Voile - Vendée Globe - Compensations, pointage et classement final : ce que les réparations signifient pour les marins du Vendée Globe

L'Equipe.fr
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Les réparations accordées à trois marins après avoir participé au sauvetage de Kevin Escoffier ne seront comptabilisées qu'à l'arrivée du Vendée Globe. Avec encore un mois et demi de mer, elles sont encore peu signifiantes. Quelles sont les compensations attribuées aux navigateurs ? Trois navigateurs du Vendée Globe ont obtenu une réparation de la part du jury international, au titre de leur participation au sauvetage de Kevin Escoffier : 16h15 pour Jean Le Cam (Yes We Cam), 10h15 pour Yannick Bestaven (Maître Coq) et 6h pour Boris Herrmann (SeaExplorer).
Comment ont-elles été établies ? Un jury international, sollicité par la direction de course du Vendée Globe, a pris en compte plusieurs paramètres. Il a déjà fallu attendre que Kevin Escoffier puisse être débarqué de Yes We Cam sur la frégate française Nivôse, cinq jours après son sauvetage, pour connaître la totalité des réparations auxquelles Jean Le Cam pouvait avoir droit. Ce jury international, responsable des règles et composé de cinq personnes, a notamment « demandé à un spécialiste de faire une simulation afin de savoir où les concurrents auraient été, s'ils n'avaient pas été déroutés, au moment où ils ont été libérés de l'opération », comme l'expliquait son président Georges Priol. Cela s'ajoute au temps effectif entre le moment où la direction de course a demandé aux skippeurs de se dérouter (déclenchement de la balise de détresse à 14h44) et le sauvetage de Kevin Escoffier (à 2h06 la nuit suivante). lire aussi Le récit détaillé du sauvetage de Kevin Escoffier par Jean Le Cam
Pourquoi le pointage ne peut pas prendre en compte ces réparations immédiatement ? Les réparations sont exprimées en temps tandis que le pointage des positions des marins est exprimé en milles marins. Les réparations ne seront comptabilisées que sur le temps final établi après le passage de la ligne aux Sables-d'Olonne. Extrapoler un pointage « virtuel » - et non pas un classement - est une tâche quasi impossible dans une discipline aussi variée par nature : les options météos, les routes prises, les vitesses à un instant T sont autant de paramètres variant d'un skippeur à l'autre, et d'une heure à l'autre. D'autant qu'il reste encore un mois et demi de course. Un concurrent peut tout à coup se retrouver empêtré dans une zone anticyclonique sans vent, et voir son avance ou son retard profondément affecté, jusqu'aux dernières heures de course. Douze heures, cela peut tout aussi bien correspondre à une distance de 60 milles (110 km) dans un passage peu favorable, qu'à 200 milles (370 km) dans une zone ventée. Le Vendée Globe 2016-2017 est à cet égard un bon exemple. Au passage du cap Horn, Armel Le Cléac'h comptait près de 762 milles d'avance (1400 kilomètres) sur son concurrent direct Alex Thompson. Celui-ci franchit le Horn 48 heures plus tard. Dans la remontée de l'Atlantique sud, une zone sans vent fit fondre l'avance du Français, occasionnant un suspense quasiment jusqu'au dernier jour. Le Cléac'h avait finalement devancé le Britannique de 15 heures.