargo, qui faisait route de collision avec lui, à se détourner, un voilier étant toujours prioritaire sur un navire à moteur... Au coeur de la nuit de mercredi à jeudi, trois « vainqueurs » pourraient donc se succéder... Les positions (lundi à 22 heures) 1. Charlie Dalin (Apivia), à 595 milles nautiques de l'arrivée
2. Louis Burton (Bureau Vallée 2), à 46 milles du leader
3. Boris Herrmann (SeaExplorer - Yacht Club de Monaco), à 75 milles (*)
4. Thomas Ruyant (LinkedOut), à 249 milles
5. Yannick Bestaven (Maître CoQ IV), à 304 milles (*)
6. Damien Seguin (Groupe Apicil), à 371 milles
7. Giancarlo Pedote (Prysmian Group) à 408 milles
8. Jean Le Cam (Yes We Cam !), à 563 milles (*)
9. Benjamin Dutreux (Omia - Water Family), à 739 milles
10. Maxime Sorel (V and B - Mayenne), à 962 milles

(*) Le jury international a accordé 16h15' de compensation à Jean Le Cam, 10h15' à Yannick Bestaven et 6h à Boris Herrmann pour avoir participé à la recherche et au sauvetage de Kevin Escoffier. Ces temps seront retranchés de leur chrono à leur arrivée aux Sables-d'Olonne. Le pointage effectué en milles marins ne prend pas en compte ces bonifications, exprimées en temps.